SANGSUES
Anesthésier les animaux dans l'eau chloroformée ou plus simplement avec de l'eau de Seltz, puis fixer par le sublimé ou tout autre fixateur. Débiter ensuite en tranches pour inclure et couper.
Pour les travaux de systématique, la fixation dans l'eau bouillante ou l'alcool à 70° bouillant suthsent parfaitement. Conserver les animaux dans l'alcool. Pour l'élevage des petites espèces de Sangsues, voir p. 488-4UÛ.
Cette technique est applicable à l'étude des Lombrics. Avant de les tuer, il faut leur faire évacuer la terre qui remplit leur tube digestif : pour cela, on les garde quehiue temps sur du papier buvard humide ou du marc de café. Ces substances, surtout la dernière, se coupent passablement bien dans la paraffine.
CIIAPITUE II ARTHROPODES
Les seuls x\rlliropodes qui nous intéressent au point de vue médical sont les Arachnides et les Insectes ^ Ils sont caractérisés par la présence d'un squelette chitineux externe. La systématique de ces animaux est basée sur les caractères de ce squelette. Leur préparation microscopique doit donc être envisagée à deux points de vue très différents, suivant qu'il sagit de conserver leurs caractères extérieurs ou d'étudier leur structure histologique.
Dans le premier cas, les parties molles importent peu ; il faut seulement conserver les caractères externes dans leur intégrité et les rendre visibles, en amenant l'animal à un degré suflisant de transparence.
Dans le second cas, au contraire, il faut, ou se débarrasser du squelette chitineux, ou. au moins, le ramollir suffisamment, pour permettre d'appliquer aux organes internes les méthodes histologiques.
1° Préparation du squelette externe.
Nous supposons l'animal tué. Nous verrons les procédés à employer pour chaque groupe. Il s'agit de le monter entre lame et lamelle. Les amateurs de microscopie arrivent, à force de patience, à aplatir parfaitement les Arthropodes, par l'action prolongée de la potasse, suivie d'une compression méthodique ; malheureusement ces préparations ne sont pas toujours utilisables pour les travaux de systématique. Je préfère beaucoup les préparations un peu
1. Les petits Crustacés, qui peuvent servir d'hôtes intermédiaires, sont justiciables, soit des méthodes du plankton (p, 615), soit des méthodes que nous allons exposer pour les Arthropodes.
ARTHROPODES 575
épaisses, respeclanl mieux les reliefs et les rapports des divers organes. On peut, dans certains cas, obtenir un aplatissement modéré en tuant l'animal par le chloroforme, en le ramollissant inimédialement dans Feau très chaude et en le disposant entre deux lames qu'on charge de poids progressifs (petits tubes contenant du mercure, p. 440;; après aplatissement, on lie les deux lames avec un fil et on plonge le tout dans l'alcool pour durcir.
A. Méthode de la térébenthine de Venise. — Ce procédé est le plus simple de tous et donne des résultats parfaits. L'animal doit avoir s^'journé quelque temps dans l'alcool à 95° ; on l'en sort, on le dépose dans une goutte de térébenthine de Venise, préparée comme il a été dit p. 442, et on recouvre d'une lamelle avec ou sans cellule. Les parties molles sont souvent fixées et conservées parfaitement, et peuvent être étudiées à travers la carapace chitineuse.
B. Méthode du chloralphénol. — Le baume du Canada est un excellent médium, mais d'un emploi plus compliqué, car il faut passer, après l'alcool, par un liquide intermédiaire. Pour éviter à la fois cet inconvénient et le durcissement inévitable des objets dans l'alcool absolu et le toluène, j'emploie depuis longtemps et j'ai préconisé récemment l'emploi du chloralphénol de Aman II '.
Cet excellent réactif- n'a été créé par son auteur qu'en vue de l'examen des objets végétaux, mais il s'applique très bien aux Arthropodes. Il se prépare de deux façons : soit avec du phénol ordinaire :
Hydrate de cliloral crist 2 parties.
Acide pliénique crist 1 —
soit avec du para-monochlorophénol :
Ilvdrale de cliloral crist. ) ^ Monochlorophénol (para). ) ^ ^
On liquéfie ces deux mélanges à une douce chaleur et on les conserve en flacons compte-gouttes à pipette (fig. 173). Le premier {n = 1,52) a l'inconvénient de cristalliser trop facilement en
1. M. Langeron, Emploi du chloralphénol de Amann pour le montage des Arthropodes. C. R. Soc. de biologie, LXX, p. 457, 191 1. •2. .J. Amann, Neue Beobachtungsmediea. Zisclir. f. iriss. Mikr.. XVI, p. 38, 1899-
576 MICTHODES SPÉCIALES
hiver : on peiil reprocher au second in=^ 1,54) son odeur pénétrante et tenace.
Tous deux sont miscibles aussi bien avec Veau quavec le baume, sans donner aucune espèce de trouble ou de précipité. Ils jouissent donc de la précieuse propriété d'éclaircir, de déshydrater et de permettre le passage direct dans le baume.
