CHAPITRE XIX
Succès de l'infant don Philippe et du maréchal de M aillebois , -suivis des plus grands désastres '.
Ll rien était pas ainsi dans l'Italie et vers les Aipes^ il s-y passait alors une scène extraordinaire. Les plus tristes levers avaient succédé aux prospérités les plus rapides. La maison do France » perdait en Italie .plus quelle ne .gagnait en Flandre, et les pertes semblaient ; môme plus irréparables que les succès ; de Flandre n& paraissaient ulilosi } car , alors le véritable aobjei de h
gaerre était rétablissement de don Philippe. Si on était vaincu en Italie , il n y avait plas de ressources pour cet établissement , et on avait beau être vain-' (jacar en Flandre , on sentait bien que tôt ou tard il Wrait rendre les conquêtes ,et qu'elles n'étaient que comme un gage, une sûreté passagère qui indemni-' sait des pertes qu'on faisait ailleurs. Les cercles d'Allemagne ne prenaient part à rien, les bords du Rhin Paient tranquilles ; c ? était en effet l'Espagne qui était devenue enfin la partie principale dans la guerre. On ne cwribaitait presque plus sur terre et sur mer que pour elle. La cour dTSspagiie n'avait jamais perdu de vue Parme, Plaisance et le Milanais. De tant d Rtats disputés à l'héritière de la maison d'Autriche , il ne restait plus que ces provinces d'Italie sur lesquell es on pût faire valoir des droits. - ' j Depuis la fondation de da monarchie , cette guerre est la seule dans laquelle la France ait été simplement «luxilmire ; elle le fut dans la cause de Fempereur Charles Vil jusqu'à la mort dé ce prince, et dans celle : de l'infant don Philippe jusqu'à la ;pàix. fl
Au commencement de la campagne de wgJ5 en Italie, les apparences furent aussi favorables à la tu aison dé France , qu'elles l'avaient été en Autriche en ; les chemins étaient ouverts aux armées espa gnole et française par la voie de Gènes. "Cette répn-' Kiç&e j forcée par 5 la reitie de Hongrie et patr ie roi de Sardaigne à se déclarer contre eux, avait enfin fait 4 Wlraité définitif j «tifie devait fournir environ dixbit mille hommes. L'Espagnelui donnait trente mille paires par mois, et cent mille une fois payées, pou*
fe î< train / d'artillerie que Gènes fournissait i Tarméc
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espagnole -, car dans cette guerre si longue et si variée f les Etats puissants et riches soudoyèrent toujours les autres. L'armée de don Philippe, qui descendait des Alpes avec la française jointe au corps des Génois, était de quatre- vingt mille hommes. Celle du comte de Gages , qui avait poursuivi les Allemands aux envi* rons de Rome, s avançait* forte d'environ trente mille combattants, en comptant l'armée napolitaine. C'était au temps même que le roi de Prusse vers la Saxe, et le prince de Conti vers le Rhin , empêchaient que les forces autrichiennes ne pussent secourir l'Italie. = a8 juin 1745= Les Génois même étirent tant de confiance, t qu'ils déclarèrent la guerre dans les formes au roi do Sardaigne* Le projet était, que l'armée espagnole et la napolitaine viendraient joindre l'armée française et espagnole dans le Milanais. - . Au mois de mars ijfô , le duc de Modène et le eomte-de Gages, à la tête de l armée d'Espagne et de Naples , avaient poursuivi les Autrichiens des environs de Rome à Riminl, de Rimini à Césène, à Iœola, à.Forli , à Bologne , et enfin jusque dans Modène.
Le maréchal de Maiïllebois , élève du célèbre , Villars, déclaré capitaine général de l'armée de r don Philippe , arriva bientôt par Vintimille et Oneille, et descendit vers le M<3ntferrat , sur la fin du mois de juin , à la tête des Espaguoïè^et des Français. . . ' De la petite principauté dOncille on descend dans le* marquisat de Final, qui est à l'extrémité du territoire de Gènes , et de là on entre dans le Montferrat Mantouan, pays encore hérissé de rochers qui sont une suite des Alpes; après avoir marché dans de* Vallées entre ceixochers , on trouve le * terrain fertik
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d'Alexandrie ; et pour aller droit à Sïilan, on va <T Alexandrie à Xortone. À quelques milles de là vous passée le Pè ; eijsuite Se présente Pavie sur le Tésln > çl de Pavie il n'y. a qu'une journée à la grande ville de
• ] îîilau y qui n'est point fortifiée et <jui envoie toujouF*
sp^, clefs à quiconque a passé le T.tsin, mais qui a uu château très fort et capable de résister long-temps.
