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I 2 — CONFUSION MENTALE AIGUË AGITÉE

(CONFISION HALLUCINATOir.E AIGUË)

Nous n'avons encore qu'un mot à dire en ce qui concerne la confusion mentale aiguë agitée.

Ici, la prostration qui, dans la stupidité, va jusqu'à l'immobilité, est remplacée au contraire par une agitation plus ou moins violente. Il y a toujours confusion d'esprit, obtusion, désorientation, élément fondamental de la maladie ; mais l'exercice involontaire de la pensée n'est pas suspendu, il agit automatiquement et s'accompagne d'une réaction motrice intense. Cela provient de ce que, dans cette forme, le délire hallucinatoire offre une intensité et une activité particulières, dominant tout. Les hallucinations, qui intéressent tous les sens, mais surtout celui de la vue, sont mobiles, changeantes, animées, souvent terrifiantes ; elles font vivre le malade dans une sorte de cauchemar perpétuel où il s'agite violemment, tantôt sans parler, tantôt avec des paroles, des cris, des chants, des réactions apeurées, panophobiques.

C'est pourquoi, au premier aspect, cette forme de confusion mentale peut être confondue avec la manie aiguë et pourquoi aussi certains auteurs ont admis, dans la confusion mentale, une forme agitée ou maniaque et une forme déprimée ou mélancolique, représentée par la stupidité.

360 PSYCHOSES GENERALISEES

Malgré les apparences et malgré les difficultés que peut présenter parfois le diagnostic, la confusion mentale agitée n'est pas plus de la manie que la stupidité n'est de la mélancolie. La confusion mentale a une origine toxique ou infectieuse très nette, un accompagnement de symptômes généraux très caractérisés ; malgré l'excitation, le visage y conserve toujours un certain masque d'étonnement, d'indifférence et d'impassibilité, bien différent de l'animation, de l'éclat, de l'expression hypervivante des traits du maniaque ; l'agitation, comme le ton émotionnel, y sont éminemment changeants ; enfin, l'état psychique lui-même, avec sa confusion, son incohérence pseudo-démentielle, son amnésie rétrograde et de fixation, ses bouffées hallucinatoires, reste toujours très significatif.

D'ailleurs, et c'est là une particularité qu'il faut connaître, il est très rare que l'agitation, dans la confusion mentale, persiste pendant toute la durée de la maladie ; le plus souvent, elle n'est qu'une phase, phase du début en général, si bien qu'au bout d'un temps plus ou moins long, quelques jours ou quelques semaines, le tableau change et la confusion mentale aiguë agitée devient de la confusion mentale simple ou stupide ou même du délire aigu, de même que la stupidité, de son côté, peut se continuer en confusion mentale agitée ou en délire aigu.

Farnarier a décrit une psychose hallucinatoire aiguë d'origine, pour lui, mais non de nature toxique, précédemment esquissée par Se glas sous le nom de délire hallucinatoire, et caractérisée par l'apparition dans la conscience d'hallucinations de tous les sens, sourtout de l'ouïe, qui déterminent un délire sans systématisation, incoordonné, variable, avec parfois un certain degré de confusion mentale, mais épisodique et secondaire. Nous ne croyons pas que cette psychose hallucinatoire aiguë doive être distinguée, comme le fait son auteur, de la confusion mentale elle-même, dont elle est, pour nous, la forme hallucinatoire aiguë.

Toutes les infections et toutes les intoxications, externes (I internes, peuvent produire la variété hallucinatoire aiguë de la confusion mentale. C'est un point qu'il ne faut jamais perdra de vue si l'on ne veut pas s'exposer, comme nous l'avons dit plu-

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