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SYNERGIES FONCTIONNELLES PAR L’INTERMÉ- DIAIRE DE LA CIRCULATION

Sans la circulation aucun organe ne pourrait fonctionner, tous se morti lieraient car le sangleur apporte avant tout les matériaux nécessaires à leur entretien, à leur nutrition et aussi des substances spéciales qui activent ou modèrent leurs fonctions.

Dans le torrent circulatoire sont déversés des produits nouveaux élaborés par les organes: les uns, nuisibles, seront éliminés parles émoncloires naturels ou neutralisés par d’autres produits d’élaboration cellulaire; les autres, utiles, sont transportés en des régions où ils doivent accomplir un rôle déterminé.

Les cellules qui déversent dans la circulation des substances actives, sont celles des glandes dites vasculaires sanguines et des organes à sécrétion interne.

Un des procédés les plus démonstratifs pour mettre en évidence les relations fonctionnelles des organes par l’intermédiaire des sécrétions internes, consiste à introduire dans le sang des extraits des organes sur lesquels on expérimente.

Dans l’organisme, la réaction doit se produire également par l'intermédiaire de la circulation. Ainsi la séerétine, dont nous venons de voir le rôle dans la sécrétion pancréatique, élaborée par la muqueuse duodénale au contact de l’acide de l’estomac, est absorbée et entraînée dans la circulation, où sa présence a été signalée au moment où se produit la sécrétion pancréatique normale.

Rôle du corps thyroïde et des glandes parathyroïdes.

L appareil thyro-parathyroïdien déverse dans la circulation des produits qui agissent loin des organes producteurs et ont un rôle capital.

L’ablation du corps thyroïde dans l’espèce humaine donne lieu à des accidents très particuliers qui ont été vus pour la première fois par Keverdin (1882), à la suite d’une intervention chirurgicale.

Cette ablation, pratiquée chez un enfant, fait apparaître des symptômes semblables à ceux du myxœdème ou cachexie strumiprive, déjà décrite par Gull et Ord, par Charcot et qui est sous la dépendance de lésions congénitales ou acquises du corps thyroïde.

Ces lésions engendrent plusieurs tableaux symptomatiques qui sont : le myxœdème congénital infantile, le myxœdème endémique

* 'o- *42. — Infantilisme myxœdémateux (Laborat. de phologr. delà Salpêtrière).

présentent sous deux formes : l’une chronique, l’autre aiguë. Les symptômes, dans la forme chronique, n’apparaissent que quelques mois après l’operation. Ils consistent en faiblesse générale, fatigue rapide, infiltration œdémateuse (les téguments, arrêt du développement physique et intellectuel.

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ou crétinisme (crétin, semi-crétin, crétineux), le myxœdème spontané de l’adulte. Enfin l’infantilisme dystliyroïdien (type Brissaud) avec ses diverses variétés.

Les troubles consécutifs aux ablations de l’appareil thyroïdien se

SYNERGIES.

Parfois, après une ablation globale, on observe la forme aiyuC avec des phénomènes rapides et plus impressionnants: secousses musculaires, convulsions tétaniques, dyspnée, vertiges, accidents toxiques graves.

Distinction entre les «landes thyroïdes et les parathyroïdes. Les constatations précédentes onl fait penser que ces deux lormes dépendaient chacune d’un organe différent, et les acci-

Fig. 143. — Crétin.

dents chroniques trophiques ont été rattachés à l’ablation du corps thyroïde, tandis que les accidents toxiques aigus ont été attribués aux gland nies parathyroïdes.

Ces deux groupes d’organes, confondus chez certains animaux, sont le plus souvent distincts et il a été possible d'enlever ou de léser les parathyroïdes indépendamment de la glande thyroïde. Chez le chien, la parathyroïdectomie totale sans thyroïdectomie est suivie, au bout de quelques jours, de convulsions, de tétanie et de mort. Les accidents sont atténués et la mort évitée si une partie de 1 appareil parathyroïdien est respectée.

La cautérisation des parathyroïdes pratiquée chez le coq donne des

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accidents aigus et la mort en vingt-quatre ou trente-six heures.

On fait remarquer que d’autres animaux, le cheval, l’àne, le mouton, etc., peuvent résister à la parathyroïdectomie globale, mais il faut savoir que ces animaux ont généralement des parathyroïdes incluses dans la thyroïde, qui ne sont pas enlevées pendant l’opération.