. ' Pour s emparer de co pays , il ne faut que marcher force!. Pour le garder r il faut veiller à droite et h
r gauche sur une vaste, étendue de terrain, élre maifcre du çou^ dur .Pô f depuis .'Casai jusqu a Crémone, et garder VDgç io , .rivière qui tombe des Alpes du Tirol, pubien
* ^aypir au moins Lodi^ Crème et Puzigitonc, pou*
fermer le chemin a u$| Allemands qui peuvent arriver *àu lVçâtia ^ar ce côté.,11 faut enjSn Surtout avoir la commun ieation libre par les derrières avec la rivière dej G&aes ; p-est-à-dire , avec ce chemin étroit qjû conduit jjç lpng.de la mer depuis Antibes par Monaco ; Yinti T ni$e., tffin devoir urxc retraite en cas de malheur. Tous les postes de ce pajçs^oqt c^nivus et fpa^ty?sp$r aptarrt de copihats que le territoire de.Flandrg., . \ ft f
. «57 ?<*«?>J Û W4f f Cettc campagne d Italie ^ qui dçs suites si malheureuses , commença par une çïe$
ij^lus belles nrômEUvres qu'on ait j«a mais* (^xécitt ces ^ gui suffiraient pour donner "iiçe gloire durable, si lç$ grandes actions n étaient pas 'aujourd'hui cupe^çlie? ' dafls la multitude innombrable, des combats , çf; gW: j*M «ji cet événement hçuxfux n'avait p^s ijé .^liyl d<j
^ès&ïrcs. # •. ... fî * ? , /
te jcoi de Sard^igne f à la tête dé yip^ ^nq^ jnjfl^ ■solda I s , et le co^w^.jc.pc^u^ç^Q^i^.^Yçç^un no,ipbr^ présqu'égal d'Autrichiens ? étalent rctra^Jbè* dans une
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anse que forme le Tanaro vers son embouchure dans le Pô , entre Valence èt Alexandrie.
Le maréchal de Maillebois, qui commandait l'armée française, et le comte de Gages , général des Espagnols v rie pouvaient forcer le roi de Sardaigne et le chasser de son poste , tant qu'il serait soutenu par les troupes impériales. Un fils du maréchal jeune encore, imagine de les séparer, et pour y parvenir, il fallait tromper les Autrichiens.. 11 fait son plan, il combine tous les hasards calculés sur la distance des lieux. Si on envoie un gros détachement stir le chemin de Milan, Schulembourg ne voudra pas laisser prendre cette ville , il marchera à son secours, il dégarnira le roi de Sardaigne ; sur-le-champ le gros détachement reviendra joindre l'armée avant que les Autrichiens soient révenus, op. n'aura A combattre que la moitié des
attaque les déconcomte de Maille-
bois l avait prévu et arrangé. Les armées française. et espagnole traversent le Tanaro, ayaut de leap jus- <juVi Ï<Y ceinture. Le maréchal de Maillebois surprend l'infanterie M pi de Sardaigne dans son camp, et la rnct en fuite*. Le général Gages, à la tete de la -cavalerie espagnole , attaque la cavalerie piémontaise ,
Qisal dans le Piémont. On se rendit maître al tçmt k cours du Pô. C'était dans le temps même que le roi de France conquérait la "Flandre, que le roi de Prusse , son allié , fortifiait sa cause par de nouveaux «uçcès ; tout était favorable alors dans tant de «lifférentes scènes du théâtre de la guerre. Les Français
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avec les Espagnols se trouvaient en Italie, sur la fin de Tan 1745, maîtres du Mont ferrât, de l'Alexandrin, du Tort oritiois , dit pays derrière Gènes, qu'on nomme les fiefs impériaux de la Loméline , du Pavesan , du 1 Lodesan, de Milan, de presque tout le Milanais, de Parme et de Plaisance. Tous ces succès s'étaient suivis rapidement, comme ceux du roi de France dans Tes Paj s-Bas , et du prince Edouard dans l'Ecosse , tandis que le roi de Prusse , de son côté, battait au fond da l'Allemagne les troupes autrichiennes. Mais il arriva en Italie précisément la même chose qu'on aviait vue cri Bohême au commencement de cette guerre. Les apparences les plus heureuses couvraient les plus grandes calamités.
