iNoto ée Voltaire
ment de Toulouse, dont deux conseillers, comme le remarque de Thou, avaient les mains encore teintes du sang de leur premier président, embrassèrent le parti de la Ligue. Henri III fut pendu en efûgie dans la place publique par le peuple furieux. On vendait une mauvaise estampe de lui, et on criait : A cinq sous notre tyran.
Henri HI, qui s'était attiré tant de malheurs pour n'avoir pas voulu s'unir avec Henri de Navarre, et pour s'être imaginé qu'il pourrait triompher à la fois de la Ligue et de ce brave prince, fat enfin obligé d'avoir recours à lui. Les deux rois joignirent leurs armées, et vinrent se camper à Saint-Cloud, devant Paris. La duchesse de Montpensier, sœur du duc de Guise et du cardinal de Lorraine, animait avec fureur les Parisiens à soutenir toutes les horreurs du siège.
11 est rapporté dans le Journal de Henri III que le roi lui fît dire qu'il la ferait brûler vive ; à quoi elle répondit : • Le feu est pour des sodomites tels que lui. »
Trois jours après ce discours, le moine Jacques Clément, jacobin, que le président de Thou ne fait âgé que de vingt-deux ans assassina Henri III dans Saint Cloud.
On trouve dans les Mémoires de ce temps-là que La Gue^ procureur général, qui avait trouvé le moyen de s'évader de Paris, et qui malheureusement présenta lui-même le moine au roi, ne fut point appelé pour faire le procès au cadavre du meurtrier, tué de plusieurs coups de la main des gardes immédiatement après avoir commis son crime. 11 déposa comme un autre dans le procès criminel fait au cadavre par le marquis de Richelieu, grand prévôt de France ; et ce fut Henri IV qui porta lui-même l'arrêt, le 2 août 1589, et condamna le corps du moine à être écartelé et brûlé. Le même prince condamna, deux jours après, un cordelier nommé Jean Le Roi à être jeté vivant dans un sac au fond de la Seine, pour avoir tué un de ses serviteurs.
A l'égard du moine Jacques Clément, il avait été incité à ce parricide par son prieur, nommé Bourgoin, et par la duchesse de Montpensier. Les Mémoires du temps disent que cette princesse s'était abandonnée à lui pour le mieux encourager ; mais ce fait est bien douteux. Jacques Clément n'eut pas le temps de s'en vanter ; et sans doute la princesse n'en fit pas l'aveu : il faut s'en tenir aux faits publics et constaté!
ARRÊTS DE PLUSIEURS PARLEMENTS
ARRÊTS DB PLUSIEURS PARLEMENTS, APRES LA MORT Dl PREMIER PRÉSIDENT BRTSSOft PENDU PAR LA FACTION
Après la mort de Henri m, il De parut pas que Henri IV ai jamais roi de France. Plusieurs seigneurs catholiques l'abi nèrent, sous prétexte qu'il était hérétique, mais dans le c réel de démembrer le royaume et d'en saisir quelques ruin< prédicateurs remercièrent Dieu, dans Paris, de la mort de de Valois.
Dès le 7 août ', le duc de Mayenne fit publier dans le ment et enregistrer un édit par lequel on reconnaissait pc le cardinal Charles de Bourbon, qu'on nomma Charles X. frapper de la monnaie en son nom. Ce Charles X était un vi peu capable du rôle qu'on lui faisait jouer, et qui de plu alors prisonnier d'État à Chinon. Henri IV avait été obligé d surer de sa personne, et la Ligue ne le regardait que corni fantôme au nom duquel elle s'arrogeait la suprême puissanc
Le parlement de Bordeaux ne reconnut ni Henri IV, ni Cha mais celui de Toulouse donna un étonnant exemple : voici < il s'exprima le 22 août :
f La cour, toutes les chambres assemblées, avertie de la culeuse, épouvantable et sanglante mort de Henri 111, a< le premier de ce mois *, a exhorté et exhorte tous les évê< pasteurs... da faire, chacun en leurs églises, rendre grâces de la faveur qu'il nous a faite de la délivrance de la ville d et autres villes du royaume ; a ordonné et ordonne que tous 1 le premier d'auguste, l'on fera procession et prières publiq reconnaissance des bénéfices qu'il nous a faits ledit jour. »
Cet étrange arrêt ajoutait défense, sous peine de mort, de naître Henri de Bourbon, soit-disant roi de Navarre, et enj d'observer exactement la bulle d'excommunication lancée coi