‹ Précis des leçons d'architecture données à l'École royale polytechniqueChapitre 7 sur 33 · ER · texte numérisé non relu

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et comme, dans ce premier cas, l’édifice est peu élevé, on {Il Srertox. peut donner à la corniche une hauteur moindre que celle de la frise ou de l’architrave.

Au contraire, dans ceux des édifices publics qui sont les plus importants, où, à quelque prix que ce soit, on ne doit négliger aucune des convenances, et où la durée est une condition dictée non-seulement par la convenance, mais encore par l’économie, vu qu'il ny a nulle économie à recommencer de pareils édifices , on emploiera les matériaux qui opposent le plus de résistance, et dans un espace donné, on multipliera les soutiens le plus que l'on pourra. Alors, on leur donnera une forme plus élégante ; et, pour faciliter le passage entre les soutiens serrés, on les fera cylindriques. Le peu d'espace qui les séparera engagera naturellement à faire les architraves , ainsi que les frises, moins hautes; et l'édifice, ayant une grande élévation, exigera que la corniche, pour rejeter les eaux plus loin, ait plus de saillie, et par conséquent, une hauteur plus considérable que la frise ou l’architrave.

Ainsi l’on peut, on doit même, suivant les cas, faire des On peut, on colonnes tantôt courtes , et tantôt longues. Mais il est cer- a ra ut taines limites que l’on ne saurait franchir. Trop longues , lonnes; ane

; ; Hits, | ? tôt courtes ct les colonnes n'auraient pas assez de solidité; les faire trop tantôt lou-

courtes serait donner dans un autre excès. L'expérience, cl c'est-à-dire, l'observation de leurs proportions dans les édifices antiques, qui sont ceux que l’on estime davantage , va servir à les déterminer. Les colonnes les plus courtes que l’on remarque dans ces édifices , sont celles de l’ordre dorique grec; mais, comme nous l'avons déja dit, leurs proportions varient dans tous les édifices. Dans les uns , comme dans un temple dont on voit les ruines à Corinthe, elles n'ont que

quatre diamètres. Dans d’autres, elles en ont jusqu'à neuf,

I PARTIF.

III° SECTION

Les plns courtes doivent avoir Six diamètres.

Les plus longues ne peuvent en avoir plus de dix.

Diverses espèces de colonnes réduites à cinq.

Lo

comme dans le temple de Coré; mais ce dernier exemple étant le seul où les colonnes soient si élevées, en les fixant à six diamètres, nous aurons une espèce de moyenne proportionnelle à laquelle nous nous en tiendrons pour la proportion des plus courtes colonnes, d’autant plus que cette proportion se rapproche davantage de celle de la plupart des colonnes doriques grecques.

Les colonnes les plus longues sont celles de l’ordre corinthien; mais leur proportion n'est pas toujours la même. Les unes, comme celles de la Tour des Vents et du Colisée, ont huit diamètres et demi; d’autres, comme celles de la Lanterne de Démosthènes et du temple de Vesta à Rome, en ont près de onze. Cependant, la plupart ont environ dix diamètres ; et cette dernière proportion, qui est plus exacte, sera celle que nous assignerons aux colonnes les plus élevées.

Comme entre les édifices particuliers de la derniere classe et les édifices publics de la première il existe une foule de classes intermédiaires, on pourrait, entre ces deux ordrés de colonnes, en interposer une foule d’autres. Mais pour en simplifier l'étude, et pour nous éloigner en même temps le moins qu'il se peut des systèmes reçus, nous nous bornerons à trois ordres, que nous interposerons de cette maniere : d’abord , entre les colonnes desix diamètres et celles de dix, nous en aurons de huit, proportion de l’ordre dorique du théâtre de Marcellus, dorique romain le plus estimé ; ensuite, entre le dorique grec et celui-ci, nous aurons des colonnes de sept diamètres, proportion du toscan de Vignole, le plus généralement adopté; enfin , entre le dorique romain et le corinthien , il y aura une dernière colonne de neufdiametres, proportion qui tient à-peu-près le milieu entre les différents

ordres ioniques, romains ou grecs , et qui, d’ailleurs , a été

FORMES ET PROPORTIONS. 97 Le PARTIF

presque généralement adoptée par les modernes. Ainsi, ces I Szerrox. colonnes augmenteront dans le rapport qui suit : dorique

six, toscan sept, dorique romain huit, ionique neuf, et corinthien dix.

