II PREFACE
la première concerne l'auteur du manuel, la seconde rélève lui-même.
Pour ce qui touche au premier point, qu'il nous soit permis de dire ici dans quel esprit ce précis a été conçu. Il existe déjà beaucoup de manuels de physiologie et d'excellents. Nous ne voudrions pas qu'on nous attribuât la prétention d'avoir fait mieux ; mais nous serions heureux d'avoir réussi à exposer les éléments de la physiologie d'une façon tout aussi didactique, quoique plus brève. Nous avons tenté d'atteindre ce but non pas en*employa0t une nouvelle méthode d'exposition, mais en apportant le plus grand soin à la forme et au fond dans notre rédaction. Pour la forme, une règle sévère a présidé à la distribution des divisions et subdivisions de chapitres : l'uniformité de ces divisions dans tout l'ouvrage, leur subordination les unes par rapport aux autres, comme dans une classification naturelle, feront que l'élève ne devra jamais se perdre dans sa lecture. Quant au fond, les limites assignées à ce précis nous ont obligé nécessairement à le constituer par les données les plus sûres de la physiologie, en passant sous silence la plupart des faits qui paraissaient d'une importance secondaire ou encore mal établis et trop discutables.
Malgré ce travail d'élagage, l'espace dont nous disposions eût été cependant encore trop exigu, si la réforme récente du plan des études médicales n'était venue nous servir. Désormais, l'étude de la physiologie dans les facultés de médecine comportera trois enseignements : physique biologique, chimie biologique et physiologie proprement dite, et l'élève devra se présenter à l'examen en possession des données de ces trois branches de la même science. Notre
PREFACE m
« Précis de physiologie » sera adapté à cette nouvelle division du travail ; ainsi, les questions qui se rapportent trop exclusivement à la physique ou à la chimie biologique (par exemple la réfraction danis l'appareil dioptrique de l'œil, la classification et les propriétés des matières albuminoïdes, etc.) ont été laissées complètement de côté. Ce précis de physiologie devra donc avoir son complément dans des ouvrages analogues de physique et de chimie biologique.
Grâce à cette division et à cette répartition des matières, nous avons pu accorder des développements très suffisants à certaines questions de physiologie pure qui, dans le cas contraire, auraient dû être forcément écourtées (par exemple : les fonctions du système nerveux, la théorie du neurone, etc.).
La seconde condition, pour qu'un manuel soit utile, c'est, avons-nous dit; que l'élève sache tirer le meilleur parti possible de sa lecture. Le style d'un manuel se caractérise nécessairement par une certaine concision. Aucun esprit vraiment scientifique ne s'en plaindra. Un livre de physiologie devrait idéalement revêtir l'allure d'un traité de physique ou de chimie : nous n'en sommes pas encore là ; mais nous ne sommes pas non plus à Tépoque où l'on s'attachait avec grand soin à donner une tournure littéraire à l'exposé des phénomènes physiologiques ; la beauté de la forme cachait ainsi le plus souvent le vide du fond. La physiologie est une science positive et elle doit emprunter aux autres sciences exactes leur langage rigoureux. Il faut que l'élève s'habitue à lire un livre de physiologie avec la même application qu'il mettrait à étudier un ouvrage de chimie ou de physique ; s'il manifestait de