EFFETS DES MERCURIAUX SUR LA TEMPÉRATURE
Ces médicaments jouissent d'une grande réputation contre les inflammations des séreuses; mais ont-ils une action directe sur la température? C'est une question qui, vu la divergence des opinions, paraît être encore sans solution.
Dans les fièvres typhoïdes les préparations mercurielles ont été employées dans le but de diminuer l’état fébrile. Les drs. Traube et Thierfelder sont d’avis que le calomel agit favorablement dans le traitement de la lièvre typhoïde, mais que son action n'est pas immédiate, qu’elle s'effectue d’abord sur le cours de la maladie. L’effet bienfaisant du calomel se serait produit dans ces circonstances: 1 °, quand on l'emploie dès le début de la maladie; 2.°, quand il n’y a pas de diarrhée; 3.°, Quand on l'administre à h dose de 23 à 30 centigrammes en 21 heures et en deux doses.
Le docteur Schulzemberger est aussi d'opinion que le calomel est utile dans la fièvre typhoïde, quand on l'administre dès le premier septeuaire. Voici les résultats notés dans 30 cas :
Dans 15 — les malades ont succombé » 49 — le médicament n’a produit aucun effet
Dans 13 — le résultat a été douteux » 12 — le résultat a été franchement favorable
D’où l’on doit déduire que la mortalité a été de 1 : 3,93 ou de 25,4 pour cent, et qu’on a tiré profit du calomel dans 20,3 pour cent des cas.
Pour montrer l'influence du calomel sur la température, nous allons présenter l'observation suivante de péritonite aiguë, extraite de notre registre termo-sphygmo-pnéométrique.
ca
De 9 à 10 heures du malin
De 4 à 5 lieuses du soir
CO
pO
| Pouls
Respiration
Température
Pouls
| Respiration
Traitement
1er,
(1er.) Onctions abdominales avec la pommade de belladone et mercurielle; cataplasme de farine de lin
(2.®) Idem, et 60 centigrammes de calomel intérieurement
(3.e) Idem, et 120 centigr. de calomel
(4.e) I lem
(5 e) Idem
(6e) Rien intérieurement
(7.®) Idem
(8.®) Idem
Ce malade a pris en quatre jours 4 grammes et 20 centigrammes de calomel; en outre, des frictions ont été faites avec la pommade mercurielle mêlée avec la belladone. Jamais il ne s'est manifeslé de ptyalisme, mais il y a eu de la diarrhée au 5. e jour de l’observation. La température s'est peu modifiée; le jour qui a suivi l'administra lion du calo-
mel, elle s’est abaissée de quatre dixièmes à peine, et les jours suivants la différence a encore été moindre. Les urines, qui. les trois premiers jours, étaient très-chargées, sédimenteuses, sont devenues ensuite limpides. Voici la densité qu'elles unt présenté successivement .
de l’observation
Densité de l’urine
ce
Le malade, auquel se rapporte cette observation, était un homme de 24 ans, tempérament mixte, constitution faible, stature régulière, marin.