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Des micromètres. — Micrométrie

On emploie deux ordres de micromètres : le micromètre oculaire et le micromètre objectif. Pour la mensuration des objets microscopiques, on a recours, soit à l'emploi combiné du micromètre objectif et de la chambre claire ; soit à l'emploi combiné du micromètre objectif et du micromètre oculaire,

A. Micromètre objectif. — L'appareil essentiel de toute mesure des éléments anatomiques,

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comme celui de toute appréciation du grossissement d'un microscope, est le micromètre objectif. On donne ce nom à une plaque de verre sur laquelle se trouve gravé un raillimètre divisé en cent "parties égales. Ce petit dessin, même dans son ensemble, est, à cause de la finesse des lignes, à peine visible à l'œil nu ; mais, en l'examinant au microscope, on distingue facilement chacun des traits et l'intervalle qui les sépare, c'est-à-dire chaque centième de millimètre.

On peut avec un micromètre objectif, et une chambre claire, arriver à une appréciation satisfaisante du grossissement de telle ou telle combinaison d'oculaire et d'objectif, ou tout au moins à une appréciation relative de ces diverses combinaisons. A cet effet, on examine le micromètre objectif comme une préparation^ à travers la chambre claire placée sur l'oculaire du microscope, et avec un crayon on en dessine les divisions telles qu'on les aperçoit se projetant sur une feuille de papier placée à la distance de la vue distincte. On a donc, en définitive, un dessin représentant des centièmes de millimètre amplifiés par le microscope. On mesure alors la valeur réelle des divisions du dessin ainsi

iOÛ APPAREILS ANNEXES DU MICROSCOPE.

ebtenu, et le rapport de cette longueur à l/lOO"" de millimètre est l'expression du grossissement, c'est-à-dire que si une division du dessin égale 2 millimètres, on dira que le grossissement est de 200 (200/1), puisque un centième de millimètre a été \u égal à 2 millimètres (c'està-dire à 200 centièmes de millimètre). Nous avons dit que ce procédé ne donne pas une appréciation parfaitement exacte du grossissement tel qu'il est perçu par l'œil ; c'est qu'en effet, ainsi que Robin et Nachet l'ont démontré, l'image n'est pas reportée, par les organes de la vision, à la distance de la vue distincte, mais à une distance bien moindre : or, en dessinant à la distance de la vue distincte, on substitue au grossissement réel un grossissement apparent plus considérable, qui est souvent le double du premier. Mais ce procédé n'en est pas moins excellent pour établir une comparaison précise entre les valeurs de différents jeux de lentilles. Micrométrie à l'aide du micromètre objectif et de la chambre claire. — Nous décrirons immédiatement un procédé de mensuration des objets microscopiques, qui s'opère par la même méthode. Le micromètre objectif étant donné, la manière la plus naturelle de mesurer avec lui

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un élément anatomique (par exemple un globule du sang) serait de placer cet élément sur le micromètre, e'est-à-dire de faire la préparation en se servant du micromètre objectif comme lame porte-objet : à l'examen microscopique on verrait aussitôt combien de centièmes ou de fractions de centième de millimètre occupe tel ou tel diamètre du globule sanguin (pris comme exemple), et il serait facile de constater qu'un globule rouge de grenouille mesure, dans son grand axe, un centième et demi de millimètre, c'est-à-dire environ 15 millièmes de millimètre. (Disons, en effet, que le millième de millimètre est l'unité consacrée aujourd'hui dans les mensurations microscopiques, et qu'on le désigne, comme nous le ferons dans la suite de cet article, par la lettre grecque (x.) ' Mais on comprend que ce procédé applicable à des globules bien isolés^ comme les hématies, devient impraticable pour les tissus dont les éléments anatomiques s'enchevêtrent et se recouvrent ; de plus, l'usage d'un micromètre objectif comme porte-objet mettrait bientôt hors de service ce petit appareil. Mais supposons que l'on ait dessiné avec la chambre claire, sur un papier placé an: mv^ail :du pied d4.i microscope*.

