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VOYELLES NASALES

Il y a en français quatre voyelles nasales : à (eiîïani, tentas, Rouen, Zaon, etc.).

è (vin, dràXain, serein, Saint-Ou^^z, etc.). œ (chacww, parf//m, etc.).

ô (hon, p(?mpe, etc.).

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Position des lèvres pour les voyelles nasales en parisien.

NASALES 43

Dans le midi de la France, la voyelle nasale est rarement produite seule, sans un petit reste de l'ancienne consonne n ou m. Au lieu de ùjà « enfant » on entend ànfàn; au lieu de vè « vin », vèn avec un petit n « gn )>; au lieu de tu « temps », tùm.

Ce défaut se retrouve aussi dans différentes régions de l'Allemagne, par exemple, en Poméranie '.

Pour définir les voyelles nasales, on se contente de les rapprocher des voyelles buccales. Mais les correspondances établies ne sont pas rigoureusement exactes.

Pour la voyelle nasale, les mâchoires sont sensiblement plus rapprochées que pour la voyelle orale correspondante.

Fig. 32.

Voyelles nasales.

(Palais artificiel).

à correspond à une voyelle intermédiaire entre à tt à (a) (fig- 33)- La racine de la langue se relève un peu de manière à se rapprocher de la luette qui s'abaisse en même temps.

' Il ne semble pas qu'on s'attache beaucoup à le corriger. On lit, en effet, dans Brochhaus'KUines Conversation Lexikon, Leipzig, 1886, pour ne citer qu'un exemple, « Law^schùineh » comme prononciation figurée du nom propre français « Lanjuinais ».

Dans diverses parties de la France, à tend à passer à S ; cela même est très fréquent à Paris chez les enfants et dans une prononciatio» emphatique ou guindée.

La.

FJg- 3 3-

Élévation comparative de la langue pour g, et à.

(Ampoule exploratrice.)

La. langue. — V. voix.

La région d'articulation de è est intermédiaire entre a et ê. La langue se place 2 à 3 """' environ au-dessous de la position de ^ (%. 34). Les mâchoires se rapprochent et les lèvres s'avancent : c'est un â labialisé nasal.

La langue prend à peu près la même position que pour ê (fig. 35); les lèvres, la même que pour œ. C'est donc un è labialisé nasal.

NASALES

Élévation comparative de la langue pour è et ê.

(Ampoule exploratrice.) La, langue. — V. voix.

Dans beaucoup de provinces et même à Paris, dans certaines classes <ie la société, au lieu de <r, on rencontre è, qui n'est qu'un œ délabialisé.

Fig- 35-

Élévation comparative de la langue pour Œ et œ.

(Ampoule exploratrice.)

La. langue . — V. voix.

La position de la langue pour ô est sensiblement la même que pour à (fig. 36). Les lèvres sont plus avancées que pour ^(fig. 31).

La substitution de ô à à et celle de à à ô se produisent sporadiquement. On entendra dire ^âlà « Châlons », môtù « menton » à des provinciaux fixés à Paris depuis plus de 20 ans.

Les étrangers, en général, éprouvent beaucoup de difficultés à bien prononcer nos voyelles nasales.

Pour arriver à les reproduire exactement, il faut disposer la langue comme pour la voyelle pure correspondante, puis abaisser le voile du palais afin que le courant d'air puisse réveiller les résonances des cavités du nez.

Élévation comparative de la langue pour ô et ô.

(Ampoule exploratrice.)

La. langue. — V. voix.

Si l'on s'exerce à passer successivement de la voyelle pure à la voyelle nasale, et de la voyelle nasale à la voyelle pure, en tenant le petit doigt sur la langue, on arrive très promptement à une articulation correcte.

Cet exercice est surtout à conseiller pour é, ë, œ : h langue garde la même position pour les trois voyelles ; le voile du palais s'abaisse pour les deux dernières; les lèvres s'avancent et s'arrondissent pour œ.

Un défaut assez commun, c'est le manque de synchronisme entre les mouvements du voile du palais et ceux de la langue.

On met d'abord la langue en position et ce n'est qu'après le début de la voyelle que le voile du palais est abaissé. Il se produit alors une diphtongue composée d'une voyelle pure suivie d'une voyelle nasale.

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