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VOMISSEMENTS CYCLIQUES

lamentable. L'amaigrissement est notable, l'affaiblissement intense. Finalement l'entant tolère l'eau d'abord, surtout glacée, puis l'eau glacée addilionnée de lait; enlin il s'alimente et revient très vile à la santé parfaite. En général, la température s'élève dans les premiers temps de la crise, mais toujours très peu. Elle oscille entre 37°, 5 el 38°. Ultérieurement, elle revient à la normale, et on peut même voir de l'hypothermie quand l'état d'inanition se prolonge.

M. Marfan a montré qu'il est constant, dans ces cas, de trouver à l'haleine, dès le début de la' crise, l'odeur d'acétone, et à peu près constant de constater, par les réactifs appropriés, la présence d'acétone dans l'urine ; d'où le nom de vomissement avec acétunémie. Les urines ont habituellement une couleur jaune safran et une limpidité parfaite.

Parfois les vomissements sont mélangés de bile, quelquefois striés de sang ; rarement on constate de la céphalalgie, du délire, des convulsions, de la dyspnée, de l'arythmie du pouls; exceptionnellement l'enfant a succombé à une crise prolongée. Dans la très grande majorité des cas, les vomissements sont le seul symptôme, et l'état n'est alarmant qu'en apparence. Les cas mortels et les cas compliqués ne sont sans doule pas des cas purs.

La caractéristique de ces crises est de se répéter à intervalles irréguliers, variant d'un ou deux mois à un ou deux ans. La première crise débute dès les premières années, le plus souvent dans la deuxième ou troisième année de l'existence; les crises se répèlent pendant presque toute la durée de l'enfance. Aux approches de la puberté, elles sont fréquemment remplacées par des crises d'autre nature : migraines, entéralgies, entérite membraneuse. La plupart du temps, les enfants ont une hérédité arthritique chargée, et spécialement une hérédité goutteuse. En général, les crises apparaissent sans cause occasionnelle décelable ; parfois les excès alimentaires, les émotions vives, les préoccupations font naître la crise ; j'ai vu deux enfants d'une même famille qui tous deux ont eu une crise chaque fois que perçait une molaire-; la notion familiale est, du reste, souvent relevée; plusieurs enfants d'un même couple sont souvent atteints; les tilles le sont plus fréquemment que les garçons. M. Richardière a constaté parfois une participation du foie se manifeslant par une tuméfaction de la glande et du subictère.

Diagnostic. — La crise de vomissements cycliques ne ressemble pas à la crise d'appendicite. Cependant on a accusé les vomissements cycliques d'èlre la conséquence de lésions appendiculaires larvées; on a prétendu les guérir par l'appendicectomie. Que certaines altérations chroniques de l'appendice puissent causer des troubles

digestifs à répétition, se manifestant parfois en première ligne par des vomissements à répétition, cela est incontestable. Mais il n'est P--s moins incontestable que les vomissements cycliques dans leur forme typique n'ont rien à voir avec l'appendicite. L'erreur serait néanmoins trop préjudiciable au malade pour que ce diagnostic ne mérite pas de nous arrêter quelque temps.

L'appendicite est polymorphe, il faut toujours s'en méfier; néanmoins, quand il n'existe au point de Mac Burney ni douleur, ni contracture musculaire, ni hyperesthésie, quand les crises se répètent sans qu'aucune d'entre elles ne révèle cette localisation, l'appendice n'est pas en cause. Les vomissements cycliques causent parfois une rétraction totale du ventre et un endolorissement périombilical dus, sans doute, aux eflorts de vomissements, mais jamais une contracture focalisée à la fosse iliaque droite. Parfois on sent le côlon en contracture, formant corde à droite (côlon ascendant) et à gauche (côlon descendant) comme dans l'entérite spasmodique. H faut se garder de considérer le côlon ascendant contracture comme un engorgement cascal, et surtout comme un appendice enflammé. En crise aiguë d'appendicite, la contracture locale empêche toujours de sentir l'appendice.

Quelle valeur faut-il accorder, au point de vue diagnostique, à l'odeur d'acétone de l'haleine et à la présence d'acétone dans l'urine'?

Certes, ces constatations sont en faveur des vomissements cycliques. Toutefois il ne faut pas oublier qu'à la suite de tout vomissement l'haleine peut prendre une odeur aigrelette, et que l'inanition est susceptibie, par elle seule, de faire apparaître l'acétone dans l'urine.

Chez des enfants prédisposés, un début de mafadie peut provoquer des vomissements cycliques. Les lièvres éruptives, la pneumonie, l'appendicite, la méningite peuvent ainsi être annoncées par une crise de vomissements ne différant en rien des crises précédentes. 11 faut bien connaître ces faits.

Traitement. — En cours de crise, toute alimentation est nuisi le ; il faut s'en tenir à de très petites gorgées d'eau glacée et alcafinisée, qui ne sont pas toujours elles-mêmes supportées; il faut vider f'intestin par un lavement, tenir autant que possible l'enfant au lit, bien couvert, dans une chambre chaude. Si la crise se prolonge, on peut donner des lavement nutritifs et des injections souscutanées d'eau salée à 10 p. 1000 pour éviter une trop grande déshydratation. M. E. Terrien a constaté les bons effets de l'administration de quelques gouttes de solution d'adrénaline au millième répétée plusieurs fois par jour. Il pense que les vomissements cy-

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