Voici comment on opère : Tanimal, frais o;i conservé dans l'alcool, est porté dans le chloralphénol, soit dans un petit tube, soit simplement sur lame, sous lamelle. Laisser agir de six à douze heures et renouveler le liquide au moins une fois, pour assurer une déshydratation parfaite. Égoutter Tanimal sur du buvard. Monter au baume dissous dans le xylol. Si réchantillon est très fragile, ne pas toucher à la lamelle, aspirer le chloralphénol avec du buvard et le remplacer peu à peu par du baume.
Les avantages de cette méthode sont les suivants :
l*" Simplicité et rapidité, car on emploie un réactif unique, non volatil.
2" Intégrité des échantillons qui subissent le minimum de manipulations, restent mous, non cassants, ne perdent ni poils, ni écailles, ni organes caractéristiques et conservent exactement leur forme, sans contraction, ni gonflement.
3° Dissection facile des pièces chitineuses (pièces buccales) car les animaux deviennent très mous.
11 ne faut pas laisser les objets fragiles (larves) pendant trop longtemps dans ce liquide, sous peine de les voir éclater et se dissocier. Pour les objets très opafjues, Amann conseille de saturer ces médiums, avec du salicylate de sodium (fondre à une douce chaleur, p. 724;.
La seule contre-indication a trait aux animaux gorgés de sang, qu'il faut faire bouillir dans la potasse.
G. Méthode de la potasse caustique. — Ce procédé, très ancien, est le i)lus connu, mais c'est aussi le plus mauvais, parce qu'il détruit non seulement les parties molles, mais quelquefois aussi des organes essentiels (poils, piquants, écailles). On met les animaux dans une solution de potasse ou de soude caustiques à 10 p. 100. On peut opérer à la température ordinaire (quelques jours), à l'étuve à 37° ou 50'' (quelques heures), et enfin à la température de l'ébuUilion (quelques minutes). Ce dernier moyen est à déconseiller à cause de l'agitation violente qu'il produit; il est préférable, dans ce cas, d'opérer au bainmarie pendant dix à quinze minutes.
Laver à l'eau distillée acétifiée, à l'eau distillée pure, puis passer à l'alcool et monter à la térébenthine de Venise.
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Si raction de la potasse a élé trop prolongée et si la chitine est décolorée, on peut rendre aux animaux leur aspect primitif en les colorant par une solution d'acide pyrogallique dans l'alcool ou la glycérine'. En cas de surcoloration, régresser [)ar Talcool chlorhydrique faible.
D. Régénération du matériel desséché. — Enderlein conseille le traitement par la potasse faible. Je trouve bien préférable d'employer le lactophénol à chaud (à Fétuve à 37°), ou encore de faire bouillir dans le lactophénol à 10 p. 100 dans Peau. Traiter ensuite par le chloralphénol ou Talcool.
Insuccès et remèdes. — Les deux principaux insuccès, dans le montage des Arthropodes, sont l'opacité ou la transparence trop grande qui masque les détails.
1° Transparence trop grande. — Colorer la chitine par l'acide pyrogallique ou employer un milieu moins réfringent que le baume. Gomme milieux liquides, on prendra le terpinéol ou le lactophénol et, comme milieu solide, la glycérine gélatinée. Dans ce dernier cas il faut, au préalable, imbiber l'objet de glycérine, par concentration dans l'alcool glycérine (p. 556).
2" Opacité. — Quelquefois due au sang dont l'animal est gorgé. En principe, les animaux gorgés donnent de mauvaises préparations; il faut les traiter par la potasse pour éliminer le sang ou mieux, si possible, les laisser mourir d'inanition.
Le plus souvent, l'opacité est due à la rentrée de gaz dans les appendices. Il s'agit ici d'un phénomène particulier aux objets dont la cuticule est difficilement pénétrable : lors du passage d'un médium peu dense et volatil (toluène) dans un médium plus dense (baume), le premier sort plus vite que le second ne peut entrer; il en résulte un vide partiel, qui est rempli par de l'air ou des gaz provenant des liquides employés. Cet accident est généralement irréparable, môme par le vide ou l'ébullition. 11 ne se produit jamais avec ma méthode au chloralphénol et il est très rare avec la térébenthine de Venise.
2" Méthodes histologiqiies.
A. Fixation. — Employer des liquides très pénétrants, tels que le Duboscq-Brasil (p. 285), le Carnoy (p. 284) ouïe Gilson (p. 284). Cameron, Burgess, Semichon 3, etc., conseillent le mélange suivant, qui ne rend pas les objets friables :
Alcool à 70"^ UO cm''.
Formol à 40 p. 100 7 —
Acide acétique cristallisable 3 —
Fixer douze heures au moins, puis laver et conserver dans l'alcool à 70°.
1. Mayer. Gninchûge d. mikr. Terhnik, 3"^ édition, 1907. p. 427.