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LOUPES ET. MICROSCOPES A DISSECTION

Les modèles de microscopes que nous venons d'éUidier ne peuvent généralement convenir que pour Fexamen d'objets }tréparés, c'est-à-dire dissociés dans un liquide, réduits en coupes minces, etc. Ces objets sont montés dans un liquide conservateur, entre lame et lamelle, puis portés sur la platine du microscope pour être observés à un grossissement approprié. Pour la confection de ces préparations, pour la manipulation et la dissection de petits objets, il est souvent nécessaire d'opérer à un grossissement très faible. La dissection ou la dilacération sous le microscope est généralement une opération difficile, car le renversement des images exige une grande habitude pour le maniement correct des aiguilles ou scalpels. De plus, la distance frontale généralement très courte des objectifs est un obstacle qu'il est difficile de surmonter. Enfin les mains de l'opérateur ne trouvent pas, sur la platine, l'appui nécessaire pour la sûreté de leurs mouvements.

Il existe des instruments qui répondent à ce besoin. Ce sont les loupes à dissection, loupes montées ou microscopes simples et les microscopes binoculaires à primes redresseurs. 11 existe un grand nombre de modèles de microscopes simples, de construction plus ou moins conq^liquée et perfectionnée. Nous ne saurions les décrire ici. Qu'il nous suffise de dire que ces instruments doivent posséder une bonne loupe, susceptible d'être mise au point cominodément, une lai'ge platine et des appuie-bras confortables.

Les loupes qu'on adapte à ces instruments sont des loupes de Sleinheil ou des doublets achromatiques; il en existe toute une

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série, grossissant de 6 à 40 diamètres. L'emploi des numéros forts n'est pas conseillé, à cause de l'étroitesse du champ e( de la brièveté de la distance frontale. Au delà de 20 diamètres, il est bien préférable d'employer le microscope binoculaire. D'ailleurs, depuis la création de ce dernier instrument, les microscopes simples ont perdu beaucoup de leur impoilance et de leur utilité. Nous avons déjà indiqué (}). 1) quelle différence il y a, au point de vue optique, entre le microscope composé et la loupe ou microscope simple. Nous savons que le premier est composé de deux svslèmes de lenlilles, tandis que le second ne com|)rcnd ([u'une lentille ou une combinaison de lentilles fonctionnant comme lentille simple. Nous savons aussi (voir p. 4) que la loupe est une lentille positive, biconvexe ou plan-convexe, qui donne une image virtuelle d'un objet placé entre la lentille el un de ses foyers (fig. 5). Si

Fig. 63. — Loupe à dissection de Leitz.

Les loupes sont alTectées des mêmes aberrations que les autres lentilles. L'aberration de sphéricité est surtout accentuée dans des loupes formées d'une simple lentille biconvexe. Aussi est-il préférable, pour avoir des images bien planes et non déformées, de prendre une lentille plan-convexe, dont on tourne vers l'objet la face plane (voir p. .d1). On peut aussi construire de bonnes loupes en montant deux lentilles plan-convexes aux deux extrémités d'un tube; un diaphragme élimine les rayons marginaux. Les deux faces planes étant tournées vers l'objet, le champ est très plan. La figure 63 représente une excellente loupe de ce genre grossissant 10 fois et construite par Leitz; son champ très large (20 mm.) et son long; foyer permettent de disséquer facilement.

Pour obtenir des grossissements plus considérables, on a recours aux loupes dites cylindri(iues, taillées dans un bloc de verre. Ce sont : la loupe cylindrique ordinaire (tig-. 64, t) dont les extrémités n'ont pas la même courbure, la loupe de Coddington (fig. 64, 3) et la loupe de Brewster (fig-. 64, 2) toutes deux échancrées dans leur portion médiane pour éliminer les rayons marginaux. L'inconvénient de ces trois formes de loupe est d'avoir un foyer très court et un champ très étroit. Elles ne peuvent donc convenir que comme loupes à main, pour l'examen

sommaire de petits objets, mais ne se prêtent pas aux travaux de dis section.

Fig. 64. — 1, Loupe cylindrique 2; loupe de Brewster; 3, loupe de Coddington. — Oriyinal.

Fig. 65. — Lo-upe dti type de Steinheil.

HO

Le meilleur procédé pour construire des loupes aplanétiques et achromatiques consiste à employer des lentilles composées de deux ou trois lentilles concaves et convexes. On obtient ainsi la loupe dite de Steinheil, généralement formée d'une lentille biconvexe de crown-glass et de deux lentilles concaves-convexes de llint-glass (tig. 65). La correction ainsi obtenue est presque parfaite. Ces loupes peuvent grossir jusqu'à 40 diamètres.

On nomme doublets des loupes formées de deux lentilles doubles, comprenant un élément biconvexe et un élément planconcave. Tantôt ces loupes sont construites sur le type de

Fig. 66.

Doublet de Leitz monté en loupe à main.

Fig.

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