‹ Précis de technique microscopique et histologiqueChapitre 25 sur 108 · OBJECTIF · texte numérisé non relu

OBJECTIF

croscope dépendent essentiellement de la qualité des objectifs.

L'objectif peut parfois être composé d\me seule lentille pour les faibles grossissements; mais, pour les forts grossissements, il est toujours de deux ou trois lentilles, dont chacune est achromatique, c'est-à-dire résultant ellemême de la combinaison d'une lentille en flint-glass (silicate de potasse et de plomb) et d'une lentille en crown-glass (silicate de potasse).

Nous n'avons pas à entrer ici dans ces détails importants de la construction et de l'association des lentilles. Nous avons à insister sur d'autres questions dont il est plus utile au micrographe de se rendre exactement compte. C'est qu'en effet, il ne suffit pas^ pour la construction d'un bon objectif, que ces combinaisons de lentilles donnent un très-fort grossissement tout en corrigeant aussi parfaitement que possible l'aberration chromatique ; il faut encore qu'elles satisfassent à deux conditions importantes et cependant jusqu'à un certain point incompatibles en apparence : nous voulons parler de la grandeur de \ angle iV ouverture et de la distance focale.

1° Angle d'ouverture. — Il peut se faire que le grossissement donné par un objectif soit trèsconsidérable, mais que ce jeu de lentilles, pour obtenir cet efîet, ne puisse utiliser que la partie la plus centrale des rayons lumineux envoyés par l'objet sur la face inférieure de l'objectif, par exemple seulement les rayons de c en c (fig. 2) ; il peut se faire qu'un autre objectif, donnant le

FiG. 2. — Angle d'ouverture de la lentille objective.

même grossissement, soit construit de manière à utiliser bien plus de rayons lumineux venus de Tobjet, par exemple jusqu'aux rayons obliques externes D, D' (fig. 2); on dit dans le premier cas que l'objectif a un joe/eV angle d ouverture^ dans le second qu'il a un grand angle d ouverture. Il est facile de comprendre les avantages d'un grand angle d'ouverture : l'addition de lumière qui en résulte donne un éclat beaucoup

ANGLE d'ouverture. 2^J

plus considérable à l'image, et, chose plus importante, en fait bien mieux saisir les détails ; en effet, la perception de détails est due aux différences d'influence qu'exercent sur la lumière les inégalités entre les diverses parties d'une préparation (stries, granulations). Or il est facile de comprendre que les rayons les plus obliques, les plus excentriques, ceux que l'objectif à grand angle d'ouverture peut utiliser, sont précisément ceux qui sont le plus modifiés par ces inégalités, ceux qui, par exemple, s'il s'agit d'examiner une surface, donnent les perspectives les plus accusées des saillies qu'elle présente.

L'importance de la grandeur de l'angle d'ouverture a été récemment interprétée à un nouveau point de vue par le professeur Abbé (d'Iéna.), Cet auteur, qui s'est beaucoup occupé de la théorie du microscope et de sa construction, a établi que les objets placés sur la platine du microscope envoient à l'objectif non-seulement des rayons réfractés^ mais encore des rayons diffr actes; si l'objectif a une ouverture suffisante pour admettre ces rayons diffractés en même temps que les autres, l'image obtenue se composerait des deux éléments suivants : d'une

part, les contours les plus saillants sont dessinés par les rayons ordinaires; d'autre part, les plus fins détails, ceux-là même qui ont produit la diffraction, sont dessinés par les rayons diffractés réunis sur le même plan focal que les rayons réfractés ordinaires. Si l'ouverture de l'objectif n'est pas suffisante pour admettre les rayons diffractés, l'image fournie par Tobjectif manque de tous les détails assez fins pour produire la diffraction (1).

Vu l'importance de la grandeur de l'angle d'ouverture, il n'estpasinutile desavoir se rendre compte de la valeur d'un objectif sous ce rapport. Amici a indiqué, pour mesurer la valeur de l'angle d'ouverture, un moyen très-simple, que Ch. Robin décrit en ces termes : « Placer le microscope verticalement sur une table noire; supprimer la lumière du miroir en masquant celui-ci, puis placer à droite et à gauche du pied du microscope deux objets brillants, ou simplement deux morceaux de carton blanc ; puis, regardant l'image formée au foyer de l'oculaire (fig. 3) avec une loupe faible, ou même, sans oculaire, celle qui est formée par l'objectif, écarter successivement les cartons

(1) Voy. Abbé, Op. cit. Journal de micrographie.

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