T T S SI NE U YEUX
Les cellules névrogliques de l'écorce cérébrale offrent certaines particularités. On les dissocie après l'action de l’alcool au tiers pendant vingt-quatre à quarante-huit heures et un les colore au picro-earmin. Elles s.onl beaucoup moins nettes que celles de la moelle et ont la forme de petites, masses globuleuses d'où partent dans tous les sens des prolongements courts, cassés au voisinage de la cellule, Leur noyau, le proloplasma qui l’entoure et les prolongements, qui en partent sont entourés d'une substance granuleuse plus ou moins abondante suivant les hasards de la dissociation, et qui renferme des débris de diverses natures; fragments de prolongements nerveux ou protoplasmiques, de libres à myéline réunis par une substance cimentante névroglique. C'est cette substance qui s’oppose à la pénétration des injections interstitielles aussi bien dans la substance grise que dans la substance blanche du cerveau (Raxyier). Elle n'existe pas dans la moelle épinière où les éléments de la substance grise, comme ceux de la substance blanche, s’écartent les uns des autres pour donner place à l'injection.
§ 5. — Coupes d’ensemble du système nerveux
Nous avons déjà indiqué le moyen de faire des coupes du système nerveux soit après le formol, soit après la méthode de Golgi; mais ces coupes étaient plutôt destinées à étudier les détails histologiques de la structure que la topographie des parties dans lesquelles elles étaient faites. Nous indiquerons ici deux autres méthodes qui donnent à ce dernier point de vue d’excellents résultats. Ce sont : 1° les coupes après durcissement dans les sels de chrome et coloration au picro-earmin; 2U les coupes faites d'après la méthode de Weiuert modifiée par Pal.
X° Durcissement par le bichromate de potasse, coloration au picro-earmin. — Cette méthode est particulièrement recommandable pour la moelle. Voici d'après Raxyier les détails qu'elle comporte. Des fragments de moelle sont sus-
TECHNIQUE APPLIQUEE
pendus dans une grande quantité de liquide de Millier ou simplement de bichromate de potasse à 2 p. 100 que bon renouvelle de temps à autre. Le durcissement se produit lentement et dure des mois ; si l'on est pressé, au bout de deux ou trois semaines de séjour dans le bichromate, on porte les fragments de moelle dans une solution à 2 p. 1 000 d’acide chromique, lequel active le durcissement sans produire alors la rétraction des éléments qu’il aurait causée si la moelle y avait élé plongée directement. Quelques semaines suflisent pour avoir un durcissement convenable. Du reste, on peut aussi activer ce dernier lorsqu’on se sert du bichromate seul en mettant le flacon qui renferme les fragments de moelle dans une étuve à 30° environ.
On juge si le durcissement est sutlisant pour permettre de faire des coupes au microtome de Uanvier, par l’épreuve suivante : On fait à main levée des coupes que l’on porte dans l’eau. Si elles s'y plissent, le durcissement est insuffisant (la substance blanche, plus difficile à pénétrer que la substance grise, se gonfle en effet par l’eau lorsqu’elle n’a pas été suffisamment fixée par le bichromate). En ce cas, on remet la pièce dans le réactif durcissant. Si au contraire les coupes restent planes on peu! faire les préparations définitivement. On coupe alors la moelle en fragments de 5 millimètres environ de hauteur, qu’on lave à l'eau pendant vingt-quatre ou quarantehuit heures el qu’on porte ensuite dans du picro-carminate pendant vingt-quatre à quarante-huit heures de façon à les colorer en masse.
Au bout de ce temps on les lave à l'eau, puis on les passe dans de l'alcool à 9U°. Au bout de vingt-quatre heures, on monte les fragments dans le microtome de Uanvier en les calant convenablement dans de la moelle de sureau et l’on fait des coupes minces que l’on reçoit dans l’alcool. On les éclaircit ensuite à l’essence de girofle et on les monte au baume. Ces coupes sont différemment colore.es suivant qu'elles proviennent du voisinage de la surface de section ou bien du centre du fragment, la substance blanche étant toujours moins facilement pénétrable que la grise. Cette différence de coloration
TISSU N Eli VEUX
présente même des avantages, en permettant d’avoir des coupes dans lesquelles certaines parties sont mieux colorées.