Toutes les colonnes doivent diminuer d’un sixième, un Diminution cône étant plus solide sur sa base qu'un cylindre. Quant % clones. aux chapiteaux et aux bases, ils devraient augmenter de hauteur en raison des colonnes; mais ces proportions sont plutôt des effets de l'habitude que des objets de nécessité, elles importent peu à la construction. Ainsi, pour ne point contrarier les habitudes, nous donnerons un module ou demi-diamètre à toutes les bases, ainsi qu'aux chapiteaux des trois premiers ordres, un module et demi au chapiteau ionique, et deux modules au chapiteau corinthien.

Plus les colonnes sont massives, et plus elles peuvent être Espacement espacées ; au contraire, plus elles sont élégantes , et plus elles Aa es doivent être serrées. Le moindre espacement que l’on puisse donner aux colonnes, et qu’on leur ait effectivement donné dans l'antiquité, est d’un diamètre et demi. Nous conserverons cette proportion pour le corinthien ; nous l’augmenterons ensuite d’un demi-diamètre, à mesure que les colonnes diminueront d'un diamètre, dans le rapport suivant : corinthien 1 ;, ionique 2, dorique 2 +, toscan 3, dorique grec 3 +.

Comme l’architrave et la frise doivent avoir plus ou moins Proportions

: . >? des architrade hauteur, suivant leur plus ou moins d’étendue, nous Von (OA CE leur donnerons un module et demi dans l’ordre dorique ‘rniches. grec, et un module et un quart dans l’ordre corinthien.

A l'égard de la corniche, comme elle doit être plus ou moins saillante et haute, selon que les ordres ont plus ou moins d'élévation , elle aura, dans le premier ordre, un module : et dans le cinquième, un module et demi. Les proportions

je PARTIE.

IIS Srcrrow. de ces diverses parties de l'entablement étant ainsi fixées

pour les deux ordres extrêmes, il sera facile de trouver celles que doivent avoir ces mêmes parties dans les ordres moyens. Hauteur La somme de toutes ces parties, dans tous les ordres , sera de l'entable- Je deux diamètres ou de quatre modules; proportion exacte ment; deux APN 1 ; é 4 diamètres facile à retenir, et cependant relative au plus ou moins de dans tous les 1 0 - , .

orûres. force ou de légèreté des colonnes , puisqu'elle sera du tiers dans le premier ordre, du cinquième dans le dernier, et du quart dans le troisième , etc. Cette proportion, d’ailleurs , se rapproche de la plupart des ordres grecs etromains, du moins de celles du dorique grec et du corinthien.

Hauteur Les piédestaux peuvent être plus ou moins élevés. Mais

des piédes- ZA 2 :

taux : deux POUT ne nous éloigner que le moins que nous pourrons des diamètres et ordres adoptés par les anciens et des principaux systèmes d'ordre , principalement pour simplifier l'étude de la chose autant qu’il se pourra , nous ferons nos piédestaux plus hauts

d'un module que l’entablement , c’est-à-dire, de deux dia-

demi.

mètres et demi ou de cinq modules. La base aura un module, et la corniche un demi-module..

Telles sont les formes et les proportions que nous ont indiquées, pour les principales parties des ordres , la nature même des choses, les égards dus à des habitudes que nous avons “contractées en voyant ou les ordres des anciens ou ceux qui en ont été imités, et l'attention qu'il faut apporter à ne point fatiguer l'œil par des proportions équivoques.

Si notre système n’est ni aussi complet ni aussi suivi qu'on pourrait le désirer, du moins, sous ce double rapport, est-il préférable à tous les systèmes que lon a imaginés jusqu’à présent. Il a de plus l'avantage de reposer sur des bases plus solides que limitation de la cabane et du corps humain. Il ne révolte pas le bon sens , et n'offre aucune de ces absurdités qui ne peuvent que dégoüter de l'architecture des esprits

, \ . 0 æ . x . € accoutumés à raisonner. Simple et naturel, alest aussi facile HF Secrrox.

