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VII. - DYSENTERIE ET COLITE DYSENTÉRIFORME

La dysenterie amibienne endémique des pays chauds frappe dans ces pays l'enfanl aussi bien que l'adulte et est grave chez l'enfant tant par elle-même que par ses complications.

Dans les pays tempérés, on observe surtout la dysenterie nostras, dont l'agent pathogène est le bacille de Chanlemesse- Widal. Cette dysenterie bacillaire apparaît pendant les chaleurs de l'été, dans les contrées humides, aux abords, des fleuves (1) ; elle irappe surtout les sujets fatigués, débilités, mal nourris, et les enfants dyspeptiques ou malingres.

Symptoiuatologie. — Les selles ont dans la dysenterie un caractère spécial. Elles sont glaireuses, et les glaires, au lieu d'être translucides et plus ou moins teintées de jaune ou de vert comme dans les gastro-entérites, sont blanchâtres, opalines, et, dans les cas graves, çà et là teintées par le sang ; chaque selle est peu abondante, mais les selles se répètent fréquemment ; en outre, l'enfant a à chaque instant des épreintes, c'est-à-dire des besoins d'aller à la garde-robe, et des contractions plus ou moins douloureuses du rectum, qui n'aboutissent pas à une évacuation.

Dans les premiers jours, la fièvre est la règlev mais elle est irrégulière, variable dans sa durée et sa persistance. Une fois la maladie établie, la fièvre n'apparaîl plus que par poussées passagères. Malgré la chute de la fièvre, l'enfant dépérit rapidement. L'amaigrissement est considérable, l'appétit nul, les digestions difficiles, et parfois des vomissements surviennent. Dans les cas intenses, la mort peut survenir chez les petits enfants en une huitaine dejours. Dans les cas d'intensité moyenne, chez des enfants antérieurement bien portants, on arrive en général à juguler le mal au bout de huit à douze jours de traitement. Le signal de la guérisonest la réapparition des selles bilieuses, bientôt suivie du rétablissement des fonctions digestives et de l'état général.

Les complications sont rares; les perforations intestinales, les abcès du foie, fréquents dans la dysenterie amibienne, ne s'observent pas dans la dysenterie nostras.

Anatomie pathologique. — Le gros intestin est rouge, congestionné ; les follicules clos sont tuméfiés et rouges (entérite folliculaire) ; il y a des ulcérations puncliformes surces follicules; parfois

(1) Dans la région parisienne, la dysenterie ne s'observe guère que le long de la Basse- Sei le, surtout sur la rive gauche, à Grenelle, Javel, les Moulineaui, le Bas-\!eudon, au premier coude de la Seine, et h Bougival, l'urt-Marly, Le Pecq, au second coude de ce tlcuve,

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même elles confluent pour former des ulcérations peu étendues ; mais on n'observe pas dans la dysenterie nostras les vastes délabrements de la muqueuse intestinale, qui sont la règle dans la dysenterie des pays chauds.

Diagnostic. — Les caractères particuliers des selles permettent de distinguer la dysenterie des gastro-entérites glaireuses et des entéro-colites muco-mcmbraneuses. L'absence de bile dans les selles, leur répétition, la présence du sang sont propres à la dysenterie. Toutefois il existe des colites dysentéri formes qui sont à la dysenterie vraie ce que les fièvres paratyphoïdes sont à l'infection à bacilles d'Eberth; ces colites dysentériformes ressemblent à la dysenterie par l'aspect des selles ; mais celles-ci sont moins fréquentes, l'état général est moins atteint, la fièvre est moins marquée, la chronicité esi plus fréquente. 11 est impossible, de par la clinique, de distinguer de façon ferme les colites dysentériformes des dysenteries vraies atténuées. La notion épidémique elle-même n'est ipas suffisante, puisqu'on a observé des épidémies de colite dysentériforme. Le seul moyen de diagnostic est la séro-réaction, pratiquée avec une culture de bacille de Chantemesse-Widal (appelé aussi bacille de Shiga) ; la technique est la même que pour la séro-réaction typhique.

Certaines colites dysentériformes-donnentune séro-réaction positive avec un bacille paradysentérique isolé par Flexner, et qui ne diffère du bacille dysentérique vrai que parl'impossibilité d'agglutiner l'un avec le sérum des animaux infectés par l'autre. 11 est probable que la plupart des colites dysentériformes ou estivales épidémiques .sont dues à des variétés diverses de bacilles paradysentériques.

Enfin, outre l'amibe de la dysenterie des pays chauds, plusieurs protozoaires peuvent causer de la colite ou delà rectite dysentériformes. Tels Lamblia irttestinalis, Balantidium eoli. L'examen microscopique des selles montre alors une grande quantité de ces parasites.

Traitement. — Les cholagogues sont très indiqués dans ladysen- ■ terie et dans les colites dysentériformes ; la réapparition de la bile dans l'intestin est du meilleur augure. Dans les formes légères, l'administration d'une dose de 0sr,10 à 0sr,30 de calomel selon l'âge suffit parfois à obtenir une selle jaune, bientôt suivie de selles moulées. Si l'on n'arrive pas à ce résultat, on alternera les petites doses de sulfate de soude et de salicylate de soude. On peut encore employer l'ipéca à la brésilienne, c'est-à-dire soumis à une décoction prolongée, ce qui lui fait perdre ses propriétés émétiques :

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