ATROPHIE ET ABSENCE DU GLOBE OCULAIRE
pourvues de paupières, dont la fente seule était un peu plus étroite qu'à l'état normal; ces cavités étaient absolument vides et ne présentaient pas le moindre vestige de globe oculaire.
Ce cobaye, mort l'hiver dernier, a été disséqué avec un soin minutieux ; mais, pas plus dans la cavité crânienne qu'à l'extérieur, il n'y avait trace de nerfs optiques. La fossette optique était à peine indiquée et le trou optique n'existait pas. Comme dans le cas du Dr Laforgue, nous avons parfaitement constaté une atrophie manifeste des tubercules quadrijumeaux antérieurs, et en comparant le cerveau avec ceux d'individus normaux, de même poids, il nous a semblé que les lobes postérieurs avaient un volume un peu inférieur.
Le fait le plus intéressant de cette observation est que ce cobaye, isolé avec des femelles, a donné de nombreux produits, parmi lesquels se sont trouvés six petits qui, comme le père, étaient atteints d'anopbtalmos avec absence complète des deux yeux.
Dans le cours des expériences de tératogénie qu'il a faites, M.Darestea rencontré, particulièrement sur des embryons monstrueux, exencêphaliens ou cyclocèphaliens, un arrêt de développement différent do ceux que nous venons d'étudier. L'œil était réduit à la vésicule optique secondaire et paraissait remplacé par une simple tache de pigment. Cette anomalie qui a été vue également sur des embryons d'ailleurs normaux, s'explique par un défaut de production des éléments cutanés, qui doivent pénétrer dans la vésicule optique secondaire pour former le cristallin et le corps vitré.
M. Desfosses a démontré que cette conformation des organes de la vue est normale che;: le Protée.
Déviations de l'œil. — Nous citerons pour mémoire seulement les déviations congénitales du globe oculaire, qui constituent le strabisme, anomalie dont l'étude est mieux placée dans les ouvrages d'ophtalmologie.
Anomalies de l'iris et de la pupille. — Les principales anomalies de l'iris sont :
1° L'absence congénitale de ce diaphragme ou iridérêmie ; elle est accompagnée d'un aspect caractéristique de l'œil, dont l'ouverture pupillaire occupe toute l'étendue de la cornée, ce qui le fait paraître d'un noir foncé.
2° L'arrêt de développement partiel ou coloboma ; anomalie plus fréquente, siégeant habituellement k la partie inféro-interne de la pupille, où elle se présente sous la forme d'une fente qui va de l'insertion de l'iris à l'ouverture pupillaire. La partie de l'iris où existe cette fissure correspond au point où se voit, chez l'embryon, la fente choroidienne. Normalement, l'iris n'apparaît qu'après la soudure complète de cette fente et se montre, dès le début, sous la forme d'un cercle entier. 11 suffit de concevoir une persistance de la fente dont nous'venons de parler, pour comprendre comment l'iris qui provient d'un développement en avant de la couche choroidienne, pourra, à ce niveau, présenter une perte de substance et la fissure caractéristique du coloboma.
3° Des lacunes partielles, qui peuvent se produire dans le tissu même de l'iris et aboutissent à la formation de plusieurs pupilles ; c'est ce que l'on désigne sous le nom depolycorie (flg. 89).
4° L' imperforation congénitale connue sous le nom de synizezis. Elle a pour cause une persistance