DE LA TEMPÉRATURE DANS LA CONVALESCENCE
Nous terminerons ce chapitre en disant quelques mots sur la température pendant la convalescence.
On peut dans la convalescence trouver la température à un degré inférieur, normal, ou supérieur.
Lorsque la convalescence est complète, parfaite, la température oscille à peine entre les limites normales.
La température ne retourne pas toujours au degré physiologique immédiatement après la défervescence ; dans quelques cas elle se maintient, pour un certain temps, à
1 Jaccoud, Traité de pathologie interne, t. 1er. — Paris, 1869.
2 Jaccoud, Op. cit.
un niveau supérieur (O0,-*) à 1°), qui souvent est entretenu par la résolution incomplète de la maladie ou par des accidents concomitants, comme cela s’observe dans la fièvre typhoïde. Lorsque la maladie a été longue et que le malade a été soumis à une diète sévère, la température est inférieure à la normale pendant les premiers jours de la convalescence, puis elle s’élève au niveau physiologique. Quel que soit le degré qu’elle ait atteint, la température ne revient ordinairement au niveau physiologique qu’après avoir passé par quelques oscillations.
On qualifie la convalescence de régulière, lorsque, pendant son cours, la température se maintient dans les limites normales ; et on la dit irrégulière, lorsqu’il y a soit abaissement soit élévation au delà de ces limites.
Pendant le cours de la convalescence il peut survenir des hausses thermométriques quelquefois considérables, de 3° et plus, lesquelles sont éphémères, et, dans ce cas, sont sans importance, ou bien sont persistantes, et alors peuvent être des signes de récidive ou de complication.
Il peut se produire dans la convalescence une notable élévation de température après la première ingestion de nourriture animale ; il y a alors une fièvre, qui a été désignée cous le nom de febris carnis , laquelle disparaît le jour suivant, si l’estomac se trouve déjà en état de digérer les aliments de cette espèce.
Enfin, nous noterons que dans la convalescence la température a une grande prédisposition à se déranger sous l'influence de causes légères, qui seraient insignifiantes dans l’état de santé, telles que écarts de régime, fatigues physiques et intellectuelles, etc. Ordinairement cette hausse de chaleur ne dure pas plus d’un ou deux jours, et dans ce cas elle ne doit inspirer aucune crainte, mais, si elle persistait plus longtemps, elle pourrait annoncer quelque complication ou une récidive.