les divisions du micromètre objectif examinées à l'aide d'une combinaison donnée d'oculaire et d'objectif. Si alors on substitue au micromètre objectif une préparation dont on veut mesurer les éléments anatomiques, on voit aussitôt ces éléments superposer leur image à celle des traits précédemment dessinés du micromètre, et comme la préparation occupe exactement la place qu'occupait le micromètre, on peut mesurer les dimensions des éléments anatomiques en question d'après le nombre de divisions que leur image occupe sur le dessin micrométrique 011 elle est projetée. Ce procédé a l'avantage de ne nécessiter à la rigueur l'emploi du micromètre objectif qu'une fois pour toutes. On peut, en effet, dessiner une série de tableaux représentant les divisions du micromètre vues avec la chambre claire, à l'aide des différentes combinaisons de grossissements que peut donner le microscope : il suffira dès lors, étant donnée une préparation dont on veut mesurer les éléments anatomiques, de mettre cette préparation au point, de placer près du pied du microscope le dessin micrométrique correspondant au grossissement employé, et enfin de coiffer le microscope de la chambre claire, de manière à

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faire tomber l'image des éléments anatomiques sur le dessin micrométrique en question.

B. Micromètre oculaire. — Il est constitué par une plaque de verre sur laquelle sont tracés des dixièmes de millimètre; cette plaque se place dans l'oculaire, en un point disposé à cet effet, et à un niveau tel^ qu'elle se trouve exactement au foyer de la lentille supérieure, ou verre oculaire proprement dit. Cette lentille grossit 10 fois; par conséquent elle montre ces dixièmes de millimètre (du micromètre oculaire) comme égaux à des millimètres.

Ce fait étant connu, rien de plus simple que de mesurer, avec ce micromètre oculaire, le grossissement du microscope et les dimensions d'un élément anatomique.

Pour mesurer le grossissement, on regarde le micromètre objectif, placé sur la platine du microscope, à travers le microscope muni du micromètre oculaire : si dans ce cas on voit, par exemple, l'image grossie de 1/100® de millimètre (du micromètre objectif) se superposer à deux divisions du micromètre oculaire, cela veut dire qu'avec l'objectif employé un centième de millimètre est vu égal à 2 milli-

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no APPAREILS ANNEXES DU MICROSCOPE.

mètres, c'est-à-dire que le grossissement est de 200 fois.

Mici'ométrie à l'aide des deux micromètres (et spécialement du micr. oculaire). — -Nous venons de voir dans quel cas, par l'emploi des deux micromètres, en est amené à dire que le grossissement est de 200 fois. On en conclut de même que tout élément anatomique qui, examiné aux lieu et place du micromètre objectif, occupera telle fraction d'une division du micromètre oculaire, aura pour mesure 1/200° de millimètre divisé par cette fraction. En effet, puisque 1/100° de millimètre du micromètre objectif correspond, avec l'objectif employé, à deux divisions du micromètre oculaire, une division de ce dernier micromètre (toujours avec le même objectif) représentera 1/200® de millimètre ; si une cellule, examinée dans une préparation, correspond par l'un de ses diamètres à la moitié d'une division du micromètre oculaire, c'est que ce diamètre est égal à 1/200*^ de millimètre divisé par 2, c'est-à-dire 1/400% c'est-à-dire environ 1^.

' D'une manière générale, pour rendre les mensurations pratiques et rapides, il suffira donc d'établir, dans un tableau, la valeur des divi-

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sions du micromètre oculaire pour chaque objectif que l'on a à sa disposition, c'est-à-dire de déterminer d'avance les longueurs que recouvre une division du micromètre oculaire au foyer des divers objectifs. Pour avoir ensuite la dimension réelle d'un objet, il n'y aura qu'à multiplier la longueur correspondante à l'objectif employé par le nombre de divisions qu'occupe rimage de l'objet. Malassez a indiqué un moyen pratique qui rend encore plus simple l'opération de mensuration : le seul inconvénient de la méthode classique, que nous venons d'indiquer, est d'obliger à faire des calculs par écrit (les longueurs pour une division de micromètre oculaire étant généralement exprimées par des nombres fractionnaires) ; de plus, comme nous l'avons dit, cette méthode nécessite un tableau de valeurs inscrites d'avance, tableau qu'on ne peut pas toujours avoir sous la main. Voici le procédé ingénieux par lequel Malassez a imaginé de remédier à ces désavantages.

