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LES GRANDS CHANGEMENTS SOUS LOUIS XII

LES GRANDS CHANGEMENTS FAITS SOUS LOUIS XII, TROP NEGLIGES PAR LA PLUPART DES HISTORIENS.

Louis M acheta d'établir la jurisprudence du grand conseil Sédentaire à Taris. Il donna une forme au parlement de Normandie et à celui de Provence, sans que celui de Paris fût consulté sur ces établissements, ni qu'il en prit ombrage.

Presque tons nos historiens ont négligé jusqu'ici de faire mention de cette barrière éternelle que Louis XII mit entre la noblesse et' la robe.

Les baillis et prévôts, presque tous chevaliers, étaient les successeurs des anciens comtes et vicomtes : ainsi le prévôt de Paris avait été souverain juge à la place des vicomtes de Paris.

Les quatre grands baillis, établis par saint Louis, étaient les quatre grands juges du royaume. Louis XII voulut que tous les bttHlis et prévôts ne pussent juger s'ils n'étaient lettrés et gradués, La noblesse, qui eût cru déroger si elle eût su lire et écrire, ne profita pas du règlement de Louis XII. Les baillis conservèrent leur dignité et leur ignorance ; des lieutenants lettrés jugèrent en leur nom, et leur ravirent toute leur autorité.

Copions ici un passage entier d'un auteur connu ». • On payait quarante fois moins d'épices qu'aujourd'hui. Il n'y avait dans le bailliage de Paris que quarante-neuf sergents, et à présent il y en a plus de cinq cent : il est vrai que Paris n'était pas la cinquième partie de ce qu'il est de nosjours ; mais le nombre des officiers de justice s'est accru dans une bien plus grande proportion que Paris ; étles maux inséparables des grandes villes ont augmenté plus que le nombre des habitants.

« H maintint l'usage où étaient les parlements du royaume de choisir trois sujets pour remplir une place vacante : le roi nommait un des trois. Les dignités de la robe n'étaient données alors qu'aux avocats : elles étaient le prix du mérite ou de la réputation qui sup-

1. Voltaire lui-même, chapitre cxiv de l'Essai sur Us Mœurs. U donna l'Histoire du Parlement pour l'ouvrage de l'abbé Big..„

pose le mérite. Son édit de 1499, éternellement mémorable, et que nos historiens n'auraient pas dû oublier, a rendu sa mémoire chère à tous ceux qui rendent la justice, et à ceux qui l'aiment. Il ordonne par cet édit qu'on suive toujours la loiy malgré les ordres contraires à la loi, que Vimporirmité pâturait arracher du monarque. »

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Le régne de François Iarfut un temps de prodigalité et de malheurs. S'il eut quelque éclat, ce fut par la renaissance des lettres jusqu'alors méprisées. L'encouragement que Charles-Qirint, François I" et Léon X, donnèrent à l'euvi Fan de l'autre aux sciences et aux beaux-arts rendit ce siècle mémorable. La France commença pour lors à sortir pour quelque temps de la barbarie ; mais les malheurs causés par les guerres et par la mauvaise administration furent beaucoup plus grands que l'avantage de commencer à s'instruire ne fut considérable.

La première affaire dans laquelle le parlement entra avec une fermeté sage et respectueuse fut celle du concordat. Louis Xf avait toujours laissé subsister la pragmatique, après l'avoir imprudemment sacrifiée. Louis XII, trahi par le pape Alexandre VI, et violemment outragé par Jules H, avait rendu toute sa vigueur à cette loi du royaume qui devait être la loi dé toutes les nations chrétiennes. La cour de Rome dominait dans toutes les autres cours, ou du moins négociait toujours à son avantage.

L'empereur Frédéric III, les électeurs et les princes d'Allemagne avaient fait un concordat avec Nicolas V, en 144$, avant que Louis VI eût renoncé à la pragmatique, et l'eût ensuite favorisée. Ce concordat germanique subsiste encore : le pape y a beaucoup gagné; il est vrai qu'il ne vend point d'expectatives ni de réserves, mais il nomme à la plupart des canonicats six mois de l'année ; il est vrai qu'on ne lui paye point d'annates, mais on tai paye une taxe qui en tient lieu : tout a été vendu dans l'Église sous des noms différents. Frédéric III reçut des reproches des états

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