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V. Ouvrages de discipline et d'édification

Parmi les œuvres disciplinaires d'Hippolyte, il faut signaler les deux écrits que saint Jérôme lui attribue sur cette question : Faut-il jeûne?- le samedi? et sur cette autre : Doit- on communier chaque Jour P Diantre part, on possède, dans une traduction arabe, une collection de canons en 261 numéros, qui se donne comme l'œuvre d'Hippolyte. Ces Canones Hippolyti^ sont de la plus haute importance pour l'histoire des institutions chrétiennes, mais, sous leur forme actuelle du moins, ne sauraient être considérés comme l'œuvre du docteur romain. Quant aux Odes sur toutes les Ecritures mentionnées par le marbre de la statue, on ignore complètement, à supposer que la lecture de ce titre soit exacte, ce que pouvait être cet ouvrage.

En somme, cette revue rapide des écrits de saint Hippolyte confirme bien ce que nous avons dit plus haut de la variété de ses aptitudes et de la fécondité de son génie.

S 6. — Novatien et les papes du III' siècle.

Les débuts de Novatien^ sont connus principalement par les lettres du pape Corneille à Fabius d'Antioche dont Eusèbe a donné des extraits, H. E., vi, 43. Originaire probablement de Rome ou de l'Italie, Novatien fut considéré pendant quelque temps comme possédé

1. Traduction latine de Haneberg reproduite par H. Achelis, Texte und Unters., vi, 4, Leipzig, 1891, et par L. Dochesne, Origines du culte chrétien, 3» édit., Paris, 1902.

2. OEuvres dans P. L., m. Pour le De trinitate, édit. de W. Yorke Fausset, Cambridge, 1909. Pour les lettres, édit. de S. Cypriea par

BiRTEL.

du' démon et exorcisé; puis, étant tombé gravement malade, reçut le baptême des cliniques sans la consignation épiscopale, c'est-à-dire sans la confirmation. Cette circonstance le rendait irrégulier pour l'ordination. Mais Novatien avait des qualités intellectuelles remarquables. Malgré l'opposition du clergé et de beaucoup de laïques, le pape d'alors, Fabien ou même Pontien, le promut au sacerdoce et, en 250, nous le trouvons jouissant à Rome d'une situation considérable. C'est lui qui, pendant la vacance du siège, écrivit à saint Cyprien, au nom du clergé romain, la lettre xxxi et presque sûrement aussi la lettre xxxvi entre celles de l'évêque de Carthage. Dès lors, Novatien pouvait se croire désigné pour succéder à Fabien. Cependant le choix du clergé et du peuple tomba sur Corneille (mars 251). Dépité, Novatien se fit sacrer par trois évêques de la campagne et fonda une église schismatique que l'on trouve florissante encore en Orient au v^ siècle. Après cet éclat on ne sait de lui presque plus rien de certain. Socrate [H. E., iv, 28) dit qu'il mourut martyr dans la persécution de Valérien (257-258) ; mais cette donnée est sujette à caution.

Saint Jérôme ( Vir. ilL, 70), sans prétendre énumérer toutes les œuvres de Novatien, rapporte qu'il avait écrit sur la Pâque; sur le sabbat; sur la circoncision ; sur le [grand-Jprêtre ; sur la prière ; sur les aliments juifs ; sur la persécution; sur Attale et sur la Trinité. De tous ces écrits il nous reste seulement les deux lettres à saint Cyprien dont il a été question ci- dessus, le De trinitate et le De cibis jiidaicîs.

Les lettres, qui datent de 250-251, ont pour objet de communiquer à saint Cyprien le sentiment du clergé romain sur l'affaire des lapsi. Ce sentiment est, en somme, conforme à celui de l'évêque de Carthage.

Le traité De la Trinité est l'œuvre maîtresse de iNo

vatien. C'est le commentaire d'une formule de foi moins longue que le symbole des apôtres, plus longue que la simple formule baptismale. Les chapitres 1-8 traitent de Dieu et de ses perfections, de la création et de la révélation mosaïque ; les chapitres 9-28 de Jésus- Christ, vrai homme et vrai Dieu, et de sa distinction d'avec le Père ; le chapitre 29 du Saint-Esprit et de son action dans l'Ancien et le Nouveau Testament; les chapitres 30 et 31 reviennent sur le Père et le Fils, pour montrer qu'ils ne sont qu'un même Dieu. Le De trinitate était le premier ouvrage écrit à Rome, en latin, sur un sujet théologique, et il l'a été avec un ordre logique et une netteté de style qui en ont fait pour longtemps le modèle des ouvrages de ce genre. Sa composition est antérieure à l'an 250.

