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Le communisme et la prochaine guerre mondiale

Je ne pouvais pas le faire sans bouleverser toute

l’économie de ce petit guide à travers le communisme , dont nos militants ont pu et su tirer un certain avantage pour la propagande dans les milieux les plus divers.

Je me borne à résumer ici quelques conclusions concernant les trois problèmes précités : 1. le fascisme, 2. l’expérience soviétique, 3. la guerre.

Le fascisme se répand dans le monde capitaliste comme une véritable peste noire. Il tient dans ses griffes

la pauvre Italie, la malheureuse Espagne, les Balkans, la Hongrie. Il a plus ou moins conquis la Lithuanie et la Pologne. Les conservateurs anglais le cajolent. Les réactionnaires français en révent, les nationalistes allemands le revendiquent. D’où vient la force du fascisme ? De ceci : Le capitalisme aux abois jette loin de lui son masque démocratique, et se défend par tous les moyens en allant jusqu à Villégalité. Le capitalisme, à sa dernière étape impérialiste, dévoile sa nature intime : il devient banditisme pur et simple. Il retourne à ses origines, à sa période primitive où commerçant, corsaire et pirate ne faisaient qu’un. Les Mussolini et les sous-Mussolini sont les derniers héros de la défense capitaliste fin de régime. La lutte entre la violence réactionnaire du fascisme sanguinaire et la violence émancipatrice de la révolution prolétarienne est inévitable. Tout ce qui l’entrave et l'affaiblit est contre-révolutionnaire, réactionnaire.

L’expérience soviétique !

Plus de onze années se sont écoulées depuis la victoire de la révolution prolétarienne sur un sixième du globe. Son succès a dépassé toutes les espérances. Elle a vaincu ses innombrables ennemis, intérieurs et extérieurs. Elle a triomphé de la famine, des épidémies, de l’anarchie. Elle a relevé un pays laissé en ruines par le tsarisme et par des guerres atroces. Elle a forgé un Parti bolchévik seul et unique dans l’histoire. Elle a forcé ses pires ennemis à reconnaître les Soviets.

Tous les jours la Révolution russe progresse. Elle consacre des milliards à de nouvelles constructions, à de nouvelles entreprises. Elle combat victorieusement l’ignorance et la barbarie anciennes. Elle forme une nouvelle mentalité popidaire. Elle accomplit, et au delà, son devoir de solidarité internationale. C’est l’espoir et l’appui de tous les opprimés, de tous les peuples se trouvant encore sous le joug impérialiste. Et, suprême honneur !... elle

suscite toujours la haine féroce du monde capitaliste et de ses soutiens. Le capitalisme recule politiquement, socialement et intellectuellement. La Révolution, au contraire, progresse comme force politique, sociale et intellectuelle. C'est l'avenir.

La prochaine guerre mondiale!

Elle est devenue inévitable. Le capitalisme, de producteur devenu destructeur, la prépare fébrilement. Sa phraséologie pacifiste est une forme de cette préparation. C'est la machination d'un alibi par un criminel préparant un mauvais coup en même temps que les moyens de défense devant les juges . Le capitalisme, après la dernière guerre, ria changé ni sa politique, ni ses méthodes de rapine, ni son idéologie de haine et de rivalité. Au contraire, il a bâti une demi-douzaine de traités dits de paix , qui ont balkanisé l'Europe et l'ont transformée en une immense poudrière prête à sauter à la première occasion Le fascisme se prépare à y mettre le feu. L'Europe s'arme pour la « guerre totale », c'est-à-dire pour la destruction totale de toute la population combattante et non combattante : hommes, femmes, enfants — à l'aide des poisons et des bombes aériennes.

Seul le communisme reste fidèle, en paroles et en actes , à la solidarité internationale et à la résistance par tous les moyens au carnage mondial qui se prépare, à la défense inconditionnée de l'U.R.S.S., bastion de la révolution mondiale.

Donc seul le communisme est capable de sauver l'humanité de la ruine matérielle et intellectuelle qui la menace.

Le communisme est le salut du monde !

Charles RAPPOPORT.

Paris, 1929.

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