« L'oculaire micrométrique étant placé dans le microscope (avec tube fermé; voy. p. 36), on regarde un micromètre objectif, et on tire en même temps et très-lentement le tube rentrant du microscope. L'oculaire s'éloignant de l'ob-

\i2 APPAREILS ANNEXES DU MICROSCOPE.

jeclif, l'image s'amplifie (p. 36), et les divisions du micromètre oculaire recouvrent un nombre de plus en plus petit de divisions du micromètre objectif. Il arrivera nécessairement un point où une division du micromètre oculaire recouvrira juste un nombre entier de divisions du micromètre objectif. — Pour apprécier très-exactement ce point, il ne faudrait pas observer une seule division du micromètre oculaire, ce qui serait s'exposer à de graves erreurs, mais, considérant l'échelle tout entière, la faire correspondre à un nombre de divisions du micromètre objectif tel, que ce nombre, divisé par le nombre de divisions de toute l'échelle micrométrique de l'oculaire, donne un nombre entier. Si, par exemple, l'échelle du micromètre oculaire est divisée en 100, si les divisions du micromètre objectif valent 10 f^., il faudra faire en sorte que toute l'échelle de l'oculaire recouvre 10, ou 20, ou 30, etc., divisions du micromètre objectif, bref un nombre rond, soit 20 divisions. Chaque division du micromètre objectif valant 10 (a, les 20 divisions vaudront 200 (J. ; les 100 divisions du micromètre oculaire correspondant à une longueur de 200 [>au foyer de l'objectif, une division de ce même

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micromètre correspondra à une longueur de 2 [A Avec 30, 40 divisions, on aurait ainsi 3,

4 !^ ; toujours des nombres entiers. — Afin de retrouver le point précis où ces coïncidences ont lieu, je trace un trait sur le tube rentrant du microscope, j'inscris au-dessus de ce trait la valeur de la division du micromètre oculaire (en chiffres arabes), et je note le numéro de l'objectif employé (en chiffres romains). Cette graduation doit être faite avec les principaux objectifs, afin d'avoir, pour une division du micromètre oculaire, un certain nombre de valeurs différentes répondant à tous les besoins de la micrométrie.

— Dès lors, rien de plus simple, ni de plus rapide que la mesure d'une longueur microscopique quelconque. Prenez un objectif convenable, tirez le tube rentrant jusqu'au niveau du trait correspondant à cet objectif; comptez le nombre de divisions du micromètre oculaire comprises dans la longueur cherchée ; multipliez ce nombre par le chiffre inscrit au-dessus du trait, et vous avez la mesure de votre longueur.

— La longueur correspond-elle, par exemple, à

5 divisions du micromètre oculaire, chacune de ces divisions valant, je suppose, 2 t^, la longueur sera de 5 fois 2 (x, c'est-à-dire de 10 i^. »

7. Appareils de polarisation: usagées du polarisateur et de l'aualyseur.

A. Appareil de polarisation. — La lumière blanche polarisée, traversant certains cristaux, certains éléments anatomiques, ou enfin certains produits organiques figurés (grains de fécule), donne lieu à des phénomènes de coloration et d'éclairage très-remarquables et qui peuvent devenir d'un grand secours pour diverses analyses microscopiques. Nous indiquerons donc rapidement la disposition des appareils à l'aide desquels on peut observer les objets dans la lumière polarisée ; ces appareils sont au nombre de deux, dont l'emploi est combiné : ce sont le polarisateur et \ analyseur .

hQ polarisateiir est un petit appareil analogue, quant à sa forme extérieure^ à un diaphragme cylindrique [votj. p. 39), et que l'on place comme ces diaphragmes au centre de la platine, toutes les fois que l'on veut faire un examen dans la lumière polarisée. Cet appareil renferme en effet un prisme de spath d'Islande [à\i prisme de Nicol) , taillé dans un rhomboèdre naturel de spath ou carbonate de chaux, matière qui jouit de la propriété de fournir deux images

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