‹ Précis des leçons d'architecture données à l'École royale polytechniqueChapitre 14 sur 33 · COMBINAISONS DES ÉLÉMENTS DES ÉDIFICES · texte numérisé non relu

COMBINAISONS DES ÉLÉMENTS DES ÉDIFICES

Les divers éléments des édifices peuvent être placés les Deux uns à côté des autres, ou les uns au-dessus dés autres. Lors- ie qu’on compose un édifice, ces deux espèces de combinaisons

doivent se présenter simultanément à l'esprit : mais lors-

qu'on étudie, on peut, on doit même, pour rendre l'étude

plus facile, les considérer séparément. Nous distinguerons

donc deux espèces de dispositions; disposition horizontale , Horizontale représentée par les plans, et disposition verticale, repré- * verticale. sentée par les coupes et les profils. Seine

Les colonnes, ainsi qu'on l’a déja dit, doivent être éga- sons horizontales.

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i° Sserrow. auxquels d’autres murs viennent se réunir. Et comme les murs de refend sont toujours plus éloignés les uns des autres que les colonnes, que de plus ils ne se trouvent pas toujours à des distances égales les uns des autres, il en résulte que lesentre-pilastres doivent être nécessairement plus larges que les entre-colonnes, et qu'au lieu d'être toujours égaux comme ceux-ci, ils doivent avoir quelquefois des largeurs différentes dans un même édifice : ainsi, les entre-pilastres n'auront jamais moins de deux entre-axes, et pourront en avoir, les uns deux, et d’autres trois ou même davantage dans un même plan.

De murs Les murs de face étant destinés à clore l'édifice, doivent aller directement d’un angle à l’autre , la ligne droite étant la plus courte; et ceux de refend, qui non-seulement divisent l'intérieur en plusieurs parties, mais qui, de plus, relient entre eux les murs de face, doivent , autant que le permet la convenance, s'étendre dans toute la longueur ou la largeur de l'édifice ( fig. 1 ). Dans le cas où l'on est obligé de les interrompre, il faut au moins les réunir dans la partie supérieure, soit par des poutres, soit par des ares doubleaux, (fig. 2 et 3). Par la même raison, s'il y a des colonnes à l'extérieur d'un édifice , il faut que les murs correspondent à l’une d’entre elles.

De croisées Les croisées et les portes, non-seulement établissent une

et de portes. mmunication entre les diverses parties de l'édifice, ou procurent le plaisir de voir les objets extérieurs, mais encore donnent passage à l'air et à la lumière : ainsi, elles doivent se correspondre le plus quil est possible. On les placera donc sur des axes communs, et dont on fixera la position en divisant en deux les entre-axes dans lesquels elles de yront se trouver.

Lorsqu'il y a des colonnes à l'extérieur des édifices, on

COMBINAISON DES ÉLÉMENTS. sONE d PRE peut pratiquer des croisées ou desportes dans tous les entre- LS colonnements, ousimplement d’un en un. La première combinaison convient plus particulièrément aux édifices dont les colonnes sont très-espacées , et la deuxième à ceux dont les colonnes;sont très -rapprochées. Il en est de même des niches.

Telle est la manière simple et naturelle dont se trouvent RAR RE disposées les colonnes les murs, etc., dans les plus beaux ciens. édifices de l'Égypte, de la Grèce et de Rome , dans les plus intéressantes productions des Palladio , des Scamozzi, des Serlio. etc., enfin dans les édifices bâtis ou projetés par les meilleurs architectes de nos jours.

Dans la plupart des édifices modernes, on voit des co- Combinailonnes adossées , engagées, accouplées ou même jumelées; à ei Na par des pilastres pliés, tronqués, ébrasés, etc., et des murs qui,

à tout moment, quittent leur direction naturelle pour se

replier de mille manières , en avant-corps , en arrière-COTps ,

le tout pour la décoration. Mais quelle différence entre Lu Mr ces dernières combinaisons et celles dont nous avons parlé us plus haut ! On peut aisément se faire une idée du grand effet

que produisent celles-ci, et de l'effet pitoyable qui résulte de

celles-là.

D'après ce que nous avons dit de la disposition horizon- Manière tale, on voit que rien n'est si simple que cette partie de la Se composition. Après avoir tracé des axes parallèles, équidistants, et coupé perpendiculairement ces axes par d'autres axes éloignés les uns des autres autant que les premiers, on place, à la distance d'autant d’entre-axes qu'on le juge convenable, les murs sur les axes, et les colonnes, les pilastres, etc. , sur les intersections de ces mêmes axes ; ensuite on divise en deux les entre-axes , et sur les nouveaux axes donnés par cette division , on place les portes , les croisées ,

les arcades , etc.