' Le sort du roi de Prusse était, en faisant la guerre i de nuire beaucoup a la maison d'Autriche , et, en faisant la. paix, de nuire tout autant à la maison de France. Sa paix de Brcslau avait fait perdre la Bo~ héme ; sa paix de Dresde fit perdre l'Italie.
A peine l impéralriçe-rèine fut-elle délivrée pour la seconde foisfle cet ennemi, qu'elle fit passer de nouvelles troupes en Italie, par le Tirol et le Trentin, pendant l'hiver de 1744 • L'infant don Philippe possédait Milan, mais il n'avait pas le château. Sa mère , la reine d Espagne, lui ordonnait absolument de l'attaquer. Le maréchal de Maillebois écrivit , au mois de décembre Î745 Je prédis une destruction totale , si on s obstine t rester dans le Milanais. Le conseil d'Espagne s'y obstina , et tout fut perdu.
Les troupes dé l'impératrice -reine d'un côté , les piéiriot) bases '-de Fautre, gagnèrent du terrain partout. Des places perdues , des échecs redoublés diffii-
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riuèrent Tarraée française et espagnole^ et enfin la fa taie journée de Plaisance la réduisit à sortir, avec peine de lltalie dans un état déplorable. • ' ' -
Le prince- de Lichtcustein commandait' Parmée da [impératrice-reine. Il était encore à la fleur de soif t ge ; ou i avait> vu ambassadeur dur père de l impéra^ trice à la cour de France, dans une plus grairdc jeu J nesse , et il y avait acquis l'estime générale. =16 juin i7<f&= 11* la mérita encore davantage le jour de la ba* taille de Plaisance , par sa conduite et par son courage; car se trouvant danis le même état de maladie et de langueur où Ton avait vu le maréchal de Saxe à la bataille de Fonterioi, il surmonta, comme lui, l'excès dfr §oa mal pour accourir à cette bataille , et il la gagna d'une manière aussi complète. Ce fut la plus longue et une des plus sanglantes de toute la guerre. Le maréchal de Maillebois n était point davisd attaquer l'année* impériale ; mais Ici comte dé Gages lui ; montra des or; dïes précis de la cour de Madrid. Le général français attaqua trois heures av^mt le jour , et fut long-temps vainqueur à son aile droite qu'il commandait j mais l'aile gauche de cette ai'méc ayant été enveloppée pa* un nombre supérieur dVïuîriehienr,legonéral(l Haremr tmre blessé et pris, et le maréchal de Maillebois n'ayant pu le secourir assez tôt , cette aile gauche fut entièrement défaite ; et on fut obligé , après neuf heures Je çombat , de se retirer sqiis Plaisance.
3i l'on combattait de près comme autrefois, une môlcc de neuf heures , de bataillon contre bataillon , d'escadron contre escadron et d'homme contre homme, déduirait les armées' entières., et l'Europe serait dépeuplée par le nombre prodigieux de combats^^u on a K r
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Vrés de nos jours; mais clans ces batailles , comme je l ai déjà remarqué , on ne se mêle presque jamais. Le fasil et le canon sont moins meurtriers que ne Pétaient autrefois la pique et tepée^ On est très Ion g -temps même sans tirer, et dans le terrain coupé d'Italie , on tire entre des haies j on consume du temps a semparer d'une cassine, à pointer son canon , à se former et à se reformer; ainsi neuf hcufes de combat ne sont pas neuf heures de destruction.
La perte des Espagnols , des Français et de quelques régiments napolitains , fut cependant de plus de huit mille hommes tués ou blessés , et on leur fit quatre mille prisonniers. Enfin Farinée du roi de Sardaigne arriva , et alors le danger redoubla ; toute l'armée des trois couronnes de France,. d'Espagne et de Naples courait risque d'être prisonnière*
= ia juillet 1744= Dans ces tristes conjonctures, l'infant don Philippe reçuj une nouvelle qui devait , selon toutes les apparences, mettre je comble à tant d'infortunes ; c'était la mort de Philippe V, roi d'Espagne ? son père. Ce monarque > après avoir autrefois essuyé beaucoup de revers, et. s'être vu deux fois obligé d'abandonner sa capitale, avait régné paisiblement en Espagne ; et s'il gavait pu rendre à cette monarchie la splendeur où elle fut sous Philippe II , il l'avait mise du moins dans un état plus florissant qu elle n'avait ctç sous Philippe IV et sous Charles II. Il n'y avait que lft dure nécessité de voir toujours Gibraltar, Minorque et le commerce de^ l'Amérique espagnole entre leà mains des. Anglais , qui eût continuellement traversé le bonheur de son administration. La Conquête d Oran sur les Maures en 1782 , h couronne de Naples cl
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Sicile enlevée aux Autrichiens , et affermie sur la tête de sou fils don Carlos, avaient signalé. son règne, et il se flattait avec apparence , quelque temps avant sa mort , de voir le Milanais r Parme et Plaisance soumis â l'infant don Philippe, son autre fils de son second mariage avec la princesse de Parme. .