Si, chez les animaux qui ont ces organes séparés, on enlève par contre la thyroïde sans les parathyroïdes, on observe des troubles trophiques sans accidents toxiques aigus : myxoedème généralisé chez le porcelet; crétinisme et arrêt de développement sans myxœdème chez la chevrette, etc.

Ces expériences ont fait ainsi attribuer par beaucoup d’auteurs (Vassale, Generali, Moussu, etc.) une fonction différente à chacun des deux groupes d’organes. Les expériences récentes d’Alquier sont conformes à ces résultats.

Gley, par contre, qui avait attiré l’attention sur les parathyroïdes, avait vu tout d’abord dans ces glandules des organes de suppléance de la glande thyroïde; depuis, s’appuyant sur la présence d’iode dans les deux groupes, sur certains caractères histologiques de la sécrétion, sur des phénomènes d’hypertrophie des parathyroïdes quand on enlève la thyroïde et réciproquement, cet auteur soutient encore qu’il existe une association fonctionnelle entre les deux parties de l’appareil thyroïdien.

Il est remarquable de voir des organes, en somme si petits, posséder à distance des actions si considérables sur la trophicité du squelette, delà peau, sur le système nerveux, sur l’intelligence, etc., et il est de toute nécessité d’invoquer une sécrétion interne pour expliquer tous ces phénomènes ; en effet, il ne saurait s’agir d’accidents réflexes, car toutes les opérations pratiquées sur cette région, toutes les excitations nerveuses de voisinage, toutes les interventions qui n’aboutissent pas à la suppression des organes ne provoquent pas les accidents que nous avons mentionnés.

Greffes et Opothérapie. — Les greffes de ces organes après leur ablation arrêtent ou diminuent les accidents ; l’ingestion, l’injection des extraits de ces glandes amènent de même une amélioration rapide des symptômes morbides qui ont été provoqués expérimentalement ou par la maladie.

Cette méthode très ingénieuse constitue Y Opothérapie qui rend souvent de très grands services.

L’extrait thyro-parathyroïdien paraît se comporter comme un antidote en neutralisant les substances toxiques qui existent et ont été mises en évidence dans le sang des animaux opérés (substances qui d’ailleurs passent dans les urines).

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L’extrait thyroïdien donné à des myxœdémateuxou à des animaux opérés augmente les échanges azotés, fait monter le taux dans les urines de l’urée, de l’azote total, de l'acide phosphorique, des chlorures, les échanges respiratoires deviennent également plus

'.Fig. 144. — Myx œdème (Labor. de photogr. de la Salpêtrière), v V - 4

intenses, l’ossification abondante est activée rapidement; on \oit par là quel rôle important jouent ces organes dans la régulation de la nutrition.

On a isolé de ces glandes des substances actives : l’iodothyrine de Baumann et la thyroglobuline d’Oswald; la première est un corps obtenu par des manipulations brutales el partant modifié, la seconde serait la véritable substance active qui existe dans la glande. Ces

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substances ont sur la nutrition des actions analogues à celle de l'extrait aqueux des glandes, mais n’ont pas le même pouvoir antitoxique; elles augmentent l’excitabilité des pneumogastriques et des

Fig. 1 15. — Radiographie de la main d’un infantile myxœdémaleux avant le traitement thyroïdien; cartilages épiphysaires non ossdiés (Laboratoire de photographie de la Salpétrière).

nerfs dépresseurs et diminuent l’excitabilité des nerfs accélérateurs cardiaques; on sait que, chez les animaux thyroïdeclomisés, les pneumogastriques et les dépresseurs sont moins excitables, alors que

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l’excitabilité des accélérateurs du cœur est augmentée. De Gyon, qui a mis ces faits en lumière, fait remarquer le rôle important des produits iodés de l’appareil thyroïdien sur le système nerveux

Fig. 146. — Radioscopie do la main d'un infantile myxœdémateux après le trailement (même sujet que ligure 145) (Lfiborcttoire de photographie de la S.ilpètr.ùre).

régulateur du coeur. Ajoutons que l’extrait thyroïdien a une action vaso-dilatatrice, c’est-à-dire inverse de celle des capsules surrénales que nous étudierons plus loin.