à retenir qu'à saisir. Mais, füt:l de beaucoup meilleur qu'il n'est, si on l’applique mal, si l’on fait servir ces formes et ces proportions à revêtir des objets inutiles dans un édifice, alors on fera non-seulement de la mauvaise architecture; mais même de la mauvaise décoration ; au lieu que sans ces mêmes proportions , un édifice qui présentera tout ce qu'il faudra, ne présentant que ce qu'il faut, et où tout sera disposé de la manière la plus convenable et la plus économique , satisfera tout-à-la-fois et l'esprit et les yeux.

Comme en général un ordre comprend trois parties, un piédestal, uné colonne, un entablement; et qu'ensuite on distingue une base, un dé et une corniche dans le piédestal ; une base, un fût et un chapiteau dans la colonne; une architrave , une frise et une corniche dans l’entablement ; de même chacune de ces parties en renferme à son tour plusieurs autres, qui elles-mêmes se composent de parties encore plus petites.

Les premières corniches vraisemblablement ne furent qu’une pierre Carrée ; cette pierre en bascule ayant trop de poids , on imagina de la tailler en biseau : mais comme parlà elle devenait trop faible , on y ménagea, dans le milieu, une partie saillante:; et la corniche alors eut trois parties , que l’on distingua par les noms de cymaise supérieure, de larmier et de cymaise inférieure. Depuis, et lorsqu'il s'agissait de très-grandes corniches , au lieu d’une pierre, on en a quelquefois employé plusieurs ; ce qui a donné lieu à de nouvelles divisions. De-là, les larmiers modillonnaires, dans la hauteur desquels on place des pierres saillantes destinées à soulager la portée du larmier, et appelées mutules dans l’ordre dorique, et modillons dans le corinthien ; les larmiers denticulaires, ainsi nommés à cause des dents que l’on y

Détails des ordres en général.

Planche 6.

Origine de

ces détails.

III SecrTion.

Moulures.

Deux espèces.

Simples , et composées.

Manière de les tracer.

Art de profiler.

taille de fois à autre, et les cyrmaises intermédiaires, etc. Dans les édifices où les ordres n’entraient point, on a fait, dans les corniches, porter la grande saillie du larmier sur d’autres pierres saillantes plus considérables que les modillons, et ces pierres ont pris le nom de consoles.

Chacune de ces parties s’est encore subdivisée en plusieurs autres , auxquelles on a donné différentes formes géométriques, que l’on appelle moulures; on en distingue deux sortes, les simples, et les composées : les premieres , telles que le congé, la baguette, le tore, le quart-de-rond, le cavet, soit que ces deux derniers soient droits ou renversés,

se tracent d’un seul coup de compas ; les secondes, telles que

le talon et la doucine, quelle que soit leur situation , sont formées de deux arcs de cercle dont l’un présente sa convexité, et l’autre sa concavité. En général, les moulures ne doivent pas avoir, en y comprenant la saillie du filet qui les couronne, et leur propre saillie sur les nus, plus de saillie que de hauteur ; quelquefois même on leur en donne moins. On les a employées, non-seulement dans les différents membres des corniches, mais encore dans les cymaises des architraves, et dans les divers membres des chapiteaux et des bases , etc. Comme elles ne ressemblent pas à grand’ chose, et qu’elles ne laissent pas d'entraïner dans la dépense, chaque moulure couronnée d’un filet se comptant pour 32 centimèt. (1 pied) de mur, n’en eût-elle que 5 (2 pouces) de haut, nous inviterons à n'en faire quun usage trèssobre , et à réserver les fonds dont on pourrait disposer, pour de la peinture et de la sculpture, objets bien plus propres à plaire que des moulures, parce qu'ils représentent toujours quelque chose.

On nomme profil un assemblage quelconque de moulures; et profiler est un art auquel les partisans de la décoration

architectonique attachent beaucoup d'importance. Nous sommes loin d'y en attacher autant. Quoi qu'il en soit, l'usage ayant consacré les moulures, il faut, en les assemblant, éviter de choquer l'œil; or ,le seul moyen d'y réussir, c'est de donner à chaque profil des mouvements bien prononcés, de marier les moulures droites avec les moulures courbes , et d'en opposer d’extrêmement fines à de trèsfortes. Les Grecs , dans leurs ordres doriques et ioniques, ainsi que les Romains dans leurs ordres corinthiens, offrent de bons exemples de profils ; au contraire, on en trouve de fort mauvais chez les premiers dans les ordres corinthiens , et chez les derniers dans les ordres doriques et ioniques.

