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étendue. L'imprégnation à l’argent produit une fixation suffisante et les blastodermes ainsi traités, une fois colorés et montés au baume, donnent des préparations très instructives.
3° Embryons de mammifères. — Les embryons de mammifères sont plus difficiles à se procurer que les embryons d’oiseaux. On trouve, il est vrai, fréquemment des femelles pleines, soit parmi les animaux que l’on sacrifie en vue d'autres recherches dans les laboratoires, soit parmi des animaux chassés dans ce but (chauve-souris) ; mais pour avoir des embryons d’un âge bien déterminé il vaut mieux recourir à la lapine. On met une lapine dans laçage d’un mâle d’où on la retire au bout de vingt-quatre heures et on la tue à une date fixe; par exemple deux, huit, dix, etc., jours après qu’elle a été livrée au mâle.
a. Préparation des embryons de trois jours. — A ce moment les œufs sont en pleine segmentation et sont encore contenus dans les trompes où ils sont libres. Pour les recueillir on emploie le procédé suivant dû à Kôlliker. On enlève la corne utérine et la trompe d'un même côté, puis on pousse doucement par cette dernière une injection de liquide fixateur tel (pie la liqueur de Müller ou l’acide osmique à 1 p. 100. Cette injection fait cheminer les œufs dans les voies génitales dont ils ressortent avec elle. On recueille dans une boîte de verre le liquide in jecté et les œufs qu'il a entraînés. Ces œufs, après fixation, sont lavés, colorés et montés dans la glycérine, la lamelle étant soutenue par de petites cales en papier.
b. Préparation d'embryons de huit jours. — Les embryons de cet âge sont arrivés dans les cornes utérines où ils commencent à se fixer. Ils donnent lieu par leur présence à de petites saillies globuleuses qui forment, le long de la corne, comme les grains d’un chapelet. On découpe la corne en autant de segments qu’il y a de renflements et on fixe chacun d’eux à l’aide d’épingles sur le fond de liège d’une cuvette, la face mésométriale du segment reposant directement sur le liège. On verse alors du liquide de Kleinenberg dans la cuvette et l’on ouvre le segment utérin en l’attaquant par le
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bord opposé au mésométrium. Il faut aller avec beaucoup de précaution pour éviter d’ouvrir l’œuf. Lorsque les tuniques utérines fendues le laissent bien voir, on les écarte et à l’aide d’une spatule on peut détacher l’œuf qui u’est encore que très faiblement fixé à la muqueuse utérine, au niveau de l’insertion du méso ; l’embryon est situé au centre du cercle suivant lequel le blastoderme se soude à la paroi, et c’est justement pour cela que l’on recommande d’ouvrir l’utérus en un point opposé à ce dernier. L’œuf entier, fixé, est conservé dans l’alcool. On peut aussi l’ouvrir suivant son équateur et ne garder que la moitié contenant l’embryon, que l’on étale comme il a été dit pour les blastodermes de poulet.
Chez les animaux de très petite taille, comme la souris, on peut fixer l’utérus entier avec les embryons qu’il renferme et ne dégager ceux-ci qu’après la fixation, alors que les parties fixées résistent mieux aux actions mécaniques. On peut aussi laisser l’embryon en place et couper à la fois la corne utérine et l’œuf.
On peut assez souvent se procurer à l’abattoir des embryons de vache, de brebis, de porc. Mais en général ces embryons ont dépassé les premiers stades du développement, et le mode de fixation que l’on emploiera dépendra évidemment de leur taille. Il est, par exemple, inutile et mauvais de fixer par le liquide de Kleinenberg des embryons dont le système osseux commence à se développer (voy. p. 92) ; on préférera alors le sublimé ou le liquide de Flemming.
§ 2. — Préparation des embryons
Les embryons recueillis comme il vient d’être dit sont ensuite soumis à diverses préparations, suivant leur grosseur. Les embryons de lapin de huit à dix jours, les blastodermes de poulet jusqu’au troisième jour de l’incubation, sont montés en entier ou débités en coupes ininterrompues d’une extrémité à l’autre. On coupe encore en série allant de la tète à la queue des embryons plus volumineux tels que des poulets du cinquième ou sixième jour, des embryons de mammifères de
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8 à 1 2 millimètres de longueur; mais au delà de cette taille on traite les embryons comme les animaux adultes, c’est-à-dire
que l’on fixe et que l'on prépare certains organes ou certaines régions pris à part.
1" Montage des embryons entiers. — Ce mode de préparation est très précieux, car il donne le moyen d’avoir des col-
Fig. 111.
blastoderme de poulet de 23 heures (ligne primitive, photographie!, leetions d'embryons de divers âges montrant les détails de
leur structure d'une manière parfaite. On peut voir en effet par la figure 110, qui représente un blastoderme de poulet au début du second jour d’incubation, que les principaux traits de l’organisation de l'embryon sont très aisément visibles, bien que cette préparation ne soit pas colorée ni montée dans le baume, ce qui l'améliorerait encore.
Pour faire ces sortes de préparations, on fixera les embryons par le liquide de Kleinenberg et on les colorera par le carmin boracique, puis on les montera dans la résine dammar i voy. pour les détails, p. 186j. Lorsque l'embryon atteint une certaine
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épaisseur, il est bon de placer sous les quatre coins de la lamelle de petites cales eu bristol qui empêchent celle-ci de presser trop fortement sur lui. Ces préparations se conservent fort bien; j’en possède toute une série datant de dix ans et qui sont aussi nettes que le premier jour. Ce mode de préparation s'applique à tous les embryons dont la taille n'est pas trop volumineuse. Un embryon de poulet de trois jours monté de cette manière montre très nettement ses arcs branchiaux, la fente choroïdienne de la vésicule optique, les étranglements du tube cardiaque, la vésicule allantoïde, etc., etc. Les embryons de cette taille sont les plus gros qui puissent être préparés ainsi.
Les préparations dont nous venons de parler sont non seulement utiles pour montrer la structure pour ainsi dire macroscopique des embryons, mais elles se laissent étudier à Laide d'assez forts grossissements et peuvent donner avec ces derniers des résultats très satisfaisants. De plus, elles sont indispensables dans certains cas pour interpréter les coupes. Avant de débiter en coupes un embryon, on l'a examiné à l'aide d'un faible grossissement et l'on s’est assuré qu’il reproduisait exactement l’état de développement d'un embryon monté en entier. Lorsqu'on en étudiera les coupes, il sera parfois très utile de pouvoir se reporter à la préparation totale afin de voir quels organes une coupe passant dans une direction déterminée a pu rencontrer sur son passage.
2" Coupes en séries. — La confection de coupes en séries a seule permis d’amener l'embryologie à l’état de développement que cette science a pris dans ces dernières années.
Embryon de poulet de 10 heures (photographie).