GLOBULES ROUGES A NOYAU
globulaire dont témoigne l'ictère physiologique du nouveau-né (voy. p. 26). Les grandes oscillations du nombre des globules rouges s'expliquent par la combinaison de ces deux facteurs avec la déshydratation qui s'opère durant les premiers jours, par le fait de la perspiration cutanée et pulmonaire, et avec la réhydratation ultérieure du fait de l'alimentation.
Globules blancs. — Dans les premiers jours, ily a de l'hyperleucocytose. On observe lî> à 18 000 globules par millimètre cube. Cet état est très passager : bientôt le nombre des leucocytes passe par un minimum de 4000 à 6 000; il remonte ensuite, quand cesse la chute de poids physiologique, entre 7 000 et 9 000. Dans les deux premières années, le chiffre varie de 8 000 à 10 000, avec augmentation marquée pendant les périodes de digestion.
L'hyperleucocytose des premières heures est due à un afflux de polynucléaires; on en trouve 60 à 70 p. 100; la proportion des polynucléaires diminue ensuite les jours suivants. 11 y a, du reste, de grandes variations individuelles.
Les chiffres suivants, trouvés par J. Jolly sur six nouveau-nés de un à dix jours, donnent une idée de l'étendue de ces variations.
Petits Grands lntermé- Polynu- Eosino-
mono. mono. diaires. cléaires. philes.
Maximum 17 53,5 4,5 64 4
Moyenne 11,7 42,2 2,8 40,7 2,3
Minimum 6.5 27,2 1 34,7 1
Ultérieurement, le chiffres deviennent plus constants et, de dix jours à huit ou dix ans, la mononucléose est légèrement prédominante, surtout à cause de l'abondance des lymphocytes. Les éosinophiles sont également plus abondants que chez l'adulte (4 à 7 p. 100).
Voici, du reste, les chiffres donnés par Fischl pour l'enfant de trois ans :
Nombre de leucocytes 10 à 12000
Lymphocytes 32 p. 100
Grands mononucléaires 37 —
Polynucléaires . 27 —
Éosinopbiles 5 —
Sérum. — Il est lactescent chez les nouveau-nés, tant que dure l'alimentation lactée exclusive, et sa couleur est verdâtre, plus foncée et plus fluorescente qu'ultérieurement.
Le pouvoir bactéricide est chez l'enfant plus grand que chez l'adulte.
Globules rouges a noyau (cellules rouges, érythroblastes). — On en trouve normalement dans le sang fœtal et quelques-uns encore à
Ja naissance, chez les prématurés. Toutefois ils ne tardent pas à disparaître. Mais ils reparaissent dans les anémies et les infections déglobulisantes, avec une facilité d'autant plus marquée que l'enfant est plus jeune. Le plus souvent, ces cc.'lules diffèrent peu comme taille de celle des globules rouges; on les appelle alors normoblastes; exceptionnellement, elles ont un volume considérable et reçoivent le nom de mégaloblastes.
B. Ganglions lymphatiques. — Lesganglions lymphatiques sont très actifs chez les enfants, et surtout formés par les follicules, avec des centres germinatifs qui cessent d'exister chez l'adulte ; le tissu conjonctif est très peu abondant et se développe seulement lors des progrès de l'âge ; la capsule est peu épaisse, ce qui explique la facilité des périadénites et des adénophlegmons.
C. Moelle osseuse. — Dans le jeune âge, la moelle osseuse est normalement rouge et en pleine activité de multiplication cellulaire, état qui ne se voit chez l'adulte qu'à l'état pathologique ; dans la deuxième enfance, la moelle commence à pâlir dans la diaphyse des os longs et à prendre la coloration jaunâtre résultant de la transformation adipeuse de ses éléments cellulaires ; elle reste rouge et active dans les épiphyses et dans les os plats jusqu'après la croissance ; même au niveau de la diaphyse, la transformation adipeuse est précaire chez les jeunes sujets, et il suffit d'un état pathologique peu intense pour que la moelle des diaphyses revienne à l'état d'activité et à la coloration rouge.
D. Rate. — Elle pèse 10 à 20 grammes chez le nouveau-né; son poids croîl proportionnellement au poids du corps. Elle s'hyperlrophie plus facilement chez l'enfant que chez l'adulte.
On la trouve- grosse dans la syphilis héréditaire, la tuberculose chronique, les infections prolongées, le rachitisme, les dyspepsies habituelles.
Son évolution histologique est comparable à celle des ganglions lymphatiques.