Pour acquérir l’art de profiler, il faut comparer entre eux les profils des Grecs et des Romains, chose facile, si l’on jette les yeux sur les planches 65, 69, 70, du parallèle des édifices, et tracer ensuite à la main un grand nombre de profils.

Les profils des différents ordres ne doivent, en grande partie, leur mérite qu'à l'habitude que nous nous en sommes faite, raison pour laquelle nous nous sommes bien gardé d'en imaginer de nouveaux. Ceux que nous offrons, nous les avons puisés tous dans les édifices antiques , ou dans les auteurs que l’on suit le plus ordinairement. Mais, comme dans les profils de chaque ordreilexiste des différences assez considérables, nous nous sommes cru autorisé à en faire un choix ; c'est pourquoi nous avons choisi les profils. Les plus simples, parce qu'ils sont les moins fatigants, les plus économiques ; et quelquefois même nous nous sommes permis de les simplifier encore davantage, ne le faisant toutefois que d’après d’autres édifices où se trouvaient ces simplifications. C'est ainsi que dans le profil du premier ordre, profil qui, à peu de chose près, est celui du temple de Minerve à

ILL* Secr1ox.

Réduit à trois principes.

Profils des différents ordres.

Planche 7.

jJ'° PARTIE.

III° SECTION

ÉLEMENTS.

Athènes, si nous avons placé le triglyphe à plomb de la colonne , changement le plus grand que nous y ayons fait , c'est que les triglyphes sont placés de cette manière dans

tous les doriques romains.

Dans celui du deuxieme ordre, qui est le profil toscan de Vignole, nous n'avons supprimé que quelques filets et quelques baguettes.

Dans celui du troisième ordre, profil qui, sauf quelque légère différence, est le dorique du même Vignole , nous avons supprimé le larmier denticulaire et les mutules méplates du plafond du larmier, autorisé à cela par l'exemple de Serlio , de Barbaro , de Cataneo , de Viola, de Bullant, et de Philibert de Lorme.

Dans le profil du quatrième ordre , qui est celui de Serlio, nous nous sommes borné à supprimer les denticules du larmier denticulaire et les trois faces de l’architrave, suppressions pour lesquelles on trouve des exemples : pour la première, dans l’entablement ionique du Colisée , dans Léon- Baptiste Alberti , Jean Bullant , Philibert de Lorme; et pour la deuxième , dans le bel entablement ionique du temple de l'Ilissus. Enfin , le profil du cinquième ordre est en entier l’entablement corinthien de l’attique de la Rotonde.

Il y a beaucoup d’entablements corinthiens où l’on voit des modillons ; mais il y en a beaucoup aussi dans lesquels on n’en voit pas, tels que les entablements du temple de Vesta à Tivoli , des petits autels du Panthéon, et du temple consacré à Antonin età Faustine. Quoique les modillons ne gâtent pas ces entablements , nous croyons néanmoins que l'on devrait les réserver pour les ordres colossaux.

Ce système de profils est, comme on voit , beaucoup plus simple que tous ceux que l'on connaît ; on n'y remarque ni d'architraves à deux ou trois faces, qui n’annoncent qu'une

mauvaise construction ; ni de mutules , plutôt faits pour entraîner une corniche que pour la soutenir; ni de denticules, qui ne signifient rien; mais on y rencontre encore des triglyphes, représentation inutile de l'extrémité des pièces d'un plancher, dans les cas où ce plancher existe, et fausse dans ceux où il ne doit pas exister; un chapiteau ionique, dont la saillie des volutes ne soulage nullement la portée de l’architrave; un chapiteau corinthien, qui ne remplit guère mieux sa fonction , vu la forme et la faiblesse de son tailloir; enfin , on y trouve encore des bases dont le célebre Lagrange a démontré l’inutilité, bases qui gènent la circulation, et peuvent même causer les accidents les plus graves dans les édifices où l’on se porte en foule.

