QUERELLE DU DUC D'ÉPERNON
On prit un tempérament : on ordonna, par une lettre de cachet, que le parlement suspendrait ses procédures contre le duc d'Épernon, et qu'il recevrait ses excuses.
Il vint donc se présenter au parlement une seconde fois1, toujours accompagné d'un grand nombre de noblesse*
« Messieurs, dit-il, je vous prie d'excuser un pauvre capitaine d'infanterie, qui s'est plus appliqué à bien faire qu'à bien dire. »
Cet exemple fut une des preuves que les lois ne sont pas faites pour les hommes puissants. Le duc d'Épernon les brava toujours. Ce fut lui qui, à peu près dans le même temps, ne pouvant souffrir que le garde des sceaux du Vair précédât les ducs et pairs dans une cérémonie à la paroisse du Louvre, le prit rudement par le bras, et le fît sortir de sa place et de l'église, en lui disant qu'un bourgeois ne devait pas se méconnaître.
Ce fut lui qui, quelques années après, alla avec cent cinquante cavaliers enlever la reine mère au château de Blois, la conduisit à Angouléme, et traita ensuite avec le roi de couronne à couronne. Les exemples de pareilles témérités n'étaient pas rares alors. La France retombait insensiblement dans l'anarchie dont Henri IV l'avait tirée par tant de travaux et avec tant de sagesse*
Les états généraux n'avaient rien produit : les factions redoublaient. Le maréchal de Bouillon, qui voulait se faire un parti puissant, engagea le parlement à convoquer les princes et les pairs pour délibérer sur les affaires publiques. La reine, alarmée, défendit aux seigneurs d'accepter celte invitation dangereuse. Les présidents et les plus anciens conseillers furent mandés au Louvre. Le chancelier de Sillery leur dit ces paroles* : c Vous n'avez pas plus de droit de vous mêler de ce qui regarde le gouvernement que de connaître des comptes et des gabelles. » Le parlement prépara des remontrances 8. La reine manda encore quarante magistrats au Louvre : « Le roi est votre maître, dit-elle, et il usera de son autorité si vous contrevenez à ses défenses. » Elle ajouta qu'il y avait dans le parlement une troupe de factieux ; elle délendit les remontrances, et aussitôt le parlement alla en dresser de très-fortes.
1. M novembre 1614. {Note de Voltaire.) t. 9 avril 1615. (M.) 3w 11 avril 1615. (Id.)
m CHAPITRE XL VIII.
Le 22 mai1, le premier président de Verdun vàot les prononcer à la tète du parlement Elles regardaient précisément le goo?erneraent de l'État : elles furent écoutées et négligées. Tout finit par enregistrer de» lettres patentes du rot, «m ordonnaient aux juifs étrangers de sortir de la Frasée. C'étaient pour la plupart des juifs portugais, qui étaient venus envahir tout le commence, que les F raEçais n'entendaient pas encore. Hs restèrent pour k plupart à Bordeaux, et ceatiauérent ce commerce qui leur était défend*.
Une autoe affaire qui regardait plus partieuèièreH&eBt le parlement fut celle de la ptutette. C'était ua droit annuel, imaginé par un nommé Paukt sous l'administration du dac de Suby. Tons cens <jui avaient obtenu des charges de juétcature payaient par an la soixantième partie du revenu de leurs obargesv moyennant quai elles étaient assurées à leurs héritiers, qui pouvaient tes ganter m les vendre à d'autres, comme on vend une métairie. Cet anus ne faisait pas honneur au duc de Sully. C'était peut-être Panique tache de son ministère *.
Le» états de 1614 et 1645 demandèrent fortement rabo&ion de te droit et de cette vénalité ; le ministère la psomit eu va». L'avantage de laisser sa charge à sa famille remporta sur le fardeau du droit annuel U y aeu beaucoup déchargements dans la perception de ce droit : on Ta modifié de vingt manières, comme presque toutes les lois et tous les usages. Mais la hante d'acheter le droit de vendre la justice» et celui de le transmettre à ses héritiers, a subsisté toujours. (ta a prétendu depuis que le cardinal deâieheiiea approuva cet opprobre dans son prétendu Testament politique. Ou ne s'apercevait pas encore que ce Ttesiauaent est l'ouvrage #n faussaire aussi ignorant qu'absurde*.