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CHAPITRE III

Particularités anatomiques et développement des monstres parasites. — Ces monstres représentent des produits de conception encore plus imparfaits que les anidiens. Ce sont des êtres informes, absolument méconnaissables, sortes de bourses cutanées plus ou moins couvertes de poils, ne renfermant aucun viscère distinct ; remplies tantôt de sérosité, tantôt d'un mélange sans ordre d'os, de dents, de muscles et de poils.

Ces formations fœtales aberrantes sont connues des accoucheurs sous le nom de môles. Elles sont fixées directement à la muqueuse utérine par un placenta méconnaissable, vivant ainsi en parasites aux dépens de la mère, d'une vie obscure et végétative.

Les môles se produisent sans doute à la suite d'une perturbation dans le développement du blastoderme, perturbation telle, que les organes et appareils ne sont même pas ébauchés, et que l'évolution se réduit au développement incoordonné de quelques tissus.

La famille unique appartenant à cet ordre est celle des Zoomyliens, qui ne comprend elle-même que le genre zoomyle (fig. 208).

A propos de la classification des Parasites. —

M. Lavocat, en 1866, a déjà proposé de réunir dans une même famille les genres anicles et zoomyles, demandant ainsi la suppression de l'ordre des parasites.

Pour lui, les môles ou zoomyles ne sont qu'un degré inférieur desanides, auxquels ils resemblent beaucoup, représentant comme eux des embryons avortés.

Il ne croit pas qu'il y ait lieu de considérer, comme caractère distinctif ayant une grande valeur, la présence ou l'absence d'un cordon ombilical plus ou moins court. .

M. Dareste ne se prononce pas catégoriquement à leur sujet, et se contente de dire qu'il suppose seulement qu'un certain nombre de parasites doivent être rattachés aux monstres omphalosites.

D'après les nombreux documents que nous avons consultés, il nous semble que cette classe doit être conservée, car si, anatomiquement, il y a plus de différence entre un anidien et un mylacéphale, qu'entre un anidien et un zpomyle, la présence du cordon ombilical, chez l'anide, permet l'établissement de rela-

Fig. 208. — Monstre zoomylien.

Zoomyle.

ZOOMYLIEXS 411

liions qui sont bien différentes de celles qu'afTecte le zoomyle.

Tandis que l'un, par son cordon, est en relation avec ILn frère jumeau, l'autre, implanté sur le placenta ou sur .des organes de la mère, n'a de rapports qu'avec elle et m'est pas fatalement un produit de grossesse gémellaire.

Nous terminerons en disant que les môles, contrai- ; rrement aux anides, sont communes chez la femme et qu'elles peuvent se développer dans l'utérus, dans les trompes, dans un ovaire ou dans la cavité abdominale, jce qui est plus rare.

Il importe de ne pas prendre pour môles les monstruosités par inclusion et les kystes dermoïdes que ll'on peut rencontrer, non seulement dans l'ovaire et dans le testicule, mais encore sous la peau, dans la îrégion parotidienne, etc.

La paroi interne de ces kystes dermoïdes est tapissée rpar un tégument revêtu de poils fins, sécrétant une abondante matière sébacée, et parfois même donnant mplantation à une ou plusieurs dents.

Ces kystes résultent simplement du développement iuétérotopique de certains tissus et organes.

Nous devons ajouter que le nom de môle n'est pas seulement employé pour désigner les monstres zoomylliens, mais pour qualifier aussi un grand nombre de ['productions très dissemblables, venant de la matrice, léelles que les moles liydatiques, par exemple.

Nous nous contenterons de donner ici un spécimen dd'une production de cette nature (fig. 209), laissant aux ^accoucheurs le soin d'en faire l'étude.

Fia. 209. — Môle hydatique.

Cette masse, du poids de 2 livres 9 onces (1,280 grammes), a conserve la forme de l'utérus où elle était renfermée. La môle, ouverte sur une portion de sa longueur, laisse échapper une certaine quantité des vésicules hydatiuues qu'elle contient. Sur la coupe de la tumeur on distingue deux couches membraneuses : la première a, a, a, membrane externe utérine analogue à l'èpichorion ou decidua; la deuxième, b, b, h, membrane fine, transparente, qui paraît être un débris du chorion ; c, c, c, vésicules granuleuses ; d, d, d, vaisseaux blancs, dont quelques-uns viennent s'ouvrir à la surface sous forme de bourgeons, et d'autres servent de pédicules aux globules qui les terminent; <?, e, e, vésicules oblongues qui semblent être des vaisseaux déprimés ou dilatés: f, f, f, vèsiculesà bourgeons (M- Boivin.)

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