Ilyperthyroïdatio». — Le myxœdème est nettement dû à une

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diminution de la fonction thyroïdienne, à une hypothyroïdation l’exagération de la fonction thyroïdienne existe-t-elle en pathologie? Quels en sont les symptômes ?

On a voulu voir dans le goitre exophtalmique ou maladie de Basedow (goitre, exophtalmie, tachycardie, tremblement, etc.), une

Fig. 147. — Goitre exophtalmique (Bérard).

affection attribuable àun mécanisme inverse de celui du myxœdème, c’est-à-dire une hyperthyroïdation primitive.

11 existe des faits qui paraissent en contradiction avec cette hypothèse ; il semble que cette maladie puisse être sous la dépendance de troubles nerveux primitifs, troubles du grand sympathique, troubles bulbaires, excitations réflexes.

Que les troubles de sécrétion thyroïdienne soient primitifs ou secondaires, leur intervention n'en paraît pas moins très probable dans nombre de cas de goitres exophtalmiques, mais peut-être faudrait-il dire viciation de la fonction thyroïdienne, dysthyroïdation (Gauthier (de Charolles), Renaud, Jotfroy) au lieu d’ hyperthyroidation.

En réalité, en faisant expérimentalement chez un animal de l’hyperthyroïdation par injection de suc thyroïdien, on reproduit

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certains symptômes du goitre exophtalmique (Gilbert Ballet et Enriquez, Kraus); d'autre part, la thyroïdectomie partielle adonné quelques résultats heureux dans cette affection. On sait que l'injection ou 1 ingestion d’extrait de corps thyroïde a provoqué des accidents dans certains cas de maladie de Basedow; de plus, on a publié des résultats satisfaisants à la suite du traitement, du goitre exophtalmique par le sérum, le sang ou le lait d’animaux thyroïdectomisés. Tous ces faits ont une valeur réelle.

Rôle des capsules surrénales.

Les capsules surrénales ont très vraisemblablement pour rôle : 1° de détruire des substances toxiques fabriquées dans l’organisme; 2° de fabriquer des substances utiles qui cependant, si elles sont déversées en excès dans la circulation, semblent pouvoir causer des désordres. Partant de cette division, on a décrit des cas pathologiques dans lesquels le fonctionnement des surrénales est diminué ou hypoépinéphrie et des cas dans lesquels il est exagéré ou hyperépinéphrie.

Ablation ou lésions destructives des capsules surrénales. — Les notions (pic nous possédons sur le rôle de ces glandes datent des publications d'Addison. Les recherches expérimentales de Brown-Séquard et plus tard d’Abelous et Langlois, les travaux histologiques de A. Pettit qui établissent nettement la nature glandulaire des cellules des capsules surrénales, les recherches de Charrin, de Roger, de Josué, d'Oppenheim et Lœper, de Sergent, de Mulon, de Bigard et L. Bernard, etc., contribuèrent à éclairer cette question assez obscure.

Un premier fait est bien établi : c’est, que, chez la plupart des animaux l’ablation des capsules surrénales occasionne la mort.

Le chat succombe en trente-six à cent trente heures, le lapin en cinq à six jours, le chien en vingt à trente heures, le cobaye en quinze à vingt heures, le pigeon en vingt-quatre heures, la grenouille en quarante-huit heures en été et douze jours en hiver.

Les destructions des capsules chez l’homme par des processus pathologiques: tuberculose, cancer, surrénalites, donne desaccidents chroniques le plus souvent, mais parfois aigus.

La maladie d’Addison est due le plus habituellement à l’insuffisance capsulaire chronique. Les principaux symptômes sont I asthénie, un affaiblissement progressif, une lassitude extrême causée par h* moindre travail, des douleurs musculaires, lombaires, des maux de tête parfois, des troubles digestifs, diarrhée, nausées, vomissements, de la mélanodermie, pigmentation noire de la peau ou des muqueuses;

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des troubles vasculaires de l'hypotension artérielle. Le tableau se termine par un état ataxo-adynamique, du délire, des sueurs profuses, parfois des convulsions épileptiformes.

