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Colorer le fond au bleu de méthylène

Cette méthode, qui montre bien la structure des Bacilles, est assez compliquée et délicate et ne parait pas devoir détrôner le procédé de Ziehl 1. J'en dirai autant du procédé de Much qui n'est qu'un Gram modillé, et de la méthode d'Hermann.

Méthode de Biot-. — Ce procédé, très peu connu, même en France, mérite d'être signalé à cause de sa simplicité. On procède comme pour le Ziehl-Neelsen, puis on renforce la coloration par une immersion de quelques minutes dans le formol pur. I^es Bacilles prennent une belle teinte violacée, presque noire, qui dispense de faire une coloration de fond.

Coloration dans les coupes. — Colorer au Ziehl-Neelsen à froid, pendant 15 à 30 minutes; si on craint l'action trop brutale de l'acide azotique, employer la méthode de Kûhne-Borrel : après coloration au Ziehl, traiter la coupe, pendant quelques secondes, par le chlorhydrate d'aniline à 2 p. 100, puis décolorer par l'alcool absolu. Colorer le fond au bleu de méthylène. On peut aussi employer la méthode de h>pengler (p. 691).

Méthodes d'enrichissement. — Les Bacilles sont quelquefois très rares dans les crachats ou localisés dans des parcelles qui échappent à Texamen. On a donc cherché des méthodes qui permettent d'enrichir, c'est-à-dire de concentrer tous les Bacilles dans un très faible culot, (ju'on étale en entier et qu'on colore. Depuis quelques années, ces procédés d'enrichissement ont pris une importance considérable et ont donné naissance à une littérature énorme, ce qui, d'ailleurs, démontre leur insuffisance et leur imperfection.

1. Berger dans Cenlralblalt fur Bakterioloijie, Orig., LUI, p. 174-208, 1910, Rosenblatt, ibidem, LVIII, p. 173, 1911, Bohm, ibidem, LXII, p. 497, 1912, Macalister, Brit. med. journ., II, p. 111, 1912, ont donné de bonnes revues critiques des divers procédés de coloration du Bacille de la tuberculose, avec une abondante bibliographie. Tous concluent à la supériorité de la méthode de Ziehl-Ncclsen.

2. Biot, isouvelle métiiodc de coloration intensive des Bacilles de Koch. C. li. Assoc. des anatomistes. Congrès de Lyon, p. 234-237, 190L

TECHNIQUE BACTEIUOLOCIQUE 693

L'enrichissement comprend deux temps : la fluidlfîcation des crachats et la sédimentation.

La fluidification peut être produite soit par Taction des alcalis caustiques, soit par digestion artificielle. Les alcalis caustiques peuvent être emplo} es tels quels ou mieux additionnés d'eau de Javel : on ohtient ainsi un liquide lancé par Lhlenhuth • sous le nom (ïanlifoi'mine. Ce liquide breveté^, de couleur jaunâtre, dissout la kératine, la chitine, la soie, mais non le coton, ni la laine, ni les matières cireuses. 11 dissout aussi les Bactéries et les Protozoaires, mais non les Bacilles acido-résistants : il ne tue ni le Bacille de la tuberculose, ni les spores charbonneuses et permet Tinoculation du culot, ce qui lui donne une grosse supériorité sur les procédés aux alcalis simples. D'après ïhiry (communication verbale). Veau de Javel seule donne d'aussi bons résultats que l'antiformine.

Un des meilleurs procédés pour la digestion artificielle est certainement l'i/io^copie de Jousset^ (iç, ivo;, fibrine). Voici la formule du liquide de Jousset :

Pepsine 1 à 2 gr.

Glycérine 10 cm^.

Acide ctilorhydrique pur à 22" 10 —

Fluorure de sodium 3 ê'r-

Eau distillée 1 000 cm3.

Prendre 1 cm^ de réactif pour 10 cm^ de crachats, mettre deux à trois heures à l'étuve à 37°, en agitant toutes les demiheures. Centrifuger et rechercher les Bacilles en étalant et colorant le culots

Pour le sang : on recueille 30 cm^ de ce liquide par ponction veineuse, on laque dans ^00 cm^ d'eau distillée stérilisée, on filtre sur une compresse bouillie dans l'eau alcalinisée et on lave le

1. Uhlenhuth et Xylandcr. Untersuchungen liber Antiformin. Arch. a. d. kais. Gesundheitsamte, XXXII, p. 158, 1909.

2. On peut le préparer soi-même en mélangeant parties égales d'hypochlorite (le sodium (eau de Javel) et de soude caustique à 15 p. 100.

3. A. Jousset, L'inoscopie. Az-ch. de méd. expérim., p. 289-305, 1903. — Semaine médicale, 21 janvier 1903

4. Nemmser et Lissowska [Dtsch. med. VCoch., p. 1697. 1911) préfèrent la digestion tryptique alcaline (5 cm' de crachats, 5 cm' de soude à 0,4 p. 100, trypsinc ou pancréatine 0.1, chloroforme II à III gouttes) oi> acide (5 cm' de crachats, 5 cm' d"MCl à 0,4 p. 100, trypsine 0,1); ou bien encore l'oxydation en milieu acide (5 cm' de crachats, V-X gouttes d'acide perchlorique, eau q. s. pour 10 cm'). Toutes ces opérations se font à Uétuve à 37". Centrifuger, étaler.

caillot à l'eau distillée (précaution indispensable). Les caillots fibrineux rosés sont additionnés de 10 à 30 cm^ de liquide inoscopique et traités comme plus haut.

La sédimentation présente des difficultés surtout avec les procédés par les alcalis ou rantifornime, à cause de la faible différence de densité qui existe entre les Bacilles et le liquide d'homogénéisation. La densité du Bacille est de 1,010 à 1,080. Il faut donc, pour le collecter, soit diminuer la densité du liquide, centrifuger et récolter le culot; soit employer des liquides lourds, centrifuger et récolter les Bacilles à la surface. Dans ce dernier cas il est encore meilleur de les collecter dans un liquide très léger'.

Méthode de l'aiitiformine -.

1. Mélanger 10 cmS de cracliats avec 20 cm^ d'antiformine à 50 p. 100, agiter et laisser reposer dix à trente minutes en agitant de temps en temps.

2. Ajouter 30 cm3 d'alcool à 60^ pour abaisser la densité, puis bien mélanger.

3. Centrifuger en tubes effilés, pendant trente minutes à une heure à la centrifugeuse électrifjue.

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