T E C UNI Q U E AP P L I Q U É E
coupes par les couleurs d'aniline. Il y a lieu d'entrer dans quelques détails à propos du poumon et à propos de la thyroïde, placée dans ce chapitre uniquement à cause de sa situation topographique.
§ 1 . — Poumon
Le poumon doit être étudié soit après injection vasculaire, soit après fixation, soit après imprégnation à l’argent. Les injections vasculaires sont surtout instructives dans les poumons d’une structure simple, tels que celui de la grenouille.
1° Fixation du poumon. — Il importe de fixer le poumon alors qu'il est distendu par l’air et non pas lorsqu'il est revenu sur lui-même après l'ouverture du thorax. En effet, les alvéoles, développés par le gaz , sont plus faciles à voir. Avant d'ouvrir le thorax, il faut donc découvrir la trachée et la lier, alin d'empêcher la sortie de l'air lorsque, à l'ouverture du thorax, le tissu pulmonaire s'affaissera. On pourrait aussi, après avoir enlevé le poumon, l’insuffler modérément par la trachée que l’on lierait ensuite. Ces précautions prises, le poumon tout entier, s’il s’agit d'un petit animal, ou bien un lobe lié à sa base, sont plongés dans le fixateur, liquide de Millier ou sublimé, et maintenus immergés dans ce liquide. Lorsque la fixation est achevée on inclut dans la paraffine des fragments bien orientés et on fait des coupes parallèles à la surface de ce poumon ou perpendiculaires à cette surface. On colore à l’hématéine et à l'éosine. Les coupes permettent d’étudier la structure des bronches infra-pulmonaires des divers ordres et la disposition des alvéoles. Si l’on a lié les veines pulmonaires avant de lixer le poumon par la liqueur de Muller, on a de très belles injections naturelles des capillaires (pii restent remplis de globules rouges.
2° Imprégnation de l’épithélium pulmonaire. — On
insuffle le poumon d’une grenouille qui vient d’être tuée. On le lie de façon à le maintenir gonflé et on l’enlève. On lave
à l'eau distillée sa surface externe et on l’arrose d’une solution à 1 p. 300 de nitrate d’argent pendant quelques minutes. O11 lave de nouveau à l’eau, puis on arrose d’alcool à 90° jusqu’à ce que le poumon soit devenu rigide et n’ait plus tendance à s’affaisser si on vient à l'ouvrir. Ou en découpe alors de pefils fragments que l'on dispose sur une lame de verre, leur face interne tournée en haut. On les éclaircit par l'essence de girolle et on les monte dans le baume. Le nitrate d’argent qui a diffusé à travers la mince épaisseur de la paroi pulmonaire a imprégné les cellules épithéliales. Si l'imprégnation n’est pas visible immédiatement, elle ne tarde généralement pas à se produire, à la suite de l’action de la lumière.
On peut imprégner aussi l’épithélium pulmonaire d'un mammifère On tue un animal jeune, on injecte dans ses grosses bronches une solution à 1 p. 500 de nitrate d’argent, on lie la bronche et on porte le tout dans la meme solution. Au bout d’une heure on retire le poumon, on le lave dans l’eau distillée, puis on le durcit dans l’alcool et on fait des coupes sans autre durcissement. Elles sont un peu épaisses, aussi ne faut-il pas les colorer, parce que la préparation serait trop compliquée à cause du grand nombre de noyaux (noyaux de l’épithélium des capillaires, des bronches). Mais on peut inclure dans la paraffine et faire des coupes minces qui supportent la coloriation.
3° Préparation des fibres élastiques. — On fait des coupes minces de poumon, puis on fixe par l'alcool et on les traite sur la lame par une solution étendue de potasse caustique. La potasse dissout tous les éléments sauf les libres élastiques qui persistent. On peut ensuite laver à l'eau, puis à l'alcool, colorer les fibres élastiques par l'éosine et les monter en préparation permanente dans le baume.
§2. — Thyroïde
On peut fixer des fragments de thyroïde par les fixateurs ordinaires et en faire des coupes que l'on colorera soit par
les couleurs d’aniline, soit par le carmin ou l’hématéine, suivant le fixateur employé.
1° Injection interstitielle par le liquide picro osmioargentique. — Si l’on pique une glande thyroïde avec une seringue de Pravaz chargée du liquide de Renaut et que l’on pousse l'injection, cette dernière se répand dans les lymphatiques très développés de l’organe et lixe en même temps les vésicules thyroïdiennes en contact avec eux sur une certaine étendue de leur paroi (Rivière, thèse de Lyon, 1894).
On peut alors faire deux sortes de préparations : 1° après lavages répétés dans l’alcool à 90° et durcissement par ce dernier réactif, on fait, sans autre traitement., des coupes relativement épaisses que l’on éclaircit dans l’essence de girolle et que l’on monte au baume. Ces coupes montrent le trajet des lymphatiques et leur disposition embrassante autour des vésicules isolées ou des groupes de quelques vésicules. Les lymphatiques larges et béants se reconnaissent très aisément à leur forme et à l'imprégnation de leur endothélium. Les cellules épithéliales de certaines vésicules ont également subi l’imprégnation et leurs contours, régulièrement polygonaux, dessinent un réseau à mailles étroites.
2J On peut se servir également du matériel ainsi fixé pour y pratiquer des coupes très minces. Après durcissement par la gomme, par exemple, les coupes une fois dégommées sont colorées à l'hématéine et à l'éosine. Les noyaux des cellules sont colorés en violet, le corps cellulaire en rouge ou en rose, la matière colloïde qui remplit les vésicules est colorée en rose.
2° Coloration des coupes de la thyroïde par le mélange trlacide d’Ehrlich Blondi. — On a proposé de colorer la thyroïde par un mélange imaginé par EiiRLicipet modifié par Bioxdi, puis Heidenhain. Ce mélange composé de
Solution aqueuse saturée d’orange. . 100 c. cubes
— — de fuchsine
acide.. . 20 —
de vert de
méthyle. 50 —