L 'insuffisance capsulaire aiguë est réalisée soit au cours de lésions chroniques par une poussée du processus pathologique amenant une destruction rapide des organes, soit par des lésions aiguës, en particulier par des surrénal i tes hémorragiques au cours d'infections. Sergent et L. Bernard ont attiré l’attention sur ce syndrome aiçju qui peut affecter plusieurs formes. On voit apparaître rapidement de l’asthénie, des douleurs lombaires et abdominales, des troubles digestifs, de la chute de la pression. Les accidents peuvent prendre l’allure d’une péritonite (forme pseudo-péritonéale) ou celle d’une méningite (forme pseudo-méningitique). En général dans le syndrome aigu primitif la mélanodermie fait défaut.

Le mécanisme des troubles , qui suivent la capsulectomie double ne nous est pas entièrement connu. Toutefois il paraît établi que les capsules surrénales doivent normalement détruire des poisons d’origine musculaire qui, non neutralisés par elles, sont retenus dans l’organisme et donnent des accidents. En effet, l’injection de sang d’une grenouille décapsulée et mourante provoque chez une grenouille fraîchement décapsulée une mort très rapide. Les poisons contenus dans le sang de la première grenouille ont une action curarisante (suppriment l’effet de l’excitation d'un nerf alors (pie l’excitation directe du muscle correspondant donne encore* une contraction) (Abelous et Langlois).

La mort survient plus rapidement chez un animal acapsulé dont on tétanise les muscles (Albanèse). L'extrait alcoolique <le muscle surmené produit des effets analogues à ceux du sang.

On sait d'autre part (pie les capsules surrénales peuvent neutraliser in vitré certains poisons: la nicotine, l’atropine (Charrin et Langlois, Abelous).

D’après Unités les expériences précédentes, on est en droit de considérer les capsules surrénales comme des glandes agissant par leurs produits d’élaboration ; mais des objections ont été faites à celte conception etAddison lui-mème qui, dans un premier mémoire, avait placé les symptômes qu'il avait décrits sous ladépendance d'une suppression glandulaire, attribuait dans un second mémoire les accidents à des lésions des nerfs voisins des capsules.

Cette théorie nerveuse fut défendue ensuite par plusieurs auteurs, par Harley, Ilabershon, Barlow, Mattéi, Martineau, Jaccoud, Lancereaux, etc.

Il est certain que des lésions nerveuses ont été souvent constatées

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au cours d’autopsies d’addisoniens, mais elles ne sont pas constantes; d autre part, l’ablation expérimentale des capsules surrénales ne réalise pas habituellement le syndrome addisonien au complet, y compris la mélanodermie. H y a des cas authentiques de mélanodermie sans lésions capsulaires, mais avec lésions nerveuses constatées, et des cas de lésions capsulaires sans mélanodermie. Il semble que 1 intervention du système nerveux soit nécessaire à la production de ce dernier symptôme et, suivant Alezais et Arnaud, la lésion de cellules nerveuses péricapsulaires méconnues jusqu’à leurs travaux serai L suffisante.

Greffes, opothérapie, extrait capsulaire. — Les greffes pratiquées chez les grenouilles par Abelous et Langlois ont donné à ces auteurs des résultats satisfaisants, mais les effets des greffes sont loin d’être bons dans toute la série animale. Les injections d’extrait capsulaire ont été souvent suivies d’accidents toxiques et l’opothérapie pratiquée chez l’homme a donné des résultats inconstants; le plus souvent elle a semblé inutile, parfois nuisible.

L’injection d’extrait capsulaire provoque des phénomènes cardiovasculaires intéressants : Oliver et Schàfer, Gybulski ont montré que ces injections déterminent une vasO-constriction intense avec élévation considérable de la pression artérielle. Les contractions du cœur deviennent en même temps plus lentes et plus amples.

Takamine et, la même année, d’Aldrich ont isolé des capsules surrénales l’adrénaline, substance azotée cristallisable, qui, àdesdoses infinitésimales, produit les effets cardio-vasculaires que nous venons de mentionner; appliquée sur les muqueuses, elle provoque une anémie marquée, d'où son emploi comme hémostatique.

Ilyperépinéphrie (L. Bernard). — L’adrénaline est une substance très toxique à faible dose; normalement il en passe dans le sang veineux qui vient des capsules surrénales; Gybulski, Lucien Camus et Langlois ont vu en effet que ce sang possède une action vasoconstrietive. L’exagération du fonctionnement des surrénales se traduit-elle cliniquement par un tableau précis?

