ANOMALIES NUMÉRIQUES DES VERTÈBRES
particulièrement chez le cheval. Mais c'est à coup sûr la région coccygienne qui est la plus remarquable à ce point de vue, car, chez les animaux d'abord, un certain nombre de vertèbres caudales peuvent manquer, tandis que chez l'homme, au contraire, on peut voir naître un prolongement du coccyx, qui se transforme en une véritable queue.
L'absence de queue ou de vertèbres caudales chez les animaux, a été observée chez le veau, le mouton, le chat et le chien ; c'est une anomalie souvent héréditaire, chez le chien particulièrement, mais qui n'est pas, comme on pourrait le penser, le résultat d'une modification imprimée à l'organisme par une série de mutilations portant sur l'organe. — Cette variation s'est montrée spontanément, dans des races de chiens où il n'est pas habituel de pratiquer l'amputation de la queue, et elle s'est transmise ensuite héréditairement, devenant un caractère souvent recherché, comme pour les chiens de berger d'Auvergne par exemple. — Une chienne d'expérience, que nous avons conservée longtemps, avait une queue très courte mais non mutilée ; sur une portée de six petits qu'elle mit bas dans notre chenil, il y en avait cinq qui étaient courte-queue.
L'existence d'un prolongement caudal, qui constitue l'état normal chez les animaux, est une anomalie chez l'homme. Disons d'abord que, comme l'a démontré Broca, tous les hommes, sans exception, possèdent une queue qui est représentée parles deux vertèbres sacrées et le coccyx; mais c'est une queue rudimentaire qui, extraordinairement, peut, par augmentation du nombre des pièces, s'allonger et faire saillie au dehors. — D'ailleurs, l'embryon humain présente une phase durant
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laquelle il est pourvu d'un appendice caudal analogue à celui des mammifères et des reptiles; cette queue peut disparaître par régression, mais elle peut aussi persister et s'accroître.
Nous n'aborderons pas la question de l'existence, douteuse à la vérité, de peuplades à queue, c'est du ressort de l'anthropologie, mais nous rappellerons qu'on
Fia. 22. — Appendice caudal, observé chez un enfant, à la clinique de Gosselin.
a rencontré des individus pourvus d'appendice coccygien, dont la longueur, variant entre 10 et 20 millimètres, a souvent atteint 9 à 10 centimètres (flg. 22).
Lissner a, sur cette malformation, recueilli la très intéressante observation quevoici : — Ilassista, en 1872, à la naissance d'une petite fille qui présentait une queue des plus nettes; c'était un prolongement du rachis, dont la peau, plus mince du côté tourné vers l'anus, permettait de sentir manifestement quelques os disposés comme les phalanges dans les doigts A la fin de 1SS4, il revit