DES PRINCIPALES PARTIES DES VILLES. 20 III‘ PART
de la mère des dieux ; celui d'Éacus; le Léocorion, temple construit en l'honneur de ces filles de Léos qui se sacrifièrent pour éloigner la peste ; le palais où s’assemblait le sénat; la rotonde entourée d'arbres, où les Prytanes en exercice venaient tous les jours prendre leur repas, et quelquefois offrir des sacrifices pour la prospérité du peuple; le tribunal du premier des Archontes, placé au milieu de dix statues qui donnerent leurs noms aux dix tribus d'Athènes; l'enceinte destinée aux assemblées du peuple ; le camp des Scythes que la république entretenait pour le maintien de l’ordre ; enfin les différents marchés où l’on trouvait les provisions nécessaires à la subsistance d’un grand peuple.
Dans la place publique d’Halicarnasse, construite par Mausole, roi de Carie, et dont.le terrain en pente se prolongeait jusqu'à la mer, on voyait d'un côté le palais du roi, de l’autre le temple de Vénus, et celui de Mercure situé auprès de la fontaine Salmacis; sur le devant, les divers marchés publics qui s'étendaient le long du rivage : au fond, la vue se portait sur la citadelle et sur le temple de Mars, d’où s'élevait une statue colossale ; au centre de la place, ses regards se fixaient sur le tombeau de Mausole, en forme de pyramide, couronné sur un char et décoré sur toutes ses faces par les chefs-d'œuvre des Briaxis, des Scopas, des Léocharès, des Timothée, et des Pythias. : |
Dans la plupart des places publiques de la Grèce, audevant de superbes édifices, on trouvait de magnifiques portiques dont les murs étaient couverts d'inscriptions, de tableaux, de statues et de bas-reliefs de la main des plus célébres artistes. Dans l’un des portiques d'Athènes, appelé Pæœcile, les murs étaient chargés de boucliers enlevés aux Lacédémoniens et aux autres peuples : la prise de Troie, les secours que les Athéniens donnérent aux Héraclides, la
SECTION
I° PART. 90 gr Al | 1” SscTioN, bataille qu'ils livrerent aux Lacédémoniens à OEnoa, anx | Perses à Marathon, aux Amazones dans Athènes, tous ces évenements y étaient représentés par Polygnote, Micon, Panenus, et plusieurs autres peintres célèbres.
La place d'Athènes et plusieurs autres étaient embellies par l’ombrage d’une forêt de platanes sous lesquels on trouvait répandue une foule d'autels, de statues décernées à des rois ou à des particuliers qui avaient bien mérité de la république, de cippes, et de colonnes sur lesquelles étaient gravées les principales lois de l'état.
Rien n'était plus magnifique que le Forum ou marché de Trajan, bâti par Apollodore de Damas. Au rapport de Pausanias, d'Aulu-Gelle, d’Ammien, on y voyait des édifices d'une grandeur et d’une magnificence étonnante; une basilique dans laquelle les consuls donnaient audience au peuple, un temple superbe en l'honneur de Trajan, une bibliothèque entourée d'un péristyle dans lequel tous les gens de lettres célebres avaient des statues de bronze, des arcs de triomphe, de magnifiques fontaines, des rues entières ornées de statues, enfin la belle colonne élevée après la victoire que Trajan remporta sur les Daces.
Si l'on voulait décrire quelques -unes de nos places modernes, on pourrait le faire non-seulement d'une maniere moins vague, mais même de la manière la plus complète et la plus détaillée, puisque nous les avons sous les yeux. S'il s'agissait, par exemple, de faire la description de la place Vendôme, on pourrait s'exprimer ainsi: Cette place, faite sous le règne de Louis XIV, époque à laquelle tous les arts éclipsés depuis vingt siècles avaient enfin repris le degré de splendeur dont ils brillaient sous Auguste, cette place offre dans son plan un parallélogramme de tant de toises de long sur tant de large; les anglles de ce parallélogramme sont