Précipité , comme les autres princes , dans ces grands mouvements qui agitent presque toute l'Europe, il avait senti plus que personne le néant de la grandeur , et la douloureuse nécessité de sacrifier tant de milliers d'hommes à des intérêts qui changent tous les jours. Dégoûté.çhi trône, il l'avait abdiqué pour son premier fils , don Louis , et l avait i*cpria après la mort .de ce prince, toujours prêt ,à le quitter, et noyant éprouve, par sa complexion mélancolique, que l'amer-, tume attachée à la condition humaine , même dans la puissance absolue.
La nouvelle de sa mort , arrivée à Tannée après sa défaite, augmenta l'embarras pu Ton était. On ne savait pns encore si Ferdinand VI, successeur de Philippe V, ferait pour uu frèrc.d'un second mariage çe ne Philippe V avait fait pour un fils. Ce qui restait de cette florissante armée des trois couronnes, courait risque plus que jamais délrc enfermé sans ressource; elle était entre le Pô ,,le Lambro , le Ti donc et la Trébic. Se battre en rase campagne ou dans un poste contre une armée supérieure, est très ordinaire : sauver des troupes vaincues et eqfermées j est très-rare ; c'est Teffort de l'art militaire. . # • . .
Le comte de Maillcbois , fils du maréchal, osa proposer de se retirer en combattant ;.i!se chargea de Ten- Ireprise, la dirigea sous les y eux de son père^ et en
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, vint à bout. L'armée $ps trpis couronner pasia toute entière en un jour èt uue nuit sur trois ponts, avec quatre mille mulets chargés, et mille chariots de vivres, et se forma le long du Ticfone. Les mçsure/s étaient si Lien prises, que lç roi de Sarda^gne et les, Autrichiens ne purent lattaqiièr. que quand elle put se défendre. Les Français et les Espagnols soutinrent une bataille longue et opiniâtre, pendant laquelle ils ne furent point entamés. * ; H .\ ; ; . ; , • .
Cette journée, plus estimée des juges de l'art , qu'é* datante aux yeux du vulgaire, fut comptée pourvue journée heureuse , païté qûe^ Ion Emplit l'objet proposé : cet objet était, triste ; c'était» dé se retirer par X ortone, et de laisser au:ppuvoir^ei'çinne|ui Plaisance et tout le pays. En e^ty l^l^udciq^i» de cotte étrange bataille, Plaisance se- rendit, ^t '^^èti^niille malades y furent faits prisonniers de ^g^eii^ , - . : . j . , De toute cette gronc^ <ai;uiée qui devait subjuguqç l'Italie, il ne ro^ta enfin que seize nijLlle horiunes çiTeç* tifs à T ortone. ta îuème .chose était arrivéc,xlu temps de Louis XIV, après la journée de-Tuiîn, François Ij Louis XII, Charles VIJU avaient essuyé les mômes dis T . grâces. Grandes leçons ioaj-ours inutiles. > V . ; , /
=1^7 auguste- Ou se retira bientôt à Gavi vers les confins des Génois.. L'infant et le duc de Modène allèrent dans Gènes; mais, au lieu de la rassurer, ils eij augmentèrent les alarmes. Gènes était bloquée par les escadres anglaises. 11 nîy avait pas de quoi nourrir îe peu de cavalerie qui restait encore. Quarante mille Autrichiens et vingt mille Piémon tais approchaient; si Ton restait dans; Gènes,- on pouvait la défendre - mais on abandonnait le comté de Nice \. la Savoie, ïa Pro-
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!a Mina , êtâit envoyé pour sauver les débris de f armé^. Les'Oéûois le suppliaient, mais ils ne purent rien dbtenir.' ' : ' * - V *
1 <*èûes n est pas nne ville qui doive , comme^Milan, porter ses clefs â quiconque approche d'elle avec une antfée ; outté son enceinte, elle en a une seconde de piafs de + deux lieues d'étendue , formée sur une chaîne de rochers. Par-delà cette double enceinte, l'Apennin lui sert partout de fortification. Le poste de la Bocthetta, par où' les ennemie sWançaient, avait toujour$;été réputé imprenable- CependanHçs troupes (Jtti gafcdâient ce poste ne firent aucune résistance , et
