Imitation par un Alsacien de / anglaise. G. — / anglaise
Si le point d'appui vient à manquer, la pointe de la langue bat l'air et Yl se rapproche de l'r, comme cela arrive dans les Alpes et certaines régions du midi.
Vî française n'est jamais vocalique comme en anglais.
SPIRANTES
Les spirantes labiales v f s'articulent avec les lèvres
SPIRANTES
entr' ouvertes et les dents d'en haut reposant sur la partie interne de la lèvre inférieure (fig. 47).
Le/ se distingue du v par une pression organique plus forte et par l'absence de vibrations laryngiennes.
Fig- 47-
Position des lèvres pour v,/ en parisien.
On sent dans la figure que l'articulation est plus forte pour /que pour v.
Dans le midi de la France, on trouve un v bilabial qui se rapproche légèrement de h. Ce défaut n'est pas rare en Allemagne.
En Hollande, on a un v qui s'articule aussi sans que les dents reposent sur la lèvre inférieure. Ce v diffère très peu du v français, et il est bien préférable à celui qu'on nous a présenté comme généralement enseigné (ce que nous ne pouvons croire) et qui se complique d'un petit M parasite : w sonnant vil'e.
Pour les spirantes dentales :( 5, la langue prend son point d'appui derrière les dents d'en bas et s'élève vers le palais
éo
dans la région des alvéoles où elle laisse une fente étroite au passage de l'air (fîg. 48). Les dents d'en bas, qui, dans la position de repos, sont généralement plus en arrière que celles d'en haut, s'avancent et se mettent sur le même plan vertical que celles-ci.
Fig. 48.
Articulation de s, :^ en français et en anglais.
(Palais artificiel).
Les parties ombrées et limitées par un croisillé représentent Vs,
A. i. s. — 2. ;^, en parisien.
B. 1. s. — 2. i, en anglais.
On remarquera qu'en anglais la langue a moins touché au palais pour s, qui est une forte, que pour :^, qui est une douce. Cette apparente anomalie tient à ce que la relation entre ;^ et s est non d'une douce à une forte, mais d'une douce à une aspirée. Or, l'aspirée réclame le moindre effort articulatoire (i).
Un défaut commun, c'est le zézaiement. Il provient de ce que la pointe de la langue se porte entre les dents, ou vers les dents du haut.
Il y a entre le français et l'allemand la même différence pour r5 que pour Vf.
En allemand, l'effort organique des lèvres et de la langue est insuffisant et il y a excès de souffle.
I. Ce phénomène a été étudié par M. l'abbé Rousselot : Principes de Phon. Exp., p. 596 et suiv. — La Parole, III (1901), p. 455 et suiv., et p. 588 et suiv.
SPIRANTES
Les spirantes palatales j € (ch) ont un mécanisme articulatoire plus complexe que celui de ;^ et de 5-.
La pointe de la langue se soulève légèrement et le dos se reporte en arrière plus près de la partie médiale du. palais; les dents s'ajustent plus exactement et les lèvres appliquées par leur zone extérieure sur la mâchoire, sont projetées en avant par leur zone intérieure (fig. 49).
Fig- 49- Position des lèvres poury^ ^^ s en parisien.
Le/ et le e ont leur point d'articulation dans la bouche en avant de celui du y.
Pour y, la gouttière centrale est plus large que pour e (fig. 50 A).
Le € et le ; n'appartiennent naturellement qu'aux parlers du centre de la France ; et ne se trouvent plus à partir des premières rampes du plateau central. Ils oflfrent donc une certaine difficulté non seulement pour les étrangers, mais pour les Français eux-mêmes. Les enfants n'y arrivent qu'avec peine, et après avoir passé par 5, ;^, défaut qu'ils conservent souvent assez longtemps. Il faut leur demander de retirer la langue un peu en arrière et d'avancer les lèvres.
Le € décrit plus haut représente la variété qui paraît la plus générale. Mais il y en a d'autres. Il est possible, en effet, de produire un son très
Fig. 50.