Il n’est pas douteux que l’hyperfonctionnement des capsules surrénales doit contribuer au maintien ou à l’élévation de la pression artérielle (Vroy. p. 404), qu'il doit avoir un rôle dans la défense de l’organisme dans les processus d’auto-intoxication ; mais il ne semble pas que l’hyperépinéphrie soit la cause première de l’hypertension et de l’artériosclérose.

H. Claude et J. Camus. — Pathologie générale.

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Rôle de I hypophyse.

Nous avons déjà signalé le rôle qui a été attribué à l’hypophyse dans le développement du squelette; le mécanisme intime de cette action est à vrai dire mal connu.

Il est démontré que l’hypophyse fabrique des substances qui agissent sur l’appareil cardio-vasculaire. L’injection intraveineuse d’extraits aqueux d’hypophyse élève la pression artérielle ; le lobe postérieur de l’organe, suivant Howel, posséderait seul cette propriété; l’extrait alcoolique se comporte comme l’iodothyrine et fait baisser la pression; déplus, dans quelques cas de thyroïdectomie et de myxœdème, on a noté de l’hypertrophie de l’hypophyse qui a été considérée comme compensatrice. 11 y aurait donc une relation fonctionnelle entre le corps thyroïde et l’hypophyse.

La compression de ce dernier organe ou son excitation électrique directe provoque, d’après de Cyon, un ralentissement et un renforcement des systoles cardiaques, si bien que quand la compression encéphalique augmente, l’hypophyse aurait un rôle de défense, un rôle modérateur sur la circulation.

Les fonctions de l’hypophyse, ses altérations dans les maladies, ses relations avec les autres glandes ont été exposées récemment dans la thèse de M. Thaon (1007).

MM. Louis Rénon et Arthur Delille ontattiré l’attention sur le rôle de l’hypophyse dans une série de maladies et esquissé le tableau d’un syndrome hypophysaire caractérisé par l’abaissement de la tension artérielle, l’accélération du pouls, la diminution de la quantité des urines, l’insomnie, l’anorexie, la sudation excessive et une sensation de chaleur pénible, syndrome qui disparaît par l’opothérapie hypophysaire. Ces auteurs pensent qu’une partie des accidents qui, au cours des maladies infectieuses, sont attribués à des myocardites dépendent en réalité d’altérations de l’hypophyse, car plusieurs fois ces accidents ont disparu après administration de poudre d’hypophyse de bœuf.

Sécrétions internes des glandes génitales.

Les effets de la castration sont bien connus chez l’homme depuis fort longtemps ; pratiquée chez des sujets jeunes, elle est suivie de troubles de développement qui consistent en allongement des os qui sont [tins grêles, défaut d’apparition des poils à l’adolescence, défaut du développement du pénis, du larynx, etc.

Brown-Séquard invoqua pour expliquer ces troubles une sécrétion

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interne du testicule et pratiquant l’opothérapie testiculaire dans une scne de cas d’affaiblissement de l’organisme (vieillards, etc.) il publia des résultats encourageants.

L.es effets qu’avait annoncés Brown-Séquard n’ont pas été observés par tous les médecins qui usèrent de sa méthode et l’on reconnut que la question était plus complexe qu’on ne l’avait imaginé

H importe de distinguer dans le testicule deux glandes, l’une qui préside a la formation des spermatozoïdes, l’autre qui est la glande interstitielle. La structure et les fonctions de cette dernière ont été bien étudiées dans ces derniers temps par Ancel et Bouin.

A vrai dire il s’agit plutôt de cellules glandulaires disséminées que d une glande véritable. Ces cellules sont orientées autour des vaisseaux sanguins et lymphatiques ; elles conservent leurs fonctions chez les sujets jeunes et chez les sujets vieux, à en juger par leurs caractères histologiques; leur action est antérieure et postérieure à celle des cellules à sécrétion externe ; elles subsistent intactes après

la ligature des canaux déférents et l’atrophie de la glande à sécrétion externe.

Si la glande interstitielle est conservée, les attributs de la virilité sont normaux; si elle disparaît (ablation du testicule, dégénérescence pathologique), les attributs de la virilité n’apparaissent pas chez les sujets jeunes.

