INTRODUCTION
Parmi les sciences biologiques ayant des rapports assez étroits avec les sciences médicales, la tératologie est une des plus négligées et des moins connues. Le naturaliste s'intéresse presque exclusivement aux anomalies prêtant à des généralisations ou donnant la clef de relations intéressantes entre la série des êtres qu'il étudie. Le médecin, le chirurgien, le vétérinaire ne connaissent que les anomalies et les monstruosités les plus communes, celles contre lesquelles ils ont à lutter au moment d'un accouchement ou qui sont justiciables d'une opération chirurgicale palliative.
Quand un praticien rencontre un monstre, il est parfois embarrassé sur la place qu'il doit lui donner dans la série et ordinairement il ne l'étudié pas lui-même. D'ailleurs, aujourd'hui encore, les études des monstres sont souvent très superficielles et purement descriptives des formes et des caractères extérieurs ; je dis souvent et non toujours, car on trouve de temps en temps quelques
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bonnes dissections et descriptions anatomiques de monstres simples ou doubles. Je n'ai pas besoin d'insister pour faire comprendre que ce sont ces derniers travaux qui seuls ont un réel intérêt et que devront poursuivre ceux qui voudront faire de la tératologie.
Depuis longtemps, cette science figure dans les programmes d'enseignement des éeoles vétérinaires et se professe tous les ans d'une façon assez complète. Avant que ce cours ait été ajouté au programme de la cbaire d'anatomie, j'en ai eu la charge, pendant deux ans, par suppléance de mon maître M. le professeur Arloing. C'est ce qui m'a amené k m'y intéresser et à accumuler pas mal de matériaux et d'éléments de travail.
Je n'aurais pourtant pas songé k publier un livre sur le sujet, si déjà mon cours n'avait pas été recueilli et autographié par les élèves qui le suivaient. De ces leçons autographiées, il ne reste cependant pas grand'chose, car j'ai complètement remanié et complété mon oadre qui se trouve édifié sur un plan très différent.
Si j'ai embrassé le domaine entier de la tératologie et n'ai pas limité mon étude aux animaux, c'est que la chose est impossible; je ne pouvais le faire sans enlever k mon sujet une grande partie de l'intérêt qu'il présente. Parmi les monstres connus, il est des genres qui semblent particuliers k une espèce k l'exclusion des autres ; pour avoir la série complète des monstruosités, on est donc fatalement dans l'obligation de les rechercher dans toutes les espèces, sans négliger l'espèce humaine.
J'ai intitulé ce livre Précis et je me suis astreint