D'après toutes ces considérations nous avons cru devoir présenter une autre suite de profils dans laquelle nous avons supprimé les triglyphes , comme on l'a fait à la chapelle d’Agraule à Athènes , aux bains de Paul-Émile à Rome, au Colisée, et à l'amphithéâtre de Nîmes ; dans laquelle nous avons substitué au chapiteau ionique un chapiteau semblable à ceux du château d’Anet, de la salle des Antiques au Louvre, du parvis du Val-de-Grace, etc. ; dans laquelle nous avons donné au chapiteau du cinquième ordre un tailloir carré sans volutes, comme à ceux du tombeau de Milassa , à ceux dé la Tour des Vents à Athènes, et à ceux des colonnes de l’ancien château de Meudon, bâti par l’'Abbate; suite dans laquelle enfin nous avons supprimé toutes les bases, à l'imitation des Grecs dans tous leurs ordres doriques, et même quelquefois dans les ordres corinthiens, tels que celui de la Tour des Vents, etc., etc.

Par une conséquence toute simple, les différents détails dont nous venons de parler ayant disparu, nous avons été naturellement conduit à ne plus désigner les différents sys-

DE de ° PARTIE.

IIIÉ Secriox.

Nouveaux profils des différents ordres.

Planche 8.

FRRET ÉLÉMENTS.

1° Srerrox. têmes de soutiens et de parties soutenues, auxquels, pour plus de brièveté, nous conservons le nom d'ordre, que par les noms de premier, deuxième, troisième, quatrième et cinquième ordre.

Lorsque dans un même édifice il se rencontre des pilastres engagés et des colonnes, comme les premiers ne diminuent pas, on donne au chapiteau moins de saillie sur le nu du pilastre que sur celui de la colonne, afin que la saillie du chapiteau-pilastre sur l’entablement ne diffère pas trop de celle du chapiteau-colonne.

Cornichesdes Les corniches des appartements different plus ou moins

*ppartements Je celles des ordres, et peuvent leur ressembler, à quelque légère différence près, si les appartements ont une hauteur raisonnable; mais s'ils sont trop bas, ce que l’on ne peut quelquefois éviter, il faut donner à ces corniches peu de hauteur et beaucoup de saillie, afin de relever en apparence le plafond de la pièce. De plus, comme, dans l'intérieur , la lumière est bien moins vive qu'à l'extérieur, et qu'en consacrant de l'argent à des moulures, il est bon que l’on puisse du moins les distinguer, on les profilera de manière qu'elles fassent, les unes avec les autres, non des angles droits, mais des angles aigus avec un petit intervalle entre elles, afin de produire un noir qui les détache encore mieux.

Arcades; Nous avons dit que lorsque les soutiens isolés, soit cosur colonnes, Jonnes , soit pilastr it piédroits, étaient fort éloigné sur piédroits. y prasires ;"SOIC P L gnes

Planhe 4. les uns des autres, alors , au lieu deles réunir par des plates-

bandes, on les réunissait par des arcs. On nomme arcade l'espèce d'ouverture qui résulte de cet arrangement. Continues ou Les arcades peuvent être continues ou alternatives , c'estalternatives. «4 4: r à-dire, séparées par des entre-colonnes, par des portes, par des croisées où par des niches. Dans le premier cas, les axes des soutiens sont également éloignés les uns des autres. Dans

le deuxieme, ils ne le sont pas.

Si, dans ce dernier cas, les arcs portent sur des colonnes, Il° Srerton.

le rapport entre les entre-axes variera à raison de la pro- Divisions différentes

portion des colonnes. Si ces dernières sont de l’ordre dorique des entre-axes grec ou de l’ordre toscan, on divisera en trois l’espace com- a pris entre les axes des arcades, pour avoir la position des lon emploie. axes des colonnes; mais si celles-ci sont ioniques ou corinthiennes , on divisera en huit le même espace. On prendra trois de ces parties pour chaque demi-arcade, et les deux autres détermineront la largeur de l’entre-axe des colonnes. Lorsque les arcades sont continues, si les arcs portent sur des piédroits, on divisera en trois l'espace compris entre les arcs des arcades. De cette maniere le piédroit aura la moitié de la largeur de l'arcade.

