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Pratique des coupes; rasoirs; mieroiomcs

Les tissus une fois durcis, les fragments d'organe une fois durcis et fixés (par encollage), il s'agit d'y pratiquer des coupes minces et d'une certaine étendue. On a à cet effet inventé un grand nombre d'instruments, mais on en revient toujours au simple rasoir, qui est supérieur à tous les discotomes plus ou moins compliqués, du moment qu'on a acquis l'habitude nécessaire pour le manier adroitement. Nous ne décrirons donc aucun de ces instruments, nous conten-

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tant de donner la figure du couteau de Valentin ou couteau à double lame (fig. 37). Quant aux rasoirs, il faut les choisir lourds et solides : ils sont alors mieux en main que des instruments légers, et l'on entame avec plus d'assurance les tissus.

Dans ces dernières années, on a beaucoup préconisé les rasoirs à lame évidée d'un seul côté, à lame plane du côté opposé (celui qui est appliqué sur la pièce à couper). La pratique nous a démontré que ces rasoirs plats sont sans doute excellents pour faire des coupes à main levée, mais que lorsqu'il s'agit de couper sur le plateau d'un microtome [voy. ci-après), ils deviennent absolument impraticables, parce que la lame plane adhère sur le plateau du microtome (nous verrons dans un instant que la coupe se fait sous une couche de liquide : alcool ou eau alcoolisée).

Quelques précautions sont nécessaires pour faire une bonne coupe : il faut d'abord aviver nettement l'un des points de la pièce, de façon à obtenir une surface unie, au niveau de laquelle on pratiquera les coupes ; pour obtenir celles-ci aussi minces et aussi uniformes que possible, on mouille légèrement d'eau ou de gly-

180 MANIPULATIONS IIISTOLOGIIjUES.

cérine la surface avivée ; on dépose également quelques gouttes d'eau ou de glycérine sur la surface supérieure de la lame du rasoir. Le mieux encore est de se servir d'alcool : ayant à cet effet un petit cristallisoir plein d'alcool, on y plonge le rasoir, on le retire bien mouillé de ce liquide (l'eau ne le mouillerait pas dans ces circonstances), et on l'engage hardiment dans la pièce durcie aussi près que possible de la surface avivée et parallèlement à elle, Le liquide placé sur le rasoir fait que la coupe glisse facilement sur lui, sans se plisser ni se briser, à mesure que l'instrument tranchant avance; et^ s'il est dirigé d'une main sûre, sans temps d'arrêt ni reprise, on arrive, avec un peu d'habitude, à détacher des lamelles assez étendues, d'une

FiG. 37. — COU- .

teau de Va- miuccur Suffisante et uniforme.

entin. Lorsqu'on débute dans ces études,

il n'y a souvent que l'un des bords de la coupe

qui soit suffisamment mince pour se prêter à

l'observation avec de forts grossissements.

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Mais lorsqu'il est essentiel d'obtenir des coupes étendues et parfaitement uniformes, comme par exemple pour l'étude de la moelle épinière dans son ensemble, il est à peu près impossible d'arriver à ce résultat en tenant simplement, comme précédemment, la pièce durcie entre l'index et le pouce de la main gauche\ Pour quelques organes peu épais, comme la peau ou la muqueuse intestinale, on obtient déjà de bons résultats en plaçant ces parties entre deux fragments de moelle de sureau et en coupant le tout ; le coup de rasoir a ainsi plus de sûreté, et comme on coupe une masse relativement considérable, dont le tissu à étudier ne forme qu'une faible partie, si la coupe est mince, elle le sera assez uniformément dans l'étendue de la pièce histologique. Mais, pour la moelle épinière, il faut avoir recours à des appareils qui permettent de régler d'une manière presque mathématique l'épaisseur que l'on veut donner à la coupe, et d'obtenir cette épaisseur d'une manière parfaitement uniforme. De même dans les études d'embryologie, il est souvent nécessaire de débiter une région du corps de l'embryon en une série de coupes qu'on numérote et sur lesquelles on peut alors poursuivre l'étude d'un organe sur toute

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son étendue et en déterminer les connexions. Les appareils qui permettent d'obtenir ces coupes étendues, d'une épaisseur régulière, et de les pratiquer sucessivement en séries non interrompues, portent le nom de microtomes. L'un

FiG. 38.

Microtome *.

des premiers appareils de ce genre a été la machine de Topping, formée d'une sorte de petite table portant un trou pour recevoir les tiges

(*) A, Ensemble de l'instrument. — t, Plate-forme. — v, Vis micromé lique — 0, Calibre du microtome, dans lequel se place la préparations. — B, Moelle ép ière (m;, placée dans un fragment de sureau (s). (D'après RÀNvisn, Notes à la traduction de l'histologie de H. Frey, 1871, p. 712.)

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végétales que ron voulait couper ; à l'aide d'une

FiG. 39. — Microtome ou manchon à coupe (disposition Hayem).

* M, Tube principal recevant d'une part l'objet 0 contenu dans une gaîne de cuivre C, et recouvert d'autre part par le tube B, que termine un plateau. Ce tube B se meut à pas de vis sur le manchon M. — D^ Bouton venant immobiliser la gaîne C en passant au travers du tube principal M, qui devient l'âme principale de l'instrument. Si, après avoir sectionné l'objet au niveau du plateau A, on tourne celui-ci de droite à gauche, sa surface descend au-dessous de celle de l'objet, de sorte qu'on peut pratiquer une nouvelle section en faisant glisser le rasoir sur le plateau. Du reste, une division tracée sur l'extrémité inférieure du tube B indique le degré de rotation imprimée au plateau, et, par suite, permet de graduer la quantité dont on fait descendre celui-ci au-dessous de la surface de l'objet, ou, en d'autres termes, l'épaisseur que l'on veut donner à la coupe. L'objet, soutenu dans sa gaîne par le piston P, doit être remonté un peu de temps en temps pour permettre de faire plusieurs coupes en ne faisant mouvoir que le plateau, commit nous l'avons indiqué précédemment. Enfin le plateau est garni d'une rondelle de verre qui facilite le glissement du rasoir et ne permet pas son ébréchage (Voy. pag. 188 et 189),

vis on réglait la hauteur de la tige, et, avec un rasoir, on enlevait la partie plus ou moins épaisse que l'on avait laissée dépasser, selon la minceur qu'on avait voulu donner à la coupe. Follin a disposé un appareil semblable, et Luys, pour ses grandes coupes de la masse encéphalique, a construit une table de ce genre, avec laquelle il a obtenu de bons résultats. Nachet construit de petites tables de ce genre, sur lesquelles on fait mouvoir comme un rabot une lame de rasoir à face inférieure parfaitement plane.

Pour notre part, quelle que soit l'étendue des coupes à obtenir, nous ne saurions approuver aucun des appareils dans lesquels le rasoir est fixé dans le plan qu'il doit parcourir : sans doute ces mécanismes ingénieux (1) donnent à la manœuvre plus de précision que n'en obtient sans artifice une main inexpérimentée ; mais avec un peu d'habitude on arrive à acquérir cette précision de mouvement. Or, les mécanismes qui fixent le rasoir dans un certain plan ont un double inconvénient :

1° Si la coupe est d'une certaine étendue, il

(l)Voy. l'appareil de Servel de Montpellier in Arch. de Phy- ^ioL, 1874.

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