II. - ENDOCARDITE
Etiologie. — L'endocardite infectieuse est rare chez l'enfant et ne présente chez lui rien de particulier.
L'endocardite simple relève presque toujours chez l'enfant du rhumatisme ou de la chorée (voy. ces maladies), plus exceptionnellement de la scarlatine, de la rougeole, de la broncha pneumonie.
Symptomatologie. — Les altérations valvulaires et les signes physiques par lesquels elles se manifestent ne diffèrent pas de ce qu'elles sont chez l'adulte. Ce qui caractérise l'endocardite de l'enfance, c'est la réaction particulière du myocarde susceptible d'une hypertrophie considérable, d'où une évolution différente de celle qu'on voit chez l'adulte.
Chez l'enfant, l'hypertrophie compensatrice du myocarde estrapide et intense. Aussi la lésion valvulaire, bien compensée, est en général parfaitement tolérée; les symptômes fonctionnels sontalois nuls ; il faut l'examen physique pour révéler la lésion.
L'inspection de la poitrine suffit souvent, pour montrer {'hypertrophie cardiaque. La voussure de la région cardiaque est manifeste; les mouvements cardiaques sont visibles à travers les espaces intercostaux si l'enfant est maigre, ce qui est la règle, surtout chez le jeune garçon ; pour peu que l'hypertrophie soit un peu forte, les soulèvements des espaces supérieurs s'accompagnent souvent de retrait des espaces inférieurs. 11 faut se garder de croire, d'après ce signe, àdela. symphyse cardiaque. Même en f'absence de toute adhérence et de toute altération du péricarde, le retrait est la règle, quand l'hypertrophie est prononcée, ce qui est fréquent.
Par lapalpation, on délimite facilement la situation de la pointe : elle est abaissée, sans être en général déviée ; elle bat dans les cinquième, sixième, septième espaces, un peu en dedans de la ligne mnmelonnaire.
Si alors on ausculte, on trouve le souffle caractéristique ; l'ipsuffii sance niitrale est de beaucoup la iésionla plus fréquente ; le souffle
est doux, fort, s'entendant nettement à la pointe et se prolongeant nettement dans l'aisselle.
Évolution. — L'endocardite peut être très bien supportée et l'enfant atteint alors l'âge adulte sans autres ennuis que l'essoufflement facile, et plus rarement des palpitations, de l'arythmie. Toutefois la maladie mi traie intense, avec grosse insuffisance, peut amener chez l'enfant l'asystolie, avec le même cortège que chez l'adulte : slase pulmonaire, stase jugulaire, stase hépatique, œdème des jambes, puis œdème généralisé, pouls petit, rapide, faible, urines rares et colorées. L'arythmie est plus rare que chez l'adulte.
Traitement. — Les premières crises d'asystolie obéissent en général merveilleusement au traitement ditjitalique (à condition que l'endocardite ne soit pas compliquée de symphyse). 11 faut mettre l'enfant au lit et au lait, ou du moins au régime déchloruré ; il faut appliquer une vessie de glace au-devant du cœur dix minutes, toutes les heures ou toutes les deux heures ; on provoque ainsi un réflexe de contraction cardiaque ; il faut, en outre, employer un traitement médicamenteux analogue au suivant :
Commencer par dégorger le système veineux, soit par une application de ventouses scarifiées aux bases des poumons, soit par des sangsues à la région hépatique, soit par un purgatif drastique :
Eau-de-vie allemande ) „ . .„ , ,,.
„. , f ss 5 a 10 gr. selon lage.
Sirop ae nerprun ^
puis donner la digitale, sous forme de macération de poudre de feuilles, Os1, 50 à 1^,50, à .faire macérer vingt quatre heures dans 200 gramme d'eau ; on fera prendre chaque jour, pendant trois jours, le tiers de cette macération, en donnant une cuillerée à soupe trois fois par jour. On peut remplacer la poudre par la digitaline cristallisée, s l'on n'est pas certain de l'activité de la poudre, ou si l'on n'a pas devant soi le temps suffisant pour faire préparer la macération ; en ce cas, on donne trois fois par jour, pendant trois jours consécutifs, V à XX gouttes de solution de digitaline cristallisée au millième, ou encore une ou deux cuillerées à café de sirop de digitale par