IV. — DIAGNOSTIC DES LEISHMÂNIOSES
Ce diagnoslic repose sur la découverte du parasite dans les frotlis et sur l'obtention de cultures, renfermant des formes flagellées caractéristiques.
1° Bouton d'Orient. — Racler avec un bistouri le bord des ulcérations ou le fond, de manière à faire des frottis, non avec le sang, mais avec des éléments du tissu enflammé. Pour les lésions non ulcérées, ponctionner à la seringue, avec une aiguille d'acier fine et neuve. Aspirer un peu de pulpe sanglante et étaler sur lames. C'est à ces lésions non ouvertes qu'on devra s'adresser pour obtenir des cultures.
2° Kala-azar. — La seule mélhode permettant le diagnostic du kala-azar, d'une façon certaine, est la })onction de la rate. A la suite d'accidenis, dus à une technique défectueuse, on a été obligé de remplacer cette opération par l'examen du sang ou par la ponction du foie. Ces deux procédés ont été préconisés })ar
1. Chagas, Nova tripanosomiaze humana, Mem. Inst. Oswaldo Cruz, I, p. 139, -2. AIrm. Inst. Oswaldo Cruz. Il, p. ^OÙ-SIO, 1910. ù. n,i'l. .s-oc. paUiul. n.roL. V, p. ^2->--2G et 360-364, 1912.
les médecins anglais des Indes. Ch. Nicolle et Manceaux ont bien montré ' qne l'examen du sang est infidèle et que la ponction du foie ne permet pas de faire le diagnostic au début de la maladie.
Pourtant Cummins et Gh. Nicolle se servent aussi du procédé du vésicatoire qui, dans certains cas donne de bons, résultats.
Samuel Cochran - excise un gangliori cervical ou inguinal et en fait des frottis. D'après Ini, ce procédé serait très supérieur à la ponction de la rate.
Ponction de la rate. — Voici, d'après Gb. Nicolle^, comment on doit pratiquer la ponction de la rate. L'essentiel est de bien choisir l'aiguille. Une grosse aiguille fournit beaucoup de sang et très peu de tissu du viscère ponctionné : elle expose en outre aux hémorragies et aux ruptures d'organe. Les accidents survenus au cours de ponctions de la rate étaient presque toujours dus à l'emploi d'aiguilles trop grosses. Avec une aiguille fine, au contraire, on obtient immédiatement un petit cylindre de tissu. Des aspirations répétées amènent en apparence une ponction blanche, mais, en réalité, on a dans la cavité de l'aiguille assez de pulpe splénique pour faire 3 ou 4 frottis ou pour ensemencer quelques tubes.
Donc proscrire les grosses aiguilles en platine iridié, qui déchirent les tissus. Éviter aussi les aiguilles usagées et rouillées, qui piquent mal. Ne prendre que des aiguilles en acier, fines et neuves. Stériliser la seringue et avoir soin de la dessécher complètement à l'étuve ou sur une flamme. Immobiliser parfaitement le malade, appliquer sur la peau une couche de teinture d'iode et piquer au milieu.
Ponction du foie chez le Chien (d'après Gh. Nicolle''). — Indispensable pour suivre le kala-azar infantile expérimental chez cet animal.
Prendre une aiguille fine, mais plus longue et plus résistante que pour l'Homme. Immobiliser parfaitement l'animal. Piquer dans le dixième espace intercostal droit, à un ou deux travers de doigt des apophyses épineuses. Pour trouver facilement cet espace on compte à partir du bas; c'est donc alors le troisième, mais il faut bien savoir que le premier est très étroit.
Trépanation du fémur ou du tibia chez le Chien. — Pen-