‹ Précis des leçons d'architecture données à l'École royale polytechnique (volume 2)Chapitre 6 sur 65 · DES ABORDS DES VILLES · texte numérisé non relu

DES ABORDS DES VILLES

Comment faudrait-il décorer les avenues des villes? On pourrait faire cette question aux élèves pour les

II1° PART

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éprouver; la réponse serait bien simple : si les villes étaient disposées convenablement, si les édifices qui ne doivent point être renfermés dans leur enceinte, tels que les hôpitaux, les sépultures, etc., étaient relégués hors de leurs murailles , ces édifices, aperçus à travers une ou deux rangées d'arbres plantés de chaque côté des routes pour défendre les voyageurs contre l'ardeur du soleil, soit qu'ils se dessinassent sur le ciel, soit qu'ils le fissent sur des bois ou sur des montagnes, offriraient tout naturellement les tableaux les plus variés, les plus magnifiques, les plus intéressants. La meilleure maniere de décorer les abords des villes, ainsi que tous les édifices possibles, est donc de ne point s'occuper de leur décoration, et de n'avoir en vue que la convenance de leur disposition.

C'est en effet à ce systeme qu'Athenes, Rome, Palmyre, Sicyone, Pouzzole, Taorminum, etc., étaient redevables de la magnificence de leurs abords; c'était de cette multitude de monuments intéressants, répandus parmi des arbres, que le Céramique et la voie Appienne empruntaient toute leur noblesse et tous leurs charmes; c'est d’une semblable disposition que naissent les sensations délicieuses que l’on éprouve encore dans ces lieux du royaume de Naples, appelés Champs Élysées, et qui sont situés sur les bords du lac Achéron.

Il ne serait rien moins que nécessaire pour la beauté d'une route que les monuments funéraires répandus sur ses bords fussent aussi colossaux que les pyramides d'Égypte, ni aussi pompeux que les tombeaux d'Adrien, d'Auguste, et de Septime-Sévère. On ne peut à la vérité se défendre d'un sentiment d’admiration à l'aspect de ces étonnantes productions de la patience et de l'industrie humaine; mais lorsqu'on vient à réfléchir sur l’insignifiance de ces monuments, sur leur inutilité, sur le nombre d’édifices utiles que l’on

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