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TABES

affection et la rareté chez eux de la disposition au suicide.

Les obsessions de toute sorte s'observent assez fréquemment chez les tabétiques, particulièrement l'obsession phobique de l'équihbre, véritable stasohaso phobie qui, surajoutant ses effets anxieux aux effets réels de l'ataxie, comphque et rend plus difficiles encore leur station debout et leur marche. Cette phobie a été bien mise en lumière par plusieurs auteurs, notamment par Parisot, de Nancy (1896), et par E. Dupré et Delarue (1901).

Les accidents hystériques et neurasthéniques sont généralement communs, soit qu'il s'agisse d'états hystériques et neurasthéniques simplement accidentels, symptomatiques (le tabès débute souvent, comme la paralysie générale, par des symptômes névropathiques de ce genre), soit qu'il s'agisse de la coexistence de l'hystérie et de la neurasthénie avec le tabès (associations hystéro-tabétique et neurasthéno-tabétique).

2" Psychoses. — Parmi les psychoses susceptibles de se rencontrer chez les tabétiques, il faut signaler d'abord celles qui proviennent d'un élément surajouté : hérédité, dégénérescence (vésanies associées), intoxications, médicamenteuses ou non (alcoolique, morphinique, cocaïnique, héroinique, etc.). Nous n'avons qu'à les mentionner. Ici, comme disent Séglas et Vallon (S. M. P., 1908), le tabès et le délire semblent s'ignorer l'un l'autre et évoluer chacun pour sa part.

D'autres psychoses ont été rattachées au tabès. Ces psychoses vraiment tabétiques, très rares pour certains auteurs, n'en existeraient pas moins. Elles ont été décrites par Pierret et Rougier qui ont montré qu'il s'agissait, le plus souvent, de mélancolie avec obtusion, torpeur ou anxiété, idées vagues de persécution, hallucinations confuses, sensorielles et cénesthésiques. Les malades accusent les personnes de leur entourage de vouloir les empoisonner, les faire brûler ; ils se plaignent d'entendre des injures, de sentir un mauvais goût dans leurs aliments et dans leur bouche, d'éprouver dans tout le corps des picotements et des sensations désagréables. On remarquera

les analogies très grandes de cette psychose avec celles observées dans la syphilis, notamment par Jacquin.

Les idées délirantes et les hallucinations des tabétiques cnt le plus souvent leur point de départ dans les symptômes du tabès, en particulier dans les douleurs fulgurantes (Pierret et Rougier), les paresthésies sensitives et sensorielles (Klippel) qui, si elles ne les déterminent pas, orientent et colorent de façon spéciale leurs troubles psychiques. A. Lé ri (Th. P., 1904), Ballet (S. P., 1908), Valloîv et Séglas (S. M. P., 1908) ont également montré que l'atrophie papillaire pouvait donner naissance, chez eux, à des hallucinations visuelles, avec ou sans troubles délirants. Ballet va même jusqu'à penser que c'est la lésion du nerf optique et par suite l'amblyopie qui constitue la condition première des hallucinations des autres sens chez les tabétiques. Lé ri a constaté que les troubles psycho-sensoriels surviennent particulièrement chez les tabétiques à la période où, ayant conservé les impressions lumineuses, mais ayant déjà perdu la vision distincte, c'est-à-dire la notion de la forme et la couleur des objets, ils interprètent mal ces sensations incomplètes.

Ajoutons enfin que beaucoup de vieux tabétiques, même parmi ceux qui n'ont pas présenté au cours de leur maladie de troubles psychiques évidents, versent, à la période ultime, dans un état d'affaiblissement psychique, de démence plus ou moins accentué.

3*^ Syndrome paralytique. — Nous ne reviendrons pas sur les rapports du tabès et de la paralysie générale, les ayant déjà mentionnés dans l'étude de cette dernière maladie. Rappelons simplement que les symptômes du tabès peuvent s'associer aux symptômes de la paralysie générale soit en les précédant (paralysie générale ascendante, tabès cérébro-spinal ascendant), soit en les suivant (paralysie générale descendante, tabès cérébro-spinal descendant), soit enfin en apparaissant et en marchant de pair avec eux (tabès cérébro-spinal).

Une remarque curieuse, faite parla plupart des observateurs, c'est le balancement qui se produit souvent entre les symp-

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