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Précis des médicamens antipsoriques homéopathiques, de leur sphère d'action principale et de leurs propriétés caractéristiques

Parmi les ouvrages les plus utiles au médecin qui se livre à la pratique de l'homéopathie, on doit placer au premier rang , le Répertoire et le Précis des médicament antipsoriques de M. le docteur Ç. de Bônninghausen. Ce dernier, dont nous publions aujourd'hui la traduction, est le complément indispensable du Traité des maladies chroniques du vénérable fondateur de l'homéopathie ; car , a l'époque où parut l'ouvrage de Hahnemann, on ne connaissait encore que vingt-deux médicamens antipsoriques, et M. de Bônninghausen a donné la symptomatologie de vingt-six médicamens nouveaux qui ont été reconnus et expérimentés par les soins de Hahnemann et de quelques-uns de ses disciples.

Cette richesse thérapeuthique n'est point le seul mérite de l'ouvrage de M. de Bônninghausen ; la plupart des médecins qui , après s'être pénétrés , dans VOrganon de Vart de guérir et le Traité des maladies chroniques , des principes de l'homéopathie, désirent en faire l'application a quelques cas particuliers, sont souvent découragés par la difficulté de trouver le médicament convenable. On croit, au premier examen, reconnaître dans presque tous les remèdes le portrait

vi PRÉFACE

de la maladie qu'on veut traiter ; et cependant un seul de ces remèdes est vraiment homéopathique et salutaire, la plupart des autres sont sans efficacité. Il était donc de la plus grande importance, pour faciliter et assurer le choix du meilleur médicament, de mettre, le plus clairement possible, sous les yeux du médecin , les symptômes essentiels et caractéristiques de chacun d'eux. Grâce aux ouvrages de M. de Bônninghausen, la tâche du praticien devient de jour en jour plus facile et plus sûre, et le prix du temps que l'on gagne est incalculable.

llahnemann, dans l'intérêt bien entendu de sa doctrine, et afin de prévenir les essais frivoles que des médecins routiniers voudraient tenter sans avoir pris la peine d'étudier les principes de la science, a évité de donner un nom, une désignation synthétique aux symptômes dont le groupe forme une maladie diversement qualifiée dans le langage de l'école ancienne. Ainsi, il n'y avait pour lui, ni fïevre bilieuse , ni céphalite, rrt ascite, mais seulement une description fidèle et minutieuse de tous les symptômes ressentis par le malade, et il s'était servi de termes généraux qu'il était réservé au médecin consciencieux de formuler pour la pratique. Maintenant que l'homéopathie est plus étudiée et mieux connue, M. de Bônninghausen a cru pouvoir préciser les cas de maladies anciennement dénommées, où chaque remède s'était montré spécifique, sans dispenser toutefois de recourir au tableau complet des symptômes qui seul est le garant infaillible et sur qu'un remède est vraiment homéopathique. Cette méthode a l'avantage de donner plus de précision et de facilité au travail et au langage du médecin de l'école de Hahnemann. Aussi, pour entrer complètement dans le but de l'auteur, et ajouter un nouveau degré d'utilité a son ouvrage, nous sommes-nous permis de faire suivre chaque médicament de quelques notes pratiques que nous avons puisées dans les publications des plus célèbres homéopathes de l'Allemagne. Elles sont distinguées du texte par le signe (N. D. T 7 . ), et

DES TRADUCTEURS. vij

nous avons indiqué les sources cToii sont tirées ces notes importantes.

Nous avons pensé qu'il n'était pas inutile de rapporter ici, i°. un tableau concis des médicamens intermédiaires les plus usités dans les maladies chroniques ; 2°. la liste de ceux qui servent à combattre les troubles physiques et moraux survenus pendant le cours d'un traitement antipsorique ; 3°. rénumération des remèdes cdàj^pus dans cet ouvrage , le nombre des symptômes de chacun d'eux , leur durée d'action approximative, et les-antidotes généralement connus jusqu'ici.

Enfin , il n'est pas possible de passer entièrement sous silence deux des points les plus essentiels de la thérapie homéopathique, i°. la quantité des doses ; a°. leur répétition. Relativement à la première question, on lit dans la préface de la première édition du Répertoire de M. de Bônninghausen , que l'expérience des dernières années s'est prononcée décidément en faveur des plus hautes atténuations et des plus petites doses. « C'est pourquoi, dit-il , tous les bons homéopathes ne se servent plus maintenant que de la plus petite partie , un ou deux globules au plus , humectés d'une goutte des plus hautes atténuations ; et aucun d'eux n'a encore trouvé de motifs de revenir à de plus fortes doses. » Ce principe, qui subit de nombreuses exceptions dans les maladies aiguës, est généralement adopté dans le traitement dès maladies chroniques. On évite par là les fortes et perturbatrices aggravations qui compromettent quelquefois le succès d'une cure ; d'ailleurs, si une seule petite dose ne peut combattre, d'une manière efficace, la diathèse maladive présente, et exciter, d'une manière durable, une réaction salutaire, on remédie a cet inconvénient par la répétition de la dose. Il était réservé au savant fondateur de la nouvelle méthode médicale déposer les règles naturelles d'après lesquelles la répétition des doses les plus petites peut être jugée nécessaire pour atteindre le but avec certitude,

On trouvera plus loin l'article remarquable de Hahnemann

viij PRÉFACE DES TRADUCTEURS,

sur cette théorie qui n'a encore été traitée nulle part aussi complètement et d'une manière aussi satisfaisante.

Depuis la publication de cet article, M. le docteur Hering, de Philadelphie, qui n'en avait pas connaissance , a inséré dans les Archives homéopathiques ''(vol, XIII, cah. 3) un mémoire fort important sur la répétition des remèdes ; nous le donnons ici a côté de celui de Hâhnemahn. Il ne nous appartient pas de nous prononcer sur^fceïle de ces deux méthodes qui nous paraît réunir le plus d'avantages. Il n'y a rien d'absolu dans les sciences physiologiques, et l'expérience, qui a déjà confirmé l'excellence des préceptes de Hahnemann sur la répétition des doses, ne tardera pas a nous instruire des modifications que les opinions de M. Hering doivent apporter dans l'application de cette théorie.

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