II
Dans le Nord , où la neige tombe en abondance et séjourne longtemps sur les toits, on doit tenir ceux-ci plus élevés que dans les pays qui ne sont point sujets à ces inconvénients.
Les combles couverts en tuile doivent aussi être moins plats que ceux qui sont couverts en ardoise, à moins que ce ne soit des tuiles creuses. Quoi qu'il en soit, on ne peut donner aux combles ni plus d'un tiers , ni moins d'un sixième d'élévation.
C'est aux fausses idées de beauté et de décoration qui se sont c J!£ u q Voni introduites dans l'architecture, à ces idées-la seules que I on 'ïA u£ doit les combles énormes , à la construction desquels on n'a b * u " sacrifié de si grosses sommes que pour hâter la ruine des édifices qu'ils couvrent, et pour affliger l'œil qui les considère. C'est encore à ces mêmes idées que l'on doit cette ridicule espèce de combles dont la partie supérieure est presque aussi plate qu'une terrasse, et la partie inférieure presque aussi roide qu'un mur; espèce qui, toute désagréable qu'elle est , n'en a pas moins contribué à immortaliser Mansard.
Lorsqu'un édifice est très-large, et que le comble en deviendrait trop haut, on divise celui-ci en deux, en trois et même en plus grand nombre de combles qui n'ont plus alors que la moitié, le tiers de la hauteur qu'aurait eue lé premier, etc.
Les combles se font soit en charpente ou en menuiserie, soit en briques ou en pierres.
Les combles en charpente s'exécutent par travées ainsi que comUn«o les planchers. Ces travées sont portées par des fermes composées A * rpem * . chacune de deux arbalétriers disposés suivant le rampant du p«r comble; d'un entrait, dans lequel ils s'assemblent par le bas, et *» qui prévient leur écartement; d'un entrait retroussé, assemblé f Ju!U| ,u £ 1 dans les arbalétriers, et qui, placé dans un sens parallèle au «"""p*** 1 - I. 7
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premier, les empêche de ployer; d'un poinçon assemblé de même dans les arbalétriers , et qui s'oppose à ce que l'entrait retroussé fléchisse ; (Vaisseliers, qui fortifient l'entrait retroussé ; enfin, de contre-fiches assemblées dans les poinçons pour roidir les arbalétriers. Ces fermes sont réunies par un faite assemblé dans le haut des poinçons, et par un sous-falte, qui entre par assemblage dans les entraits retroussés.
Les fermes ainsi disposés et placées comme les poutres ou principales pièces des planchers, sur les chaînes verticales ou sonliens engagés, on met sur les arbalétriers un ou plusieurs cours de pannes soutenues par des tasseaux et par des chantignoles; et sur ces pannes, on place les chevrons qui, à leur extrémité inférieure, s'assemblent dans une plate-forme posée sur l^haut du mur, et à leur extrémité supérieure portent sur le faite.
Quand les combles forment des croupes, on met aux angles et au milieu de ces croupes , des demi-fermes ' celles des angles se nomment demi- fermes à' arêtier (10).
combi« ru Les combles en menuiserie, inventés par Philibert de Lorme, Um ont de grands avantages sur les combles en charpente; et si
»fnufti. l'usage n'en est pas devenu universel, on ne doit s'en prendre qu'à la routine. Us chargent bien moins les édifices, n'ayant besoin ni d'entrait, ni de toutes les pièces qui embarrassent l'intérieur d'un comble, ce qui est un grand objet d'économie. Us procurent aux greniers ou aux étages supérieurs des édifices le plus grand espace qui soit passible, espace dont on peut profiter, soit pour donner plus de hauteur à l'étage inférieur, soit pour faire des logements que l'on ne pourrait pratiquer dans un comble en charpente. Ces combles , qui intérieurement ont la forme d'une voûte, mais qui n'ont point de poussée, offrent un autre mérite, celui d'embrasser, par leur étendue, des espaces considérables.
Cette espèce de comble est formée par des fermes espacées d'environ un mètre. Chaque ferme est composée de deux rangs de planches de 97 à 129 cent. (3 à 4 pieds) de long, appliquées Tune contre l'autre , en liaison, c'est-à-dire de manière que l'extrémité de l'une se trouve au milieu de l'autre. Ces fermes sont reliées ensemble par des liernes dans lesquelles on met des chevilles qui serrent exactement les planches entre elles.
Les combles en brique , outre les avantages qui leur sont communs avec les combles en menuiserie, ont cehii de n'être pas sujets aux incendies (1 1).
Au lieu de combles, on termine quelquefois les édifices par les terrasses : l'objet des terrasses est de procurer la facilité de se promener sur les édifices, d'y jouir de la vue des environs et d'y respirer la fraîcheur.
Les terrasses ainsi que les combles ont une inclinaison propre à faire écouler les eaux; mais cette inclinaison est bien moindre : et par cette raison, la construction des terrasses exige plus de soin que celle des combles en brique ou en pierre, surtout dans les pays septentrionaux (12).
Nous ne nous étendrons pas davantage sur la manière d'employer les divers matériaux à la construction des éléments des édifices; ce que nous avons dit sur cette matière, non-seulement suffit pour en donner une idée générale à ceux qui étudient l'architecture, pour leur faire voir la liaison intime qui doit naturellement avoir lieu entre tous les éléments des édifices, depuis la partie la plus basse des fondations jusqu'au sommet des combles, et pour prévenir de leur part ces fautes grossières que l'on ne remarque que trop dans les projets où l'on s'occupe exclusivement de décoration, mais eqjpre fait voir que l'application, si, par ce mot, on entend autre