I. — Hémorragies intracraniennes obstétricales
On les voit chez les enfanls dont la naissance a été laborieuse et qui sont nés en état de mort apparente, quand la tête fœtale première a été longtemps pressée contre une filière pelvi-vaginale trop étroite ou trop résistante, ou quand une application de forceps a été faite dans de mauvaises conditions, au détroit supérieur par exemple, ou plus souvent encore quand l'enfant est né tête derrière, alors que la tête a été retenue quelque temps à la vulve et que le cordon ombilical comprimé a cessé de battre depuis quelque temps. Quand il s'agit d'enfants petits, débiles, prématurés, il suffit d'incidents obstétricaux plus légers pour provoquer les mêmes conséquences, ce qui tient sans doute à la plus grande fragilité des tissus et à la moindre résistance des parois veineuses.
Beaucoup de ces enfants naissent morts ou survivent peu. A l'autopsie, on trouve du sang épanché entre le cuir chevelu et le crâne (bosse séro-sanguine), du sang imprégnant les pièces osseuses du crâne, du sang en nappe dans l'espace sous-arachnoïdien, et un piqueté hémorragique de la substance cérébrale. La localisation de ces épanchemenls sanguins est importante à noter ; presque constamment les lésions sont maxima au niveau du vertex, au point correspondant aux extrémités supérieures des circonvolutions rolandiques; de là elles s'étendent, en s'atténuant, sur les parties antérieures, latérales et postérieures des deux hémisphères cérébraux.
Cette localisation explique que chez les enfants qui, malgré ces hémorragies, ont pu être. tirés de leur état de mort apparente et ont survécu, on observe des phénomènes paralytiques et spasmodiques prédominant aux membres inférieurs, c'est-à-dire prenant le type clinique que nous aurons à décrire plus loin sous le nom de Maladie DE LiTTLE (Voy. cet article). Les hémorragies méningées obstétricales sont en effet non pas la seule cause, mais la cause la plus fréquente de celte maladie.