ô II‘ PARTIE, 7

I SECTION

COMPOSITION

Au-dessus et au-dessous des plans d’édifices que nous donnons pour exemples de la manière dont on doit combiner , disposer horizontalement les colonnes, les pilastres , les murs , les portes et les croisées, nous avons placé des coupes et des élévations, quoiqu'il ne soit encore question que de disposition horizontale ; en agissant ainsi, notre objet a été de rappeler aux élèves la manière tout-à-la-fois simple et grande, prompte et correcte, avec laquelle on doit dessiner l'architecture: de les habituer à l'avance, par cette maniere d'opérer simple, à la simplicité qui doit régner dans la composition de tous les édifices; de leur faire connaître de bonne heure la méthode que l’on doit naturellement suivre. lorsque ayant conçu, soit l'ensemble d’un édifice, soit quelques-unes de ses parties, soit même une simple combinaison verticale jointe à quelque combinaison horizontale, on veut fixer ses idées, et leur donner en quelque sorte un corps en les jetant sur le papier. Accoutumés de bonne heure à tracer le plan avant tout, à en voir naître la coupe , à ne considérer une élévation que comme la projection d'un édifice déja entièrement composé, ils ne courront Jamais le risque de faire comme les personnes qui, parce que dans l'architecture elles ne voient que décoration, commencent un projet par la façade, et ajustent ensuite comme elles peuvent le plan et la coupe avec l'élévation, manière de composer faite pour éloigner non-seulement du but de l’architecture, mais même de celui que se propose l'architecte lorsqu'il cherche à décorer. En effet, tous les édifices ou projets d'édifices conçus dans uu tel esprit se ressemblent plus ou moins, et, malgré leur grand nombre, ils n’offrent que trois ou quatre combinaisons différentes; tandis que

ceux dans la composition desquels on a suivi la marche qu'indique la nature, c’est-à-dire, où l'on s’est occupé d’abord

COMBINAISON DES ÉLÉMENTS. 70. Le II° PARTIE.

du plan, puis de la coupe, et dont l'élévation n’est que le T° Secriox.

résultat de l’un et de l’autre, offrent une si grande variété,

qu'une même décoration ne s’y reproduit pas deux fois. C’est

ce dont on peut se convaincre, en jetant seulement les yeux

sur les élévations représentées dans la planche 2 : dans l’une

des élévations de cette planche, on a ajouté quelque chose

au produit des dispositions ; et cette addition , vu que c’est

de la sculpture, doit ajouter et ajoute effectivement à la

beauté de la décoration, qui au contraire aurait infaillible-

ment perdu, si, au lieu de représenter quelque objet de la

nature, on avait ajouté quelqu'un de ces prétendus membres

d'architecture, membres aussi insignifiants qu'inutiles.

Les combinaisons verticales sont tout aussi simples que Combinailes horizontales dont on vient de parler , vu qu’il n’en est A aucune de celles-là qui ne naisse naturellement de celles-ci. Planche 3. Mais comme chaque disposition horizontale peut engendrer plusieurs dispositions verticales, celles-ci sont un peu plus nombreuses que les autres.

Lorsqu'un édifice a deux étages, il peut avoir deux rangs de portiques l’un sur l’autre ( fig. 1 }, ou seulement un portique au rez-de-chaussée ( fig. 2 ); ce portique peut être pris aux dépens de l'épaisseur du bâtiment ( fig. 3 ),.ou être en saillie, de manière à former terrasse ( fig. 4): ces différents portiques peuvent être ouverts par des entre-colonnements, ou bien par des arcades.

Les deux étages de l'édifice peuvent être égaux (fig. 5 }, De colonnes. ou bien lun des deux être plus élevé que l’autre : dans le Cas où celles premier cas , les colonnes supérieures n'auront que les cinq De Ms sixièmes de la hauteur des colonnes inférieures ( fig. 5 ); si nie ci

l'étage supérieur est le plus haut (fig. 3 et 4), les colonnes bas. auront une hauteur égale; enfin, si c’est l’étage inférieur

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le Ssartox. qui est le plus élevé (fig. 6), les colonnes d'en-haut n'auront que les trois quarts de celles d’en-bas.

Cas oùles Lorsque les deux rangs de colonnés ont une même hauset eh teur, les ordres doivent être différents, afin que le diamètre se inférieur de celles du second rang ne soit pas plus fort que

le diamètre supérieur de celles du premier ; et si les colonnes d'en-haut ont moins de hauteur que celles du rez-de-chaussée, les ordres seront semblables, afin que les colonnes n'aient pas un diamètre trop faible.

Si les colonnes du second rang ont un sixième de moins que celles du premier, et que celles-ci aient douze modules, on prendra dix de ces modules pour la hauteur des colonnes supérieures; hauteur que l’on divisera en douze, pour avoir les modules de ces colonnes, etc., etc. ( fig. 7).

Si les colonnes sont de même hauteur, et que celles d'en-bas aient douze modules, on divisera les mêmes douze modules que doivent avoir celles d’en-haut en quatorze, etc. ( fig. 8 ). |

Enfin , si les colonnes supérieures ont un quart de moins que les colonnes inférieures, si celles-ci ont douze modules, on prendra neuf de ces modules que l’on divisera en douze etc., etc. (fig.9).

Dans tous les cas, les deux rangs de colonnes seront séparés par une architrave et un stylobate , espèce de piédestal sans base, qui ensemble n'auront jamais moins de quatre modules ou une hauteur d’entablement; mais elles ne le seront jamais par un entablement complet, les corniches ne devant se rencontrer qu'aux endroits où il y a des eaux à

Combinai- re] eter.

sons vertica- à $ les d'areades Tout ce que nous venons de dire relativement à deux et de pilas- ) . x ) ie rangs de colonnes , peut s'appliquer à deux rangs d’arcades

et de pilastres placés l'un sur l’autre; cependant nous avons

PI, 4 et p. ; À à * UE représenté les dernières combinaisons dans les planches,

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