àflèrent se rejoindre aux débris de l'armée française espagnole y qui ^e retiraient par Vintimille. La consignation des Génois ne leur permit pas de tenter seulement de *e défendre. Ils avaient une grosse artillerie > l'ennemi n'avàit £oint de canon de siège ; mais ils n'attendiwmt pas que œ canon arrivât , et la terreur les précipita dans toutes les extrémités qu'ils craignaient. Le Sénat envoya précipitamment quatre sénateursdans les défilés des môntagnes où campaient les Autrichiens, pour recevoir du général Brown et du marquis deBotta dÀdorno, Milanais, lieutenant général de Timpératrîce-reine , les lois qu'ils voudraient bien donner. Ils se sourairetft^ remettre leur ville dans vingt-quatre : heures , à rendre prisonniers leurs soldats , les Français êHesïspagnols, à livrer tous les effets qui pourraient appartenir à des sujets de France, fPEspàgne et àè Naplès. Qn stipula que quatre sériateurs se rendraient en otage à Milan; qu'on paierait sur-Ie-chamjp dnquqipU? mille genovines, qui font envitôû cpjatre Cent
mille livres de Fraj&cé, erç qttçpdaut les taxes quil plairait au yainqueiu; disposer.
On se souvenait que Louis XIV avait exigé autre*fois que* le doge de'Gènes vînt lui faire des excuses â Versailles avec quatre çén^tc^rs. On en ajouta deux pour rimpdratrice-rei^e; mais elle mit sa gloire A refuser ce que Louis XIV ; avait exigé. Elle crut qu'il y avait peu d'honneur à humilier les faibles ; et ne songea qu'à tirer de Gènes déportes contributions, dont elle avait plus de besoin q*xç du.vain honneur de voir le doge de la petite république de Gênçs avec six Génois aux pieds du trône impérial. ;i . ,
Gènes fut ta#ée à vingt-quatre millions de livres. C'était la ruiner en^ièreÉûen t. Cette république ne s'était pas attendue, quand la guerre commença jpour la succession de' la maison d' Autriche , qu elle en serait la victime; mais, dès qu on arme dans l'Europe, il n'y a point de petit Etat qqi ne doiye trembler.
La puissance autrichienne f accablée en Flandre , rnai3 victorieuse dans l^^^tlpes^ ^n'était plus embarrassée que du eboix des conquêtes qu elle pouvait faire vers Tltalie. Il paraissait .également aisé d'entrer dan» Naples ou dans la Provence. Il lui ctlt été plus facile? de garder Naplçs. Le conseil autrichien crut qu'après avoir pris Toulon et Marseille , il réduirait les deux Siciles facilement,, et qp£ les lançais ne pourraient plus repasser les Alpe*: , :j 4 ,
Le 28 octobre 17464 le maréchal die Maillcbois étaft sur le Var, qui sépare Jta Fr^Q? du Piémont. Il n'avait pas onze mille honynes. ^iparqtiis de la Mina n'en ramenait pas neuf miHç^Lfc-gçnéraiespagnol se sépara aloœ d*s Français, ip^^vmte^cw par le Dau-
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phiné; car les Espagnols étaient ton jours maîtres de ce duché, et ils voulaient le conserver eu abandonnant le reste.
Les vainqueurs passèrent le Var, au nombre de près de quarante mille hommes. Los débris de l'armée française se retiraient dans la Provence , manquant de tout, la moitié des officiers à pied; point d approvisionnement , point d'oulils pour rompre les ponts , peu de vivres. Lu clergé, les notables, les peuples couraient nu-devant des détachements autrichiens, pour leur offrir des contributions, et être préservés du pillage.
Tel était l'effet dos révolutions d'Italie, pendant que les armées françaises conquéraient les Pays-Bâs , et que le prince Charles-Edouard , dont nous parlerons , avait pris ét perdu l'Ecosse^ ' ' ' '