LIAISONS FACULTATIVES
1° Les verbes auxiliaires {avoir, être, devoir, pouvoir, aller, falloir) et le verbe :
nous avon-s-eu j'étai-s-aimé je devai-s-aller je pui-s-aller j'allai-s-écrire il fau-t- écrire
Les exceptions sont nombreuses, surtout chez les enfants : nous avon(s) eu ; tu a(s) eu.
2° Le verbe être et l'attribut, les verbes et leur régime :
cela m'es-t-égal
je sui-s-à table
ils ont fai-t-un plan
pratique-r-une vertu
en attendan-t-une meilleure occasion.
Les enfants ne lient pas : je tien(s) un coupe-papier ; j'aimai(s) à faire la couture ; nou-s-avons(s) un piano ; vous-s-ave(z) une tab(le).
3° Le substantif et son régime :
les manquement-s au devoir les ennemi-s-en fuite.
4° L'adjectif ou l'adverbe et son régime :
prè-t-à partir conformémen-t-à vos pensées.
5° Les signes de flexion ou l'adverbe et la préposition et :
des chat-s-et des chiens ils parlaien-t-et riaient ceu-x-et celles bon-s-et pieux fortemen-t-et suavement.
Mais on ne dirait pas : un cha-t-et un chien. LIAISONS PROHIBÉES
Ne se lient pas :
î° Les mots commençant par une h aspirée et les mots suivants : huitj huitième, onie, on:^ième, oui, ouate :
le(s) (h)éros
le(s) (h)aricots
tous le(s) (h)uit jours
le(s) onzièmes chapitres
ie(s) oui et les non
la ouate.
Haricot, mot mexicain, n'avait pas droit à une /;. Il l'a prise par confusion avec haricot (de mouton) : cela explique les hésitations dont il est l'objet.
Dans huit, Vh est purement graphique. L'hiatus est récent (cf. à\-xhuit). Il est dû sans doute comme pour onie, à l'analogie des autres noms de nombre, qui commencent en général par une consonne.
Ouate se liait au xvie siècle. On revient aujourd'hui à cette prononciation sous l'influence de certains professeurs de médecine, qui ont remarqué l'absence d'une /; aspirée et qui ont fait école jusque dans le monde de la couture et de la nouveauté, où les jeunes employées se distinguent par là de leurs aînées.
2° Les consonnes, non flexionnelles, qui sont devenues muettes à la fin des mots (en dehors des locutions toutes faites) :
la mor(t) a des rigueurs
impô(t) exorbitant
un attenta(t) affreux
un goulo(t) étroit
Charle(s) a conclu un traité
le plom(b) homicide
escro(c) (h)abile
un portie(r) intelligent
un avi(s) important
un obje(t) introuvable
un cou(p) imprévu.
3° Les consonnes flexionnelles dans les mots composés :
des char(s)-à-bancs des arc(s)-en-ciel.
4° Des mots séparés par un repos obligatoire : accoure(z), accourez !
mai(s) oui Et Jésus, le fruit de vos entraille(s), est béni.
Noter que souvent on peut unir dans la lecture des mots que nous séparons par une virgule dans l'écriture : Mai-5, en faisant cela, vous...
Relevons en terminant les traits les plus intéressants de liaisons qui se trouvent dans les Parlers parisiens de M. Koschwitz. Chacun des morceaux a été lu, soit par l'auteur, soit par des artistes, et par quelques autres personnes, parmi lesquels nous citerons : MM. Ritter (Ri), professeur à l'Université de Genève ; Rousselot (Ro) ; Jacob (J.), de Paris, archiviste ; Blelon (B.), licencié es lettres, de Lyon. Nous indiquerons entre parenthèses les variantes importantes, et, quand cela paraîtra utile, les raisons qui les justifient; la liaison est marquée dans les notes par — , le manque de liaisons par J,