Les arcades sont-elles séparées par des croisées ou par des niches? dans ce cas, on divisera d’abord l’entre-axe en quatre, ensuite les deux parties du milieu en trois; et l'on aura aussi la largeur des piédroits, de la croisée ou de la niche. | Si les arcades sont séparées par des portes, on divisera l’entre-axe en cinq. Les piédroits auront la moitié de l’ouverture, et la porte aura une largeur égale à celle des piédroits. Cas où l’on Les arcs doivent toujours reposer immédiatement sur la doit interpo-

OUEN ë ser une archicolonne , là où les arcades sont continues ; et poser sur unetrave entre

è RL en à les colonnes architrave, là où elles sont alternatives. Mie Le rapport de la largeur à ka hauteur des arcades varie k ! Proportions suivant les usages auxquels on les emploie. Les arcades d’une différentes 3 ; " es arcades.

halle, d’une douane, etc., peuvent avoir une hauteur égale à leur largeur. Celles qui sont employées dans quelques xrauteur des autres -édifices peuvent avoir en hauteur une fois et demie a Lie n à 9

la largeur. Quant aux arcades qui forment des portiques double de ANA leur largeur.

ordinaires, on leur donnera en hauteur le double de leur *

l'° PARTIE.

I Secni0x. Jargeur, c'est-à dire que le centre des arcs se trouvera aux

trois quarts de la hauteur de l'arcade.

Manière de Lorsque les arcades sont formées par des arcs qui portent LE A sur des colonnes , voici ce qu'il faut faire pour leur donner ares portent cette proportion : on portera trois fois sur l'axe de l’arcade” tie "Ja distance qui est entre cet axe et celui dela colonne; on di-

visera cette hauteur en autant de parties plus trois, que la colonne seule ou la colonne et l’architrave que l’on veut employer contiennent de modules. En retranchant de cette hauteur trois de ces modules , on aura le centre de l'arc. Le reste s’entend de soi-même.

La seule apparence de la construction des ares est la meilleure décoration de cette partie-là. Cependant on peut quelquefois y mettre une archivolte; et cela se pratique même assez souvent. Il n'y a qu'un cas où il faille absolument s’en abstenir, c'est lorsque des arcades portées sur des colonnes sont continues ; car, de deux choses l’une : ou ces

Cas où l’on ; RATE { ; ne doit pas arChivoltes se pénétreraient, ou elles auraient trop peu de

employer les lar

archivoltes. Sen

Cas oùlon P1 les arcs reposent sur des piédroits, soit qu'on les ni 5 entoure d'une archivolte ou non, il faut toujours mettre une postes. imposte pour recevoir la retombée de ces arcs. Le profil d’une imposte ou d’une archivolte est le même que celui d'une architrave ; et la largeur de lune et de l’autre est d'environ le +: de l'ouverture.

: A Les portes et les croisées, ou se font en arcades lorsqu'elles sont fort larges, ou se terminent carrément lorsqu'elles n’ont

Hauteur qu'une largeur ordinaire. On leur donne en hauteur, dans NES UE les principaux étages , le double de leur largeur ainsi qu'aux leur largeur. arcades. Dans les étages accessoires, on leur donne une fois

et demie ou une fois leur largeur, ou seulement les deux tiers

de cette largeur. Quand les trumeaux quiséparent les croisées

Planche 10.

III Secrion.

sont étroits, celles-ci ne sont autre chôse qu'un trou pratiqué dans le mur. S'ils sont larges, on entoure d’un cham- Profils des branle les croisées , et l’on donne à cé chambranle le sixième pepe de l'ouverture; son profil est celui d’une architrave, ainsi que Rate

les profils des impostes et des archivoltes. Là où deux rangs ie, semblade croisées sont séparés par un grand espace, sur le cham- ai He. branle, on met une frise et une corniche qui ont chacune

une hauteur égale à la largeur du chambranle.

Sur la corniche des portes, on met quelquefois un fron- Corniches et ton pour rejeter l'eau sur les côtés; rien n’oblige à en placer at de sur la corniche des croisées, et la hauteur du fronton est entre le quart et le cinquième de sa base. Quelquefois, aux chambranles, on substitue des pilastres et un entablement.