Quant au traité Sur les aliments juifs {De cibisjudaicis), c'est une œuvre de Novatien schismatique, une sorte de lettre pastorale qu'il adresse à ses fidèles, et dans laquelle il explique allégoriquement la distinction des aliments imposée aux juifs. On y remarque certaines idées philosophiques qui confirment ce que saint Cyprien a dit de la tournure d'esprit stoïcienne de son auteur.

11 ne s'est conservé aucun ouvrage proprement dit des papes du m* siècle. Tout ce que nous avons se borne à quelques lettres ou fragments. Entre les documents plus importants, il faut citer l'édit d'indulgence de Calliste (217-222) dont il a été question ci-dessus ; quelques lettres de Corneille (251-253) à saint Cyprien et à .Vabius d'Antioche; les lettres d'Etienne (254-257) à saint Cyprien et aux Eglises d'Asie sur le baptême des hérétiques ; et enfin la lettre du pape Denys (259-268) à son homonyme d'Alexandrie sur la divinité de Jésus- Christ.

S 7. — Écrivains de Gaule et de Pannonie. Victorin de Pettau.

L'unique écrivain de la Gaule que nous connaissions au m* siècle est l'évêque Reticius d'Autun, Son épiscopat se place avant l'an 313, car il assista cette année-là même au concile de Rome tenu sous le pape Miltiade et, au mois d'août 314, au grand concile d'Arles qui s'occupa du donatisme. Quelques auteurs mettent sa mort en 334.

Saint Jérôme {Vir. ilL, 82) connaissait deux écrits de Reticius : un Commentaire sur le Cantique dont il appréciait fort le style, mais dont le fond lui paraissait très médiocre {Epist., xxxvii) ; et un grand ouvrage Contre No9atien. On croit que c'est à ce dernier écrit que saint Augustin a emprunté les citations qu'il fait de Reticius dans le Contra Julianum^ i, 7 et le Contra Julianum opus imperfectum, i, 55. Les deux ouvrages ont péri.

Le temps a un peu moins maltraité l'œuvre de Victorin ^ , évéque de Pettau, dans la Pannonie supérieure (actuellement en Hongrie). Victorin était probablement grec d'origine, car saint Jérôme ( Vir. ill. , 74) remarque qu'il savait mieux le grec que le latin. C'est en latin cependant qu'il a écrit, vers la lin du m* siècle, dans une langue obscure et embarrassée, des ouvrages dont saint Jérôme ne faisait pas grand état, car il trouvait à l'auteur plus de bonne volonté que de science {Epist., i.xx, 5). Victorin mourut martyr, dans la persécution de Dioclétien probablement (303-311).

Son œuvre était surtout exégétique. 11 avait commenté les livres, ou du moins des passages choisis de

t. p. L., V, et J. HAnssLEiTER, Corp. script, eccles. latinorum, xx-m, Wien, 1916. Voir deux articles de D. Mokin, dans Journal of théologie- Studies, VII (1906).

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la Genèse, de l'Exode, du Lévitique, d'Isaïe, d'Ézéchiel, d'Habacuc, de TEcclésiaste, du Cantique, de l'Apocalypse et de saint Matthieu. En dehors de quelques maigres indications, il ne s'est conservé de tout cela que la fin du commentaire sur l'Apocalypse, découverte en 1895. Victorin s'y montre nettement millénariste.

Après ces commentaires, saint Jérôme mentionne de l'évêque de Pettau un écrit Contre toutes les hérésies, où plusieurs critiques ont voulu voir le Lihellus adver. sus omnes haei'eses imprimé à la suite du De praesc7-iptione de Tertullien ; mais cette identification soulève des difficultés.

Quant à l'idée de D. Morin que le fragment de Muratori, c'est-à-dire le célèbre catalogue des Livres saints du Nouveau Testament découvert en 1740 pourrait bien, dans sa forme actuelle, être l'œuvre de Victorin, c'est, jusqu'ici, une simple hypothèse dont la justification réclame de nouvelles études.

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