ANOMALIES DES CORNES CHEZ LES ANIMAUX
statée parfois spontanément, chez le bœuf en particulier, constitue une anomalie qui, se transmettant héréditairement, est devenue l'origine de races désarmées (fig. 44 et 45).
Fia. 44. — Taureau sans corne Fig. 45. — Partie supérieure
(Paraguay) (M. Cornevin). d'un crâne de bœuf dé-
sarmé (M. Cornevin).
Àzara rapporte qu'en 1770 un taureau sans cornes naquit au Paraguay et devint la souche d'une race présentant ce caractère. — Le même fait a été constaté en 1875, en Sicile, et c'est aussi à une cause tératolologique que M. Cornevin1 attribue la formation de la race sans corne, dite race à'Angus.
Cornes mobiles. — Les cornes mobiles s'observent quelquefois; Hering'parle d'une vache des Indes Orientales dont les supports cornés étaient simplement atta-
1 Cornevin, Traité de Zootechnie générale, Paris, 1891.
chés au crâne par du tissu cellulaire, il s'ensuivait que les cornes, manquant de fixité, bougeaient avec la tête.
Cornes supplémentaires. — Si chez les bovins les cornes font quelquefois défaut ou manquent de fixité,
elles peuvent prendre aussi un développement exagéré ou exister en plus grand nombre. Le bœuf franqueiro du Brésil, a des appendices cornés dont les dimensions
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-sont extraordinaires; l'étui d'une seule corne pèse j3 kilogrammes (fig. 46).
Goubaux a vu, sur une génisse de quinze mois, en plus des cornes normales, deux autres cornes aussi longues, dirigées en avant et provenant d'une saillie située là la hauteur des veux,
Fig. 47. — Tète de mouton barbarin à quatre cornes (Cornevin).
Dans les espèces du mouton et de la chèvre, il n'est pas rare de voir les cornes frontales dépasser le nombre de deux et arrivera quatre (fig. 47), quelquefois à six. Ce sont des anomalies fréquentes, mais qui, de l'avis même de M. Cornevin, ne se transmettent pas
a assez fidèlement dans un même groupe, pour constituer des races spéciales.
Corne en calebasse. — Enfin, nous devons à l'obli-
. geance de M. le professeur Cornevin, de pouvoir montrer à nos lecteurs une figure représentant une singulière déformation de la corne, observée sur un bœuf de
l'Amérique du Sud (fig. 48). Dans la note qu'il a publiée à ce sujet, M. Cornevin indique que le renflement en
Fio. 48. — Déformation d'une corne par un renflement eu forme de calebasse (d'après le professeur Cornevin).
forme de calebasse, présenté par cette corne, est cons titué par un tissu corné de 3 millimètres d'épaisseur que ce renflement est complètement vide et communique avec l'autre portion de l'étui par une ouverture évasée.