Lorsque le dernier rang de éroisées se trouve tres-près de la corniche qui termine l'édifice, on ne doit point mettre de corniche aux croisées; on ne doit point en mettre non plus aux portes dans les intérieurs, parce qu'ici comme là, ces corniches sont inutiles.

La seule différence qu'il y ait entre les portes ét les crorsées, c’est que les portes descendent jusque sur le sol de l'édifice, au lieu que les croisées portent sur un appui couronné par une plinthe. Si l'éspace qui sépare deux rangs de croisées est considérable, on peut mettre une seconde plinthe au niveau du plancher; sinon, il faut se borner a la première.

Quand le mur n’a qu'une épaisseur ordinaire, on la divise en trois parties, qui servent, l’une pour le tableau, et les deux autres pour l’'émbrasure.

Que l’on coïpare les diverses espèces de croisées que nous offrons , où tout est naturel, où tout est simple, avec ces croisées qu'à grands frais on a surchargées de moulures, de modillons , de consoles , de crocettes , d'oreilles, etc. ; croisées

III SECTION

Planche 11.

Compartiments.

De pavé.

De murs, etc.

De lambris.

dont malheureusement l'Italie, si abondante en superbes modeles de disposition, ne nous fournit cependant que trop d'exemples; et l’on verra combien la manie de décorer nuit, même à la décoration.

Pour avoir une idée exacte des divers compartiments de pavé, il suffit de jeter les yeux sur la planche qui les représente. Et, quant aux compartiments de murs, il ne faut que les voir dans cette même planche, pour se convaincre que la véritable décoration d’un mur réside daïis l'apparence de sa construction. Seulement nous ajouterons que si l’on croit devoir élargir les joints pour empêcher que le bord des pierres n’éclate , il faut le faire de manière à n'avoir que des angles obtus, ainsi qu’on le voit dans la figure. Toute autre maniere est vicieuse. Les joints montants ne sont pas sujets à éclater comme les joints horizontaux; ainsi on peut, si l'on veut, se dispenser de les élargir.

Afin de rendre les appartements plus sains, on les revêt souvent de lambris dans leur pourtour; quelquefois on le fait dans toute la hauteur, et quelquefois à hauteur d'appui seulement. Les uns et les autres sont composés de pilastres, de bâtis et de panneaux. On assemble les panneaux dans les

bâtis, et ceux-ci dans les pilastres, qui sont eux-mêmes composés de bâtis et de panneaux. On met au bas une plinthe,

et à hauteur d'appui une cymaise.

L'usage est d’encadrer les panneaux dans des moulures qui ont en largeur à cent, ( 2 = pouces ), pour les grands panneaux ; 3 cent. ( 1! pouce), pour ceux des pilastres, et dont le champ qui les sépare a 6 cent. ( 5 pouces ). Au reste, on peut se passer de ces bordures, et nous avons des exemples qui le prouvent.

Les panneaux peuveut être ornés ou de sujets d'histoire , ou de paysages, ou d’arabesques. À l’égard des derniers, on

peut, dans le parallèle , voir ceux des bains de Titus, planche 78, et ceux de Raphaël, planche 85 et 86. On fera bien de voir aussi les intéressantes productions de MM. Percier et Fontaine, ainsi que plusieurs intérieurs décorés par nos meilleurs architectes.

Les caissons qui résultent de la construction des voûtes sont naturellement carrés, forme à laquelle on devrait s’en tenir. Cependant les édifices antiques nous offrent un si grand nombre d'exemples de caissons octogones, hexagones et en losange, etc., que nous ne croyons pas devoir les proscrire (Voyez planche 76 du parallele). Nous nous bornerons donc à souhaiter que, lorsque la construction d’une voûte n'engendrera pas naturellement des caissons, on leur substitue, soit de grands sujets d’histoire ou de mythologie, comme dans plusieurs palais, en Italie et en France; soit des sujets moins graves , tels que les morceaux de peinture que l'on admire à Rome, dans les bains de Titus, à Herculanum, etc. (Voyez planche 77 du parallèle). Au surplus, quelle qu'en soit la forme, les caissons peuvent être à un, à deux ou à trois renfoncements, avec ou sans moulures; car il existe des exemples de beaux renfoncements qui n’ont pas de moulures.

