‹ Précis de technique microscopique et histologiqueChapitre 37 sur 108 · Installation · texte numérisé non relu

Installation

1° Installation. — Les conditions d'installation, pour les études microscopiques, ne sont pas indifîérentes : la lumière du jour est celle qu'on doit préférer, comme moins fatigante pour la vue, et permettant seule d'opérer les dissections fines, les dissociations et diverses manipulations qui précèdent l'examen microscopique proprement dit, et doivent souvent l'interrompre et se combiner à lui. Cependant, on est parfois réduit, faute de lumière naturelle, à employer celle d'une lampe. Comme nous avons eu occasion de le dire (1), nous pouvons parfaitement rassurer les personnes qui n'auraient

(1) Duval et Lereboullet, Applications du microscope à la clinique et au diagnostic. 2^ édition, 1877.

pas confiance dans la fidélité et l'intensité de cette lumière : avec une lampe ordinaire, on peut parfaitement se livrer aux examens microscopiques les plus courants ; il suffit même d'une simple bougie, placée à 0°',60 en avant du microscope et à 0°',25 au-dessus du niveau de la table, pour obtenir un éclairage suffisant, pourvu que l'on parvienne, par le feu du miroir réflecteur, à projeter parfaitement l'image de la flamme sur la préparation qu'elle éclaire d'une lumière transmise, parfois même trop vive. Cet éclairage a l'inconvénient, comme celui que l'on obtient par les rayons directs du soleil, de donner à toutes les parties (fibres, enveloppes cellulaires, etc.) une apparence granuleuse, formée par une série de points brillants. Il faut, de plus, se souvenir que cette lumière artificielle est jaune : par suite, les objets colorés que l'on examine dans ces conditions ne présentent pas toujours exactement la nuance classique qui leur est attribuée ; mais, en général, ces divers inconvénients sont de peu d'importance, et on y remédie facilement en fixant sur le miroir une lame de verre coloré en bleu.

Pour permettre le travail à la lumière du gaz, les constructeurs de microscopes livrent aujour-

d'hui des appareils à gaz munis de verre de lampe bleus.

La lampe à pétrole, avec ou sans verre bleu, est, grâce à sa lumière blanche, très-recommandable pour les études microscopiques.

Mais les avantages de la lumière du jour sur toute lumière artificielle étant bien reconnus, on choisira de préférence comme lieu de travail un appartement recevant sa lumière du nord (lumière plus uniforme), et Ton placera l'instrument sur une table, non point tout contre la fenêtre, mais à un ou deux mètres dans l'intérieur de la pièce. Il est de plus très-avantageux de disposer entre la fenêtre et la tête de l'observateur, mais, plus près de celle-ci, un écran, dont le bord inférieur reste à 21 centimètres environ au-dessus du niveau de la table de travail, de manière à ce que la lumière parvienne largement sur le miroir du microscope et sur la table, mais qu'elle ne puisse arriver en trop grande abondance sur les ^eux de l'observateur : on évite ainsi une fatigue souvent considérable par le fait du séjour prolongé en face d'une source de lumière ; de plus, lorsque l'œil est placé sur l'oculaire, il n'y a pas de rayons lumineux qui viennent latéralement ou de face :

on ne reçoit que les rayons lumineux envoyés par le microscope lui-même, et le champ d'observation en paraît d'autant plus clair et plus distinct. Ce dernier avantage est si incontestable, que beaucoup de personnes^ quand elles éprouvent une certaine difficulté à bien distinguer ce qui se présente dans le champ du microscope mis cependant bien exactement au point, entourent, de leur main gauche pliée en demi-manchon, leur front et l'oculaire du microscope, et arrivent ainsi, en éliminant les rayons étrangers au microscope, à voir bien plus distinctement. L'écran réalise cette disposition d'une manière permanente et infiniment plus efficace ; son usage est une précaution que nous ne saurions trop recommander, et dont nous avons nous-même apprécié les avantages, après les avoir longtemps méconnus et négligés. On trouve chez les constructeurs de microscopes des écrans de ce genre, mobiles le long d'une tige métallique verticale, reposant elle-même sur un pied métallique mobile, mais solide et lourd.

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