EXERCICES MICROGRAPHIQUES
métrique (mise au point) et dans ses déplacements horizontaux à l'aide des mouvements imprimés à la préparation elle-même.
L'examen des mouvements vibratiles se fait on ne peut plus facilement sur les éléments des branchies des mollusques acéphales (huîtres, moules) ; un léger lambeau de ce tissu est enlevé avec une pince et placé sur la plaque porteobjet dans une goutte du liquide même que renferment les valves du mollusque. Deux petits débris de papier sont placés de chaque côté de la préparation afin d'éviter son écrasement par la lamelle mince dont on la recouvre. Placée sur la platine du microscope, cette préparation si simple offre à l'observateur un spectacle des plus captivants qu'il soit donné d'examiner à l'aide de cet instrument. Quand la préparation vient d'être exécutée, les mouvements des cils vibratiles sont si rapides qu'il est presque impossible de voir autre chose que l'espèce d'onde résultant de leur agitation régulière et pour ainsi dire péristaltique ; mais ce mouvement se ralentit peu à peu et, au bout d'une heure, on distingue isolément chaque cil, se courbant et se redressant successivement, ou bien , selon les régions, décrivant une sorte
de cône, qui a pour base son extrémité libre. L'observateur doit s'habituer à ne pas confondre les images des objets qu'il étudie avec certaines images qui se produisent en vertu des dispositions anatomiques de l'œil, c'est-à-dire qui résultent de l'irrégularité des membranes ou de la présence de corps flottants dans les milieux du globe oculaire. C^est ce qu^on appelle des iinages endoscopiques ou ent02:)tiques ou vulgairement mouches volantes. Elles se présentent sous la forme de petits globules, parfaitement ronds, d'égal volume, réunis en une masse unique, c'est-à-dire qu'ils ne se déplacent pas les uns par rapport aux autres, mais se meuvent ensemble, dit Ch. Robin, comme un nuage floconneux. C'est principalement au début des études micrpscopiques et quand on fait des observations après le repas, ou après quelque fatigue morale ou physique, que ces images entoptiques se présentent d'une manière gênante ; réclairage artificiel (à la lampe) les rend encore plus sensibles. Il est cependant facile, sinon de s'en débarrasser (car plus on se frotte les yeux, plus elles deviennent apparentes), du moins de bien les distinguer des images produites par les détails de la préparation. Il suffît, à
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cet effet, de faire mouvoir la 'préparation sur la platine du microscope, pour constater que les images purement subjectives (entoptiques) ne se déplacent pas, et que si, par les mouvements des yeux, elles subissent quelque déplacement, celui-ci ne se fait ni dans le même sens ni avec la même vitesse que celui de la préparation. Ajoutons, enfin, que la présence de ces mouches volantes ne doit en rien effrayer l'étudiant micrographe relativement à l'état de ses organes visuels : « Il faut être prévenu, dit Ch. Robin, que leur existence est tout à fait insignifiante y en ce sens qu'elles existent chez tous les individus sans exception, aussi bien chez les commençants qui sont les premiers à s'en préoccuper, que chez ceux qui emploient le microscope depuis longtemps et ont perdu l'habitude d'y faire attention. »
Puisque nous venons de parler des images entopiques dont l'œil de l'observateur est le siège, nous dirons quelques mots sur la manière dont il faut user de ses yeux dans les études microscopiques. Oji a de la tendance, au début de ces études, à ne regarder dans le microscope qu'avec un seul œil, en tenant l'autre fermé. Cet effort, pour occlure un seul orifice palpé-
bral, cause souvent une fatigue sensible : il faut donc s'habituer, dès le début, à laisser ouvert Vœil qui n'observe pas; il suffît d'un peu d'exercice, pour que l'observateur s'apprenne à ne plus tenir aucun compte des images qui sont données par cet œil, et à ne voir que les objets microscopiques qui se peignent dans l'œil placé sur l'oculaire du microscope. Si quelques personnes éprouvent une certaine difficulté, au début, à laisser passer inaperçu le champ lumineux sous-jacent à l'œil inactif, il leur suffira de couvrir ce champ d'un voile sombre, c'està-dire de placer à côté du pied du microscope un papier ou un drap noir.
D'autre part^ il faut s'habituer à pouvoir se servir de l'un et de l'autre œil pour l'examen microscopique : de cette manière, lorsqu'une étude dure longtemps, on peut employer alternativement l'œil droit et l'œil gauche, et l'on évite ainsi toute fatigue locale. Carpenter attribue à l'observation de cette règle (un emploi alternatif de chacun des yeux) l'immunité avec laquelle il a pu se livrer, pendant de longues périodes, à une observation presque continue au microscope.
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