Nous terminerons le peu que nous avons dit sur les formes et sur les proportions, par une remarque: c’est que, quelque raisonnables que soient les trois espèces dont il a été question, elles sont peu propres à contribuer au plaisir de la vue, et par conséquent à la décoration, qui a pour objet ce plaisir. En effet, pour qu’elles fussent capables de plaire à un certain degré, il faudrait que l'œil pût les saisir exactement, qu'elles fussent pour cela dans un même plan, et que celui-ci de plus füt perpendiculaire au rayon visuel; car, si le plan était horizontal ou oblique, les formes et les proportions

HI° Secriox.

De plafonds et de voûtes.

Remarque sur les proportions ; elles sont peu propres à contribuer au plaisir de la

vue,

III Srecrron.

qu'il renfermerait changeraient à chaque point de vue different. Or, il est tres-rare que les formes et les proportions d’un édifice se trouvent dans un plan qui permette à l'œil de les bien saisir et d'en juger sainement.

À ce sujet, nous citerons M. Leroi, et cela avec d'autant pins de satisfaction, que la plupart des eleves en architecture doivent une grande partie de leurs talents, et aux lumières qu'il leur a communiquées , et aux encouragements de toute espèce quil leur a prodigués. Dans son excellent discours sur la théorie de l'architecture, apres avoir offert le tableau le plus frappant du magnifique effet que font les péristyles dont les colonnes sont éloignées du mur: « La beauté qui

résulte de ces Péristyles, dit-il, est si générale, qu'elle se

ferait encore sentir, si Les piliers qui les forment, au lieu d'offrir au spectateur de superbes colonnes corinthiennes, ne lui présentaient que des troncs d'arbres coupés à leurs racines et à la naissance de leurs branches; si les colonnes

. . . , 2 . F 0 . mn étaient imitées de celles des Égyptiens ou des Chinois ; si «ces piliers ne représentaient même que les amas confus de petites colonnes gothiques, ou les soutiens massifset carrés

« de nos portiques. »

Par ce qui vient d'être dit, on voit le peu d'influence qu'ont

les formes et les proportions sur le plaisir que nous éprouvons à l'aspect d’un édifice ; et, s'il reste à cet égard quelque doute, pour le dissiper tout-à-fait, nous renverrons au parallèle, où l'on trouvera des édifices dont les uns, quoique bizarres dans leurs formes et saus exactitude dans leurs proportions, ne laissent pas de faire le plus grand plaisir, et dont les autres déplaisent souverainement, quoique l'on y retrouve toutes les formes et toutes les proportions des édifices antiques. La raison en ést, que les objets revêtus de ces formes sont disposés d'une manière simple, convenable ,

FORMES ET PROPORTIONS. M dans les premiers de ces édifices , et qu'ils sont ou inutiles ou !1° Secriow. mal disposés dans les derniers.

De cette comparaison nous tirerons les conséquences qui suivent : dans la composition on ne s’occupera plus des formes ni des proportions sous le rapport du plaisir ; on soccupera même peu de celles de la première espèce, sous le rapport de l'utilité, quoiqu’elles soient les plus importantes, vu que naturellement elles naissent et de l'usage des objets, et de la nature des matériaux employés à la construction de ces objets ; les formes et les proportions de la deuxième espèce seront regardées comme choses purement locales, uniquement destinées à ne point choquer nos habitudes ; en sorte que si l’on bâtissait, soit en Perse , Soit à la Chine ou au Japon, on s’abstiendrait d’en faire usage, parce qu’en agir autrement serait s'opposer aux usages du pays, aux matériaux même que l'on y emploie : on fera servir les formes et les proportions de la troisième espèce, par la raison que, dans une foule de circonstances, elles favorisent l’économie, et que toujours elles facilitent l'étude et l’exercice de l'architecture ; enfin l’on ne s’attachera plus qu’à la disposition , qui, lorsqu'elle est convenable, lorsqu'elle est économique, en atteignant la fin que l'architecture se propose , devient la source de l’agréable sensation que nous font éprouver les édifices.

La disposition sera donc la seule chose qui, dans le reste de cet ouvrage, doive nous occuper, quand même, nous le

répétons , l'architecture ferait du soin de plaire son but principal.

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