PIAN
Ces troubles psychiques de la sclérose en plaques, si on laisse de côté les symptômes hystériques, neurasthéniques et les simples modifications du caractère et de Vhumeur que l'on peut rencontrer, appartiennent presque tous au syndrome paralytique. On ne saurait être surpris de cette fréquence du syndrome paralytique dans la sclérose en plaques, étant donnée la constance, dans cette affection, des lésions méningo-corticales, bien décrites par Philibert et Jones.
Psychiquement, ce qui domine c'est la démence, qui ne fait guère jamais défaut. Cette démence, constituée par un affaiblissement inégal et irréguhèrement progressif de l'intelligence, est moins intense et moins globale que dans la paralysie générale.
Elle peut s'accompagner, comme celle-ci, d'idées délirantes,
en particulier d'idées de grandeur ou d'idées hypocondriaques , mais bien naoins fréqueniment et à un bien moindre degré.
En revanche, il s'y joint d'habitude de V hyper émotivité, de la sensiblerie, du rire et du pleurer spasmodiques, sans parallélisme avec l'altération psychique (Dupré),
Chartier (C. 1910) a signalé la narcolepsie dans la sclérose en plaques.
Philippe et Cestan, qui ont repris l'étude générale des troubles psychiques dans la sclérose en plaques (1903), concluent que ces troubles y sont relativement plus rares qu'aurait pu le faire croire l'ensemble incomplètement vérifié des observations citées à ce jour et que ces troubles psychiques, ainsi que l'avait déjà noté Vulpian, sont Variables, inconstants, irréguliers, comme les lésions dont ils dépendent.
Geay (Th. L., 1904) accorde au contraire, avec Lannois, une grande importance aux troubles psychiques dans la sclérose en plaques (1903, S. N., 1913).
Quoi qu'il en soit, le diagnostic entre la sclérose en plaques et la paralysie générale peut être difficile (Ch argot, Variot, Souques, Raymond et Touchard, etc.), et il est nécessaire de l'établir à la fois sur les symptômes physiques et les symptômes psychiques.
ARTICLE VI