II. 0(1 vr âges contre les hérésies
Contre l'ensemble des hérésies signalées de son temps saint Hippolyte a écrit deux ouvrages. Le premier, que Photius représente comme une réfutation abrégée de trente-deux hérésies (SuvcaYfxa xnxh. «tpéueiov X6'), est perdu, mais on en retrouve le fond dans le Pseudo-TertuUien, Philastrius et saint Epiphane qui y ont puisé. Le second, KaTot Traawv aîpéffewv IXêy'/^oç, auquel on donne le titre abrégé de Philosophoumena, est conservé presque en entier. Le plan de l'auteur y est magnifique. Il veut, dit-il, exposer tous les systèmes des anciens philosophes et de la sagesse grecque. Après quoi, il fera connaître ceux des hérétiques et montrera que c'est dans la doctrine des philosophes que ceux-ci ont pris leurs erreurs. Les hérétiques apparaîtront ainsi comme les continuateurs des philosophes païens et les tenants de la raison dévoyée contre la sagesse divine. L'exécution répond en effet
à ce plan. Sur les dix livres dont l'ouvrage se compose, les quatre premiers (nous n'avons plus les livres II et m) s'occupent des philosophes et des théories astrologiques. Les livres v-viii font connaître et réfutent les hérésies chrétiennes jusqu'à celle des encratites. Dans le livre ix, l'auteur traite de Noet et de Sabellius et raconte ses démêlés avec Zéphyrin et Calliste. Le livre X récapitule tout l'ouvrage. La partie qui concerne les philosophes est, en somme, assez faible. On a élevé des doutes (Salmon, Staehlin) sur la valeur des documents hérétiques dépouillés par saint Hippolyte ; et surtout les rapprochements qu'il établit entre les hérésies et les systèmes philosophiques grecs apparaissent souvent fantaisistes et forcés. On voudrait plus de sûreté dans cette érudition tumultueuse. Les Phi losophoianena sont liostérieuvs à l'an 222 ; peut-être faut-il les mettre dans les dernières années de l'auteur.
Outre ces deux compositions, d'un intérêt général, on possède un très important fragment Contre Noet, que l'on soupçonne avoir fait partie, avec l'écrit Contre Â/'ié/?20/i cité par Eusèbe [H. E., v, 28,*1), d'un ouvrage plus considérable contre l'hérésie monarchienne. On connaît encore une réfutation de Marcion (IIpç Mapxi'wva), que Ton identifie volontiers avec le livre Sur le bien et d'où vient le mal; puis un écrit Sur les charismes, dirigé probablement contre le montanisme. L'ouvrage Sur l'évangile de saint Jean et sur l'Apocalypse visait les aloges, et les Capita adversus Caium revendiquaient pour saint Jean l'évangéliste la paternité de l'Apocalypse. On a quelques citations de ces deux écrits.