‹ Précis des maladies des enfantsChapitre 203 sur 283 · DEUXIÈME SECTION MALADIES DE L'ENCÉPHALE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME SECTION MALADIES DE L'ENCÉPHALE

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES

Chez l'adulte, les types morbides relevant de lésions de l'encéphale sont conditionnés beaucoup plus par la localisation des lésions que par leur nature. !>i, par exemple, il est facile de conclure de la constatation d'une hémiplégie chez un adulte à une altération des centres moteurs de l'hémisphère cérébral du côté opposé ou des faisceaux blancs qui en émanent, il est souvent plus difficile de préciser la nature de cette altération : hémorragie, ramollissement, etc. De même pour l'aphasie, l'hémianopsie et tous les grands syndromes d'origine cérébrale. 11 est donc nécessaire, en pathologie cérébrale de l'adulte, sous peine de confusions et de redites, de procéder à une étude en partie double pour ainsi dire : d'une part, les lésions, hémorragie, ramollissement, tumeurs, etc. ; d'autre part, les symptômes, hémiplégie, aphasie, etc.

Cette façon de faire s'impose davantage encore chez l'enfant. Chez ce dernier, un nouvel élément vient compliquer encore les faits et exiger que l'analyse soit poussée plus loin encore. Tandis que, chez l'adulte, les lésions, une fois produites, évoluent peu, et à peu près toujours dans le même sens, de telle sorte qu'en présence de cerveaux d'hémiplégiques, il est possible de dire : le processus primitif a été ici une hémorragie, ici un ramollissement, ici une tumeur, etc., il n'en est plus de même chez l'enfant, surtout si la lésion remonte aux premières années de la vie, et plus encore si elle remonte à la vie fa1 taie. Dans le cerveau encore en formation du fœtus et du nouveauné, les réactions aux divers processus morbides sont susceptibles de se produire et de créer des types anatomiques et cliniques qui ne s'observent plus guère chez l'adulte.

Aussi devrons-nous étudier non seulement les processus primitifs, hémorragies, encéphalites, abcès, tumeurs, comme chez l'adulte, mais aussi les lésions secondaires variéesque les premiers sont susceplibles de provoquer, sans qu'il soit toujours possible de savoir auquel il

HÉMORRAGIES WTRACRANIENNES. M3

faut les rattacher : transformation kystique, porencéphalie, sclérose cérébrale, etc.

Les types anatomiques sont par suite beaucoup plus variés que chez l'adulte ; ils sont en outre encore moins superposables à des formes cliniques; ces dernières offrent, elles aussi, plus de variétés que chez l'adulte, et il est plus difficile d'y décrire des types cliniques bien tranchés.

Pour ces diverses raisons, nous étudierons dans un chapitre particulier les divers processus susceptibles d'altérer le cerveau du fœtus et de l'enfant : hémorragies intracraniennes, suppurations, fumeurs, ramollissement, ainsi que les lésions secondaires susceptibles de succéder à ces divers processus : sclérose, porencéphalie, kystes.

Après cette sorte d'introduction analomo-pathologique et éliologique, nous aborderons, dans les chapitres ultérieurs, l'étude des types cliniques susceptibles de traduire ces diverses lésions; ils peuvent être réduits, pour la description, à trois principaux : hémiplégie cérébrale infantile, paraplégie cérébrale infantile ou maladie de Little, idiotie.

Enfin nous consacrerons un article spécial à un symptôme d'origine cérébrale, nui joue un grand rôle en médecine infantile, les convulsions.

Page 1