‹ Précis de psychiatrieChapitre 219 sur 278 · G; — MAISON DE CAMPAGNE · texte numérisé non relu

G; — MAISON DE CAMPAGNE

L'isolement dans une maison de campagne est encore un mode de traitement possible, à défaut de l'internement. C'est celui que les familles adopteraient le plus volontiers, à la fois pour éviter les formalités et les conséquences pénibles d'une entrée dans un asile et pour vivre plus rapprochées de l'aliéné. Malheureusement, c'est un système de traitem.ent difficile à réaliser d'une façon parfaite et qui est d'ailleurs très coûteux. La règle à suivre, en pareil cas, consiste essentiellement à organiser la maison de campagne com.me une sorte de maison de santé apphquée à un seul malade. Le médecin doit choisir et disposer avec compétence, dans l'ensemble et dans les détails, le local destiné à l'ahéné et diriger soigneusement le traitement. Il ne perdra pas de vue, surtout, les trois points

principaux suivants : i^ ne pas autoriser la vie e-n commun de la famille avec le malade et les séparer autant que possible l'un de l'autre, soit dans la même habitation, soit dans des habitations différentes ; 2^ se rés^ver exclusivement, dans toutes ses parties, la direction morale et matérielle du traitem.ent ; 3° assurer au m.alade, en même temps que des soins compétents et dévoués, une surveillance étroite, continue, intelligente, à l'aide d'individus réellement exercés à ce genre de fonctions qui demandent des qualités nombreuses et toutes spéciales. Avec une organisation de ce genre, on peut certainem.ent traiter dans une maison de campagne un certain nombre d'ahénés mélancohques, paralytiques, dégénérés, confuS; déments précoces, etc., soit d'em.blée, soit après un séjour préalable dans un établissem.ent spécial.

Hj — VOYAGES

Les voj^ges constituent un agent thérapeutique efficace dans l'aliénation mentale, en même temps qu'un moyen salutaire de diversion. En enlevant le m.alade à son milieu habituel, ils répondent, en effet, au principe même du traitement de la fohe, l'isolement, en même temps qu'ils entraînent des distractions morales et physiques susceptibles de réagir favorablement sur l'esprit de l'ahéné. Mis surtout en honneur par Esquirol et quelques-uns de ses élèves qui en avaient retiré de bons effets, ils sont moins pratiqués aujourd'hui en raison des inconvénients et des dangers auxquels ils peuvent donner heu. Sans les rejeter en principe, il convient en effet de n'y avoir recours qu'avec prudence et en s'entourant de précautions suffisantes. Ainsi, certaines formes morbides, celles, notamment, dans Lesquelles les malades deviennent habituellement dangereux, sont absolument incompatibles avec ce moyen de traitement. C'est dire assez qu'on ne doit point, sauf de rares exceptions, faire voyager les maniaques dans leur période aiguë, les fous épûeptiques, les persécutés et, d'une façon générale, les hallucinés. En revanche, les voyages conviennent parfaitement dans les formes mélancoliques, parti-

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culièrement au début de la mélancolie subaiguë ou de la mélancolie neurasthénique, non seulement parce qu'elles comportent une plus grande liberté pour le malade, mais aussi parce qu'elles sont plu5 susceptibles d'être heureusement influencées par un traitement moral. Chez elles, le voyage agit à titre d'agent curatif et peut amener la guérison ou tout au moins une amélioration notable des sym.ptôm.e3. Le voyage, doublé d'une cure à une station thermale ou marine bien choisie, est excellent aussi dans beaucoup de cas de psychoses arrivées à un certain degré d'amélioration, pour hâter la convalescence. On peut y avoir recoui's encore dans certaines psyclioses chroniques, avec des sujets plus ou moins inoffensifs, mais alors il constitue un simple moyen de diversion susceptible tout au plus de déterminer une accalmie relative. Quels que soient la forme morbide et le but qu'on se propose, le médecin ne doit • onseiller ou accepter le voyage d'un aliéné qu'à la condition •fue le malade ne soit pas accompagné d'un de ses parents, au moins les plus rapprochés ; que la direction en soit confiée à un individu expérimenté, de préférence à un jeune médecin ayant quelque connaissance de ce genre d'affections ; enfin que toutes les mesures de précaution soient prises pour parer, autant que possible, à toute éventualité fâcheuse et à tout accident. Il est bon aussi d'éloigner suffisamment le malade, souvent mêm.e de l'expatrier, comm.e aussi parfois de le changer de séjour et de lieu ; enfin il faut que le voyage ait une durée assez longue, de quelques semaines, de quelques mois ou même de plusieurs années, suivant les cas, et s'il paraît produire quelque heureux effet, il importe de le prolonger jusqu'à ce que l'améhoration soit solidement établie.

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