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ENTERO-COLITE MUCO-MEMBRANEUSE

langées de ])ouletles fécales dures, parfois même des vomissements^ de la lièvre, de rabattement. Au bout de quelques poussées de ce i-enre, V inflammation de C intestin s'établit cbioniquement, des r/hnrrs apparaissent dans les garde-robes, engluant les boulettes fécales comme d'une couche vernissée, ou se présentant sous forme de filaments veimicellés, de membranes, de paicelles perlées. En même temps, on tiouve dans les matières un y/ arfc?' sablonneux, facile à recueillir, en mettant les matières dans un tamis sous un robinet d'eau. L'entéro-colite miico-membraneuse et sableuse est dès lors constituée.

A cette période d'état, les enfants sont pâles, parfois un jieii jaunâtres, aj)at]iiques, mous; leurs chairs sont flasques et transparentes; leur ventre est volumineux, ballonné au moment des poussées inflammatoiies, mou en période intercalaiie. Par la palpation, on sent souvent le célon ascendant, le côlon descendant et IS iliaque loulant sous le doigt comme des cordes; ils sont en état de spasme; au. moment des poussées aiguës, la portion atteinte de Fintestin est douloureuse; la partie correspondante de la paroi abdominale se conti'acture et foime un plan résistant, comme en bois. Ces poussées douloureuses tantôt sont généralisées à tout Je côlon; leniant en indique le siège en faisant de la main le tour de son ventre; tantôt elles se localisent soit au côlon transverse (barre épigastriques soit à l'angle dioit ou à langle gauche du côlon (point sous-hépali(pie,. point sous-splénique), soit au cœcum (point de Mac Burney), H)it à rS iliaque (|ioint de Mac Bumey gauche), soit à [ilusieurs de ces régions à la fois. Ces i)oussées aiguës se jugent par l'expulsion de paquets de glaires, suivie d'une i)ériode de soulagement plus ou moins durable.

Vévolution de la maladie est très vaiiable et en rapport du reste avec le soin plus ou moins grand avec lequel sont suivies les ])iécautions hygiéniques. Les enfants mal soignés, mal surveillés, tombent dans un état d'apathie et d'anémie progressives; l'amaigrisse- Mient ne suivient qu'à la période avancée. Même, quand l'élat n'atteint pas cette gravité, les enfants restent en retard dans leur développement, trop petits pour leur âge, faibles, sujets à des indisj)ositions constantes. 11 faut un régime strict longtemps prolongt' ]>our les faire renaître peu à peu à un état de santé satisfaisant.

Diag:iios<io. — Le diagnostic de l'entéro-colite chez l'enfant est facile de par l'évolution de la maladie, le caractère des selles, les localisations de la douleur. Le diagnostic avec Yappendicite n'auiait pas à être discuté bien longuement si i:ne question de doctrine ne s'était mêlée à la question clinique ; cette doctrine fâcheuse est celle

qui fait de rentéro-colile la cause de l'appendicite ; chose curieuse, les auteurs qui l'adoptent enseignent en même temps que l'appendicectomie guérit l'entéro-colite, ce qui prouverait que l'appendicite est la cause de l'entéro-colite, c'est-à-dire l'inverse de leur doctrine. Il leur importe peu de distinguer entéro-colite et appendicite, puisqu'ils se comportent de même dans l'un et l'autre cas. En réalité, l'appendicectomie est inutile dans l'entéro-colite; l'entérocolite persiste après l'opération comme avant. Le diagnostic est donc de première importance. Même quand l'entéro-colite se localise uniquement à la région caecale, on la distinguera de l'appendicite à la fois par les caractères mêmes de la crise, par l'absence de contracture et d'hyperesthésie aussi nettement localisées que dans l'appendicite, par l'histoire entière des malades et les caractères des selles ; chez l'enfant, l'entéro-colite ne débute jamais aussi brusquement que l'appendicite.

Traitement. — Les poussées aiguës seront traitées parle séjour au lit, l'application de compresses chaudes sur le ventre, la diète aux décoctions végétales ; si l'enfant est déjà grand, on pourra y joindre les opiacés. En quarante-huit heures en général, la crise est terminée.

Après la crise, l'alimentation ne doit être reprise que très prudemment, en commençant, même chez les grands enfants, par les bouillies de farine au bouillon de légumes. i

Même dans l'intervalle des crises, l'alimentation doit être res^ treinte. Les farineux en seront la base. On donnera le matin une bouillie épaisse au bouillon de légumes ; àmidi, unepuréede pommes de terre, farines, haricots, marrons, ou des pâtes (macaroni, nouilles), des légumes verts cuits hachés, une compote de fruits; à quatre heures, une bouillie au bouillon de légumes ; le soir un potage passé, une purée, une compote. Ce régime comporte l'exclusion du lait ; le lait, chez ces sujets, provoque une constipation opiniâtre, très défavorable à leur état; toutefois, chez les sujets qui maigriraient avec le régime des farineux, on peut essayer la crème de lait et même le beurre ; la tolérance pour les matières grasses varie en effet avec les sujets; quand l'estomac et l'intestin grêle ne participent pas aux troubles qui atteignent le côlon, le beurre est bien toléré et aide aux évacuations.

Les œufs, les viandes ne doivent être donnés aux enfants atteints <rentérite muco-menibraneuse que quand l'amélioration est déjà bien marquée et qu'il est utile d'accélérer la croissance ; cette reprise de l'alimentation albuminoïde ne sera tentée qu'avec beaucoup de prudence.

Apert. — Précis des Mal. des Enfants. 23

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11 faut surveiller avec j^rand soin la régularité des selles. Dans les débuis, les grands lavages journaliers de Tintestin seront utiles s'ils ne provoquent pas de spasme ; on fera passer selon Vàge de Fenfani un quart de litre à 1 litre d'eau de guimauve ou d'eau de son tiède ; mais il faudra arriver le plus vite possible à diminuer la quantité d'eau et le nombre de lavages, quand l'eau reviendra claire et ne ramènera plus de glaires ni de membi^anes. 11 faudra tâcher d'obtenir de l'enfant des défécations journalières à heure fixe ; quand la défécation aura lieu spontanément, on ne fera pas ce jour-là de lavage.

Le traitement médicamenteux est très restreint ; cependant les petits doses de sulfate de soude (2 à 4 grammes selon l'âge), répétées tous les jours ou tous les deux jours, sont utiles. On pourra aussi donner de temps en temps une cuillerée à café d'huile de ricin.

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