DES ENTRÉES DES VILLES
Comment faudrait-il décorer les entrées des villes ? Pour faire passer à la postérité le souvenir de leurs victoires, les Romains élevèrent des arcs de triomphe. Leur exemple a été suivi par la plupart des nations de l'Europe. Si, au lieu de placer ces monuments dans l'intérieur des villes, on les plaçait à leur entrée où ils seraient plus en vue que partout ailleurs, sans dépenser quoi que ce soit, ces entrées se trouveraient naturellement décorées de la maniere la plus imposante et la plus noble.
Un arc de triomphe peut n’avoir qu’une seule ouverture, comme ceux d'Adrien à Athènes; d'Auguste à Rimini, à Suse et à Pola: d'Aurélien, de Gallien et de Titus à Rome; de Trajan à Ancône et à Bénévent; de Gavius à Vérone : il peut en avoir trois, comme ceux de Marius à Orange, de Julien à Reims, de Constantin et de Septime - Sévère à Rome : quelques-uns, comme ceux de Vérone, d'Autun, de Saintes, n'en ont que deux; cette dernière disposition n’est point blâmable dans ces édifices qui sont moins des ares de triomphe que de simples portes de villes, parce qu’elle procure le moyen d'entrer et de sortir sans rencontrer d’embarras ; mais elle le serait dans un monument sous lequel peuvent passer des pompes triomphales, parce que, venant à rencontrer le trumeau qui sépare les deux ouvertures, elles seraient obligées de se détourner pour prendre à droite ou à gauche.
Dans presque tous les monuments que nous venons de citer, on remarque sur les faces principales quatre colonnes
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appliquées contre le mur, de plus guidées sur de maigres piédestaux et ne supportant autre chose que des entablements profilés sur chacune d'elles ; malgré le nombre de ces exemples, malgré le nombre plus considérable encore des copies que l'on en a faites, nous persisterons toujours à croire qué ces arrangements, insoutenables dans tous les autres genres d'édifices , le sont encore davantage dans un arc de triomphe, monument dont toutes les parties doivent contribuer à élever, à échauffer l'ame du spectateur, en lui retraçant l’image de quelque action glorieuse : car on ne nous persuadera jamais que d’inutiles et de froides colonnes puissent dire quelque chose à l'esprit, à plus forte raison qu’elles puissent parler avec plus d'énergie que les inscriptions et des morceaux de sculpture dont elles usurpent la place dans les arcs de triomphe.
À tous autres égards, nous croyons qu'on ne saurait trop étudier ces monuments antiques. ( Voyez la planche 21 du parallèle; voyez aussi la planche 1° de cet ouvrage.)