Dans ces préparations les cellules de la substance grise sont colorées en rose, leurs noyaux en rouge, les cylindraxes sont également teints on rouge, la myéline est incolore. Les cellules sont fréquemment un peu rétractées et laissent autour d’elles un espace clair; dans (“(‘Iles qui ne sont point rétractées, le noyau est vésiculeux, clair et muni d’un beau nucléole, le protoplasma est à peine teint. Les fibres de la névroglie fortement colorées en rouge se voient très bien, elles forment une enveloppe réticulée complote autour de la moelle, elles entourent de même les vaisseaux d'une sorte de manchon et se poursuivent à travers toute l’épaisseur de la moelle. 11 n’est pas rare de voir une même fibre entrer en rapport avec deux cellules névrogliques (Ranvier).
Ce mode de préparation peut être aussi employé pour les coupes de cerveau ou de cervelet, mais les résultats sont moins beaux. Les libres de la névroglie sont beaucoup moins nettes et les cellules nerveuses, beaucoup plus petites que celles de la moelle, sont aussi moins bien conservées et plus difficilement reconnaissables; beaucoup d’entre elles présentent bien la forme pyramidale caractéristique, mais un grand nombre sont remplacées par une grande vacuole dans laquelle est encore contenu leur noyau. Dans les cellules qui ont conservé la forme pyramidale, le noyau est toujours rétracté, revenu sur lui-même et parfois peu facile à distinguer du protoplasma qui l’entoure.
2" Méthode de Weigert-Pal. — Cette méthode, qui colore vivement les gaines de myéline en bleu-noir, est surtout employée pour suivre la marche des libres nerveuses et pour distinguer celles qui ont subi la dégénérescence. C’est donc plutôt une méthode anatomo-pathologique qu'histologique; nous la citerons cependant en raison de son importance.
Le centre nerveux que l’on veut étudier est durci par le bichromate de potasse ou par la liqueur de Millier, le durcissement étant hâté par le séjour à l’étuve à 30° environ. Les
T K G H NIQUE APPLIQUEE
pièces sont ensuite incluses au eollodion et débitées en coupes. Le eollodion a polir but de remédier à la fragilité des coupes qui risqueraient dé se briser pendant le cours des nombreuses manipulations qu’elles doivent subir. Les coupes sont reçues dans l'alcool, on les passe ensuite pendant quelques heures (5 à 6) dans la solution colorante suivante :
Eau distillée 100 c. cubes
Ilématoxyline I gramme
Alcool absolu 10 c. cubes
Solution saturée à froid de carbonate de lithine 3 —
< )n dissout d’abord Liminal oxyline dans beau chaude; lorsque cette solution est refroidie on y ajoute l'alcool, puis an moment de s’en servir seulement, le carbonate de lithine. Lorsque les coupes sont bien colorées on les lave longuement dans une solution à I p. 100 de carbonate de lilliine, puis on les porte dans un premier bain de différenciation composé d'une solution au quart «le permanganate de potasse dans l'eau distillée (eau 100; permanganate de potasse, 0,23) où on les laisse vingt à trente secondes environ ; la substance grise se colore et devient jaunâtre. De là on porte les coupes dans ml bain de différenciation dont voici la formule :
Eau distillée 200
Sulfite de potasse 1
Acide oxalique I
L’action de ce bain est très énergique et décolore entièrement
la substance grise, aussi faut-il prendre garde de ne pas pousser la décoloration trop loin et de iie pas le laisser agir plus de vingt secondes. C'est un temps très important de la méthode et qui demande beaucoup d'attention.
Après celte différenciation les coupés sont lavées à grande eau, puis colorées au picro-cafmiiiate pendant vingt-quatre heures environ, lavées de nouveau à l'eau, déshydratées par l'alcool à 90 à 95° (mais pas à l’alcool absolu qui dissoudrait le eollodion), éclaircies par un mélange de xylol et d'acide plié-