Si Ion pratique la castration d’un groupe d’animaux jeunes et qu’on injecte à quelques-uns de l’extrait de glande interstitielle, ceux-ci se développent à peu près normalement alors que chez ceux qui ne reçoivent pas d’extrait de glande interstitielle les attributs de la virilité n’apparaissent pas.

\:ovaire possède aussi, dans certaines espèces animales, uneglande interstitielle dont les cellules ont une disposition analogue à celle de la glande interstitielle du testicule. L’ovaire de la femme n’en contient pas.

Le corps jaune, contrairement à l’opinion ancienne, est un organe doué de sécrétion interne.

Ancel et Bouin empêchant la formation de corps jaune à l'aide des rayons X, ont noté une atrophie du vagin, du clitoris, de l’utérus de la trompe, des mamelons.

On tend à rattacher à l’absence de sécrétion interne du corps jaune les troubles consécutifs chez la femme à la castration, à la ménopause, troubles qu’on a essayé de combattre à l’aide de l’extrait d'ovaire, ou de l’extrait de corps jaune.

Les fonctions génitales nous offrent encore des exemples curieux de phénomènes synergiques par l’intermédiaire de la circulation.

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On sait quels liens intimes unissent les fonctions utérines et la sécrétion lactée. Or Mironofa pu séparer la glande mammaire de toule connexion nerveuse et a vu cependant chez des femelles pleines, la sécrétion lactée s’établir après la mise bas; la section préalable des nerfs écarte l’idée de réflexe, la sécrétion lactée semble donc déterminée par un produit probablement d’origine génitale qui passe par la circulation et vient impressionner la mamelle.

M. Bouchard a noté maintes fois un gonflement du corps thyroïde au cours de la chlorose, affection, comme on lésait, propre à la femme, et il a vu cet organe diminuer de volume quand la chlorose s’améliorait. Il doit exister des liens par l’intermédiaire de la circulation entre le corps thyroïde et l’appareil génital femelle, opinion déjà émise anciennement.

Nous n’insisterons pas sur le rôle probable de la sécrétion interne tin rein, que nous avons déjà mentionné.

Le pancréas et le foie sont, chez certains êtres dans la séiic animale, unis anatomiquement, formant un organe unique, l’hépatopancréas; chez les vertébrés supérieurs il y a séparation anatomique mais union, synergie physiologique en vue d assurer la régularité de la production ou de la consommation du sucre ; l’ablation du pancréas amène rapidement par défaut de la sécrétion interne un fiouble important qui se traduit par de la glycosurie.

Voici donc de nombreux exemples d’actions synergiques d organes plus ou moins éloignés par l’intermédiaire de la circulation ; celleci nous apparaît ainsi comme indispensable pour assurei le tono tionnement des organes par divers procédés: par apport de produits multiples excitants ou phrénateurs fabriqués par d’autres organes ; par apport (albumine, sucre, oxygène, etc.) de matériaux qui servent à la nutrition des organes et à la fabrication de

substances d’élaboration nouvelle.

Aussi les troubles de la circulation se traduisent-ils par des désoi di es multiples et très importants que nous avons décrits (p. 248) en parlant de l’insuflisance circulatoire (poumon cardiaque, foie cardiaque, rein cardiaque, etc.).

En somme, des relations étroites unissent au point de vue fonctionnel et par l’intermédiaire soit des sécrétions, soit des conditions physiques de la circulation, la plupart des organes et notamment ces glandes vasculaires sanguines dont nous commençons à peine à entrevoir l’importance considérable. La suractivité fonctionnelle de chacune d’elles ou son insuffisance donne lieu a un tableau symptomatique qui est fait à la fois de la perturbation de la fonction de la

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glande en question cl des troubles provoqués dans les fonctions des autres. Aussi est-il fort difficile dans ce complexus symptomatique de distinguer ce qui appartient à la séméiologie de chacun de ces organes, d’autant plus que souvent l’altération des fonctions hépatiques et rénales vient également donner sa note. Néanmoins, grâce aux lumières apportées par la pathologie expérimentale, nous pouvons dire ou tout au moins penser qu’il existe un syndrome d’hyperfonctionnement et un syndrome d’insuffisance de chacune des glandes internes, des phénomènes de suractivité fonctionnelle dans certaines d'entre elles, compensatrice de l’insuffisance des autres; môme nous croyons également qu’on sera en droit de décrire un syndrome d’insuffisance endocrinique pluriglandulaire provoquée par un processus d’intoxication chronique.

Du syndrome d’hyperfonctionnement des exemples ont été signalés chez les acromégaliques dont l'insuffisance pituitaire était compensée par l'hypertrophie de la thyroïde et des capsules surrénales dans les cas de Gilbert Ballet et Laignel-Lavastine, de 11. Claude; Thaon en a rapporté plusieurs exemples empruntés à la clinique et à l’expérimentation.

Alquier a étudié l’hypertrophie compensatrice de la thyroïde, des parathyroïdes et des surrénales, en détruisant à divers intervalles une partie de ces organes.

Après les opérations portant sur l'appareil thyro-parathyroïdien chez le chien, par exemple, on observe des modifications histologiques de l’hypophyse et des surrénales indiquant l’hyperfonctionnement.

Dans un ordre d’idées inverse, certaines intoxications paraissent capables de créer des lésions simultanément des diverses glandes vasculaires à sécrétion interne, aboutissant à l’atrophie de celles-ci qui se traduit au point de vue symptomatique par un syndrome d’insuffisance de plusieurs glandes endocrines dont II. Claude et Gougerot ont récemment rapporté un cas très démonstratif chez l’adulte (voir le chapitre Infantilisme).

Rate. — Ganglions. — Tissu lymphoïde.

La rate, malgré son important volume, ne parait pas posséder un rôle physiologique fondamental; son ablation est suivie de peu dé troubles apparents ; elle a cependant une action sur la composition sanguine, un rôle sur la digestion pancréatique, mais ses fonctions semblent toujours être remplies iaeilement par daulies oiganes. Dépourvue de canal excréteur, elle ne peut intervenir en tous les cas que par 1 intermédiaire de la circulation.

PATHOLOGIE GÉNÉRALE DE L’ORGANISME

La rate tient, par contre, une place importante en pathologie, de nombreuses affections ont une répercussion sur elle.

Les intoxications qui paraissent agir le plus sur la rate sont celles qui détruisent les globules rouges ; l’hypertrophie de la rate semble secondaire à cette destruction.

II est curieux de constater que la splénectomie paraît augmenter la résistance des animaux à certaines intoxications, alors qu’elle diminue la résistance de l’organisme à d’autres poisons.

Dans les infections, la rate est très fréquemment hypertrophiée, elle est alors le siège d’une production active des mononucléaires, elle peut môme récupérer sa fonction myéloïde de la vie fœtale et produire des globules rouges nucléés et des myélocytes. Ces phénomènes sont surtout nets dans la variole.

Les globules blancs qu’elle fabrique prennent une part active à la phagocytose au cours des infections et la rate intervient encore dans l’immunité, en formant directement ou indirectement (par ses leucocytes) des substances bactéricides.

Quant aux effets de la splénectomie sur les infections, sur la leucocytose et l’immunisation, ils varient suivant les infections et un peu aussi, semble-t-il, suivant les expérimentateurs. Ces questions ne sont pas entièrement élucidées.

Dans quelques infections la rate sert, en quelque sorte, de refuge aux microbes, c’est ainsi que, dans l’impaludisme, les hématozoaires qui circulent dans le sang pendant les accès, se cantonnent dans la rate pendant les périodes d’apyrexie. Les spirilles de la fièvre récurrente se comportent de même. On sait, d’autre part, qu’il est aisé de trouver les bacilles d’Eberth par ponction de la rate au cours delà fièvre typhoïde.

Les ganglions au cours des infections se comportent d’une façon assez analogue à cçlle de la rate. Quand une lésion infectieuse existe en une région du corps, l’hypertrophie des ganglions correspondant a cette région est à peu près constante. Ils sont le siège de congestion, de diapédèse, de prolifération de leur réticulum et d’unephagocytose énergique. Ils produisent, de même que la rate, des substances bactéricides ; mais de même qu’elle et peut-être plus qu’elle encore, ils emmagasinent des microbes et constituent des foyers dangereux qui peuvent être le point de départ d’infections aiguës ou chroniques pour l’organisme. La plus évidente démonstration est fournie par les ganglions tuberculeux.

Le tissu lymphoïde des amygdales, de l'anneau pharyngien de Waldeyer, des plaques de Peyer, etc., se comporte comme des ganglions.

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