RÉSUMÉ DE L'EMPLOI] DE L'APPAREIL D'ÉCLAIRAGE
1" Emploi du miroir seul. — On emploie le miroir plan seul, sans condensateur, avec les objectifs faibles à long foyer (!25 à 40 mm.). A partir de 25 mm. de distance focale, ce qui correspond aux objeclifs n° 2 et au-dessous [aa de Zeiss); nous conseillons vivement de se servir du condensateur.
Le miroir concave sera employé avec les objeclifs forts à sec, lorsqu'on ne disposera pas d'un condensateur et lorsque la source lumineuse sera de faible étendue (lumière artificielle, fenêtre étroite).
2° Emploi du condensateur et des miroirs. — On emploie le condensateur toutes les fois que cela est possible, c'est-à-dire toutes les fois que l'objectif n'a pas une distance focale supérieure à 25 mm.
Quand la source lumineuse, quelle que soit son étendue, est éloignée du condensateur, on éclaire avec le miroir plan. Le miroir concave ne doit être emploijé que lorsque la source lumineuse est à la fois de faible étendue et très rapprochée.
Pour obtenir un cbamp uniformément éclairé, on élève ou on abaisse le condensateur au moyen du pignon et de la crémaillère et on règle l'intensité de l'éclairage avec le dia[ihragme-iris. Celle remarque est très importante : on ne doit jamais chercher à diminuer l'intensité de l'éclairage en déplaçant le condensateur, mais seulement en fermant le diaphragme-iris '. Le mouvement vertical du condensateur ne sert qu'à obtenir un champ uniformément éclairé : pour les objectifs faibles, on sera obligé d'abaisser le condensateur au maximum; pour les objectifs moyens, on le relèvera, plus ou moins; pour les objectifs à immersion, il devra être relevé au maximum ou presque au maximum.
1. Théoriquement le diaphragme-iris ne doit, servir qu'à régler les dimensions du cône lumineux, mais non à modérer l'intensité de la lumière. Pratiquement, dans le travail courant, ces deux opérations se trouvent confondues. Pour les observations difficiles, il faut régler Tinlensité lumineuse avec des verres colorés (p. 41).
APPAREIL d'Éclairage 43
L'éclairage oplinuim est obtenu en projetant l'image de la source lumineuse dans le plan de l'objet; pour la lumière du jour, s'en assurer en amenant provisoirement dans le champ l'image d'un barreau de la fenêtre : cette image doit être parfaitement nette; pour réclairage artificiel, voir plus loin, 4^.
3° Centrage du cône d'éclairage. — Je suppose le microscope placé en face d'une fenêtre ou d'une lampe : on peut chercher l'éclairage optimum par tâtonnements, en déplaçant le miroir pendant que l'œil regarde par l'oculaire; on arrête les mouvements du miroir dès qn'on pense avoir obtenu un éclairage suffisant.
Voici une méthode beaucoup plus facile et plus sûre :
l'^ Prendre un objectif faible n° 2 ou 3 (aa ou A de Zeiss). Le centrage de l'éclairage est beaucoup plus facile avec un objectif faible qu'avec un objectif fort.
2*^ Retirer l'oculaire et regarder dans le tube du microscope, tout en faisant varier la position du miroir. On voit très nettement, à une petite distance de l'objectif, une image de la source lumineuse, fenêtre ou lampe. On déplace lentement le miroir, jusqu'à ce qu'on ait amené bien au centre l'image de la flamme ou celle d'un carreau bien éclairé. On remet alors l'oculaire et on peut observer.
3" Quand on emploie le condensateur et la lumière artificielle, voici comment on peut procéder : le condensateur est remonté au maximum et le centrage se fait comme ci-dessus. On remet foculaire et on monte ou descend le tube, jusqu'à ce qu'on aperçoive de nouveau nettement l'image grossie de la flamme ou du manchon lumineux. On abaisse alors le condensateur, jusqu'à ce que l'image de la flamme disparaisse et que le champ soit bien uniformément éclairé. Si on passe à un objectif plus fort, on relève le condensateur autant qu'il est possible sans nuire à l'uniformité d'éclairage du champ. La règle est de toujours tenir le condensateur aussi haut que possible.
4° Lumière artificielle et lentille convergente. — Cette excellente méthode permet d'agrandir beaucoup la surface de la source lumineu.-e et d'obtenir un éclairage aussi bon que la lumière naturelle. Prendre une lentille ou un ballon de verre de 15 centimètres au moins de diamètre et rem})li d'eau. Colorer l'eau avec un peu d'eau céleste ou placer un verre bleu dans le porte-diaphragme. Disposer la lentille entre la source lumineuse
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et le microscope, à 15 cenlimètres environ de chacun d'eux. On arrive ainsi à éclairer toute la surface du miroir plan (vérifier avec un petit carré de carton hlaiic qu'on pose sur le miroir).
Je conseille d'employer ce dispositif très simple toutes les fois qu'on travaille à la lumière artificielle.
5° Éclairage à la lumière artificielle pour recherches très délicates (méthode de Bolles Lee). — Nous avons déjà mentionné (p. 32) la méthode de Bolles Lee pour l'éclairage de précision des préparations cytologiques. Nous allons en résumer les indications essentielles, car c'est certainement une des meilleures techniques d'éclairage, permettant d'obtenir une résolution et une définition aussi parfaites que possible.
Il faut se servir d'une lampe à pétrole à mèche plate, telle que celles que nous avons décrites (p. 33) et d'un condensateur achromatique et aplanétique aussi bien corrigé que possible. Les becs de gaz à manchon g-enre Auer donnent une lumière excellente, mais l'image du treillis du manchon rendrait l'observation presque impossible. On doit s'efforcer d'obtenir un cône lumineux bien centré, dont l'angle d'ouverture soit égal à celui de l'objectif employé : le sommet de ce cône devra se trouver dans le plan de l'objet. Cet éclairage, que Bolles Lee considère comme idéal, 'ne peut être utilisé qu'avec des préparations fixées et colorées. On est obligé de le modifier pour l'étude des objets non colorés.
a) Placer la lampe à 25 centimètres environ du microscope, en tournant le tranchant de la flamme du côté du miroir, car le plat de la flamme ne donne pas une image assez brillante. Absorber les rayons rouges par un écran coloré si cela est nécessaire (p. 33). Employer le miroir plan.
b) Centrage du cône lumineux. — Mettre une préparation au point avec un objectif faible, puis, au moyen de la crémaillère du condensateur, mettre au point ce dernier, de façon à ce qu'on voie l'image de la flamme aussi nette que celle de l'objet, et bien au milieu du champ.
c) Réglage du cône lumineux. — Prendre l'objectif fort i qui doit servir à l'observation et régler la largeur du cône d'éclairage au moyen du diaphragme-iris. Pour cela, enlever l'oculaire, regarder dans le tube et fermer l'iris jusqu'à ce que ses bords empiètent légèrement sur le petit cercle lumineux. On obtient ainsi un cône dont l'ouverture est égale environ aux trois quarts de l'ouverture de l'objectif.
d) Mise au point du condensateur. — Toujours sans oculaire, monter ou descendre légèrement le condensateur jusqu'à ce que l'image de la llamme soit bien nette, sans déformation et aussi grande que possible.
e) Réglage de l'intensité de la lumière. — Uniquement avec des verres colorés qu'on place devant la flamme de la lampe, mais
1. La condition essentielle est que l'image de la source lumineuse couvre à peu près tout le champ optique. Pour les condensateurs ordinaires, la méthode d'éclairage de Bolles Lee ne peut donc être mise en pratique qu'avec les objectifs forts.
jamais en touchant au diaphragme, ni à la crémaillère du condensateur. Il ne faut modifier l'ouverture du diaphragme que si on ne peut obtenir autrement la netteté de l'image, mais le diaphragme ne doit jamais servir à modérer l'intensité de l'éclairage. De même, il ne faut abaisser le condensateur que pour obtenir une vue d'ensemble de la préparation, puis, pour l'étude des détails, le remonter jusqu'au point du maximum de netteté de l'image de la flamme.
6'' Emploi d'une lentille condensatrice devant la source lumineuse (Méthode de BoUes Lee). — Cette lentille, fixée à demeure à la lampe par un bras horizontal, le long duquel elle peut glisser, doit être, autant que possible, un doublet bien corrigé au point de vue de Taberration sphérique. Son emploi présentera deux avantages : 1° Tirnage de la flamme est agrandie, donc le champ éclairé est plus vaste; 2° Tangle d'ouverture du condensateur est agrandi, car il faut le remonter pour mettre au point Timage de la llamme.
a) Mettre la lentille au point : la flamme de la lampe doit se trouver à son foyer principal. Pour trouver ce foyer, mettre un carton blanc à la place de la mèche de la lampe et chercher à former sur ce carton l'image nette d'une source lumineuse éloignée, par exemple le soleil, en approchant et éloignant la lentille. Une fois la place trouvée, y fixer la lentille à demeure avec la vis de pression. On obtiendra ainsi des rayons parallèles.
b) Centrer la lentille par rapport à la flamme,
c) N'employer que le miroir pian.