Articulation de j ^ £ en français et en anglais. (Palais artificiel).
Les parties ombrées et limitées par un croisillé représentent !e ^. A. X. ■£.. — 2. 7, en parisien.
\>. 1. £, (nation). — 2. 1 (j)leasure), eti anglais. Il y a entre £ tx. 1 anglais la même relation qu'entre j" et r : la sourde est une aspirée
voisin, avec la langue en position dCs ou même de i, en pressant et en allongeant les lèvres ; ou bien avec la langue seule en immobilisant ou en écartant les lèvres.
L'avancement des commissures donne à ^ ; plus d'éclat ; leur inertie, plus de mollesse et de douceur. Quand la langue est dans la position de s et que les lèvres se resserrent trop légèrement, le-^^ et le/ se teignent d'une nuance de s, i. Ces variétés s'observent en Auvergne, dans le Lot.
Dans certaines régions de l'Allemagne, l'effort articulatoire est trop faible pour € et trop grand pour/, qui en outre manque de sonorité. C'est une loi pour le Conversation Lexikon qui transcrit / par sch.
En anglais, la pression de la langue contre le palais est souvent insuffisante (fig. 50 B).
OCCLUSIVES 63
OCCLUSIVES
Les remarques suivantes s'appliquent à toutes les occlusives, qu'elles soient labiales (b p), dentales (d t) ou gutturales (g k) :
1° Pour les occlusives sonores (b d g), le larynx chez les Français entre en vibration dès le moment de la tenue et avant l'explosion de la consonne.
Chez la plupart des Allemands, surtout ceux du Centre et du Sud, les vibrations laryngiennes ne se produisent qu'au moment de l'explosion
(fig. 51).
Pour imiter les sonores françaises, il faut modérer la force de l'articulation et laisser de l'élasticité aux joues pour que l'air sortant à travers la glotte pendant l'occlusion puisse s'emmagasiner dans la bouche. On peut s'aider de l'explorateur du larynx (fig. 7).
C'est une erreur de conseiller de préposer une m ou une n à l'occlusive. La présence de cette nasale parasite est désagréable aux oreilles françaises.
2° Pour les occlusives sourdes (p t Iz), l'explosion est à peu près entièrement sonore en français.
Les peuples de langue germanique ont en général des occlusives entièrement sourdes, y comprise l'explosion. La glotte, largement ouverte pour la consonne, ne se ferme qu'après l'expulsion de l'air accumulé pour produire le bruit consonantique (fig. 43).
Aussi un Allemand qui prononcera la syllabe ^ûf, par exemple, devant une bougie allumée, éteindra la flamme, ce que ne fera pas un Français.
Un Allemand s'essoufflera vite à prononcer plusieurs fois de suite sans reprendre haleine les syllabes />a /?a />a..., etc., ou ta ta ta. ..y etc. ; un Français tiendra bien plus longtemps.
On apprend à modérer son souffle en s'effbrçant de répéter longtemps une syllabe contenant une occlusive sourde et en s'aidant d'un appareil indicateur, par exemple (fig. 3 ou 10).
{Princ. de Thon. Exp.y
Comparaison des explosives sonores françaises et allemandes.
La première ligne de chaque groupe est celle du larynx; la deuxième, celle de la voix (oreille inscriptrice à membrane de caoutchouc dilaté^).
Les mots choisis commencent tous par une explosive douce, h, d, g : pour le français^ hàton, doux, garde; pour l'allemand, Baden, du, Garien. — i, 2, 3 ont été prononcés par un Français. — 4, 5, 6, par un descendant des Français établis à Friedrichsdorf, parlant encore lai langue de ses ancêtres. — 7, 8 et 9, par un Saxon.
On remarquera que les initiales françaises sont sonores avant l'explosion ; les initiales; allemandes, au moment même. Le jeune émigré, qui a conservé à peu près